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Développement : La restitution des biens détournés par les dictateurs arabes se fait attendre


International
Mardi 4 Juin 2013 - 10:30

La Libye demande au gouvernement sud-africain d’intervenir pour l’aider à récupérer un milliard de dollars déposé par le clan Kadhafi sur des comptes sud-africain. Pour l’instant, pas de réactions officielles de Pretoria. La restitution des fortunes engrangées par les dictateurs arabes à l’étranger relève du parcours du combattant.


Ben Ali, Kadhafi et Moubarak. © Montage Bloomberg
Ben Ali, Kadhafi et Moubarak. © Montage Bloomberg
Les dizaines de milliards de dollars détournés par les dictateurs sont loin de bénéficier aux populations spoliées. Deux ans après le printemps arabe, la Tunisie a récupéré quelques dizaines de millions de dollars, la Libye une résidence londonienne et l'Égypte ne voit toujours rien venir. Les milliards escomptés sont au mieux bloqués, au pire, hors des écrans radars des États.
 
Cette bataille de la restitution sera longue et coûteuse, car les ex-dirigeants et leurs héritiers ont des appuis, et l'argent, pour se soustraire aux poursuites. Les Philippines ont mis 20 ans à remettre la main sur le pactole de Ferdinand Marcos et le Nigeria six ans pour se réapproprier l’argent spolié par Sani Abacha. Cela dépend aussi du bon vouloir des pays qui hébergent ces biens mal acquis.

Des pays pas toujours coopératifs avec les nouvelles démocraties arabes

Le cas de l’Afrique du Sud est éloquent. Ce pays a longtemps soutenu Khadafi. L’ex-trésorier du régime, Bachir Saleh, celui qui tenait les cordons de la bourse, circulerait librement sur le territoire sud-africain. Pretoria doit évoluer sur le plan politique pour que la restitution puisse se réaliser. Idem pour les pays du Golfe, comme Dubaï ou l'Arabie Saoudite.

Le Qatar quant à lui est plus actif, il a récemment aidé la Tunise à recouvrer 29 millions de dollars déposés à Beyrouth par Madame Ben Ali. A contrario la Suisse est beaucoup plus transparente, du moins au niveau des autorités politiques concernées, il y a un vrai engagement du gouvernement pour faire bouger les choses. Mais l'intendance ne suit pas déplore Maitre Monfrini (voire interview en encadré) chargé par la Tunisie de traquer les avoirs des Ben Ali.

Il constate avec regret que la justice était bien plus rapide à l'époque du règlement du dossier nigérian. Le ministère suisse de la Justice a identifié les comptes ouverts par les clans Ben Ali, Moubarak, Khadafi et Assad et a bloqué les fonds qui se montent au total à un peu plus d’un milliard de dollars. Mais aujourd'hui le retour des fonds semble suspendu.

Les autres priorités des gouvernements arabes

C'est vrai que le Canada, l'Argentine sont aux abonnés absents quand la Tunisie les sollicite, c'est vrai que la Grande-Bretagne tarde à répondre aux requêtes de l'Égypte. Il y a aussi de la part des demandeurs une méconnaissance des mécanismes juridiques qui a abouti à des retards ou des malentendus. Et puis d'autres urgences économiques se sont parfois imposées à eux.

Le Caire passe maintenant des accords avec d'anciennes personnalités du régime, en échange de la restitution d'une infime partie de leurs biens, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras nous a appris Jean de la Fontaine.

RFI
Mamoudou Kane


              

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