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Noorinfo

Deux exemples du génie mauritanien perdus dans la précarité…


A.O.S.A
Samedi 7 Janvier 2012 - 16:52


Deux exemples du génie mauritanien perdus dans la précarité…
Voilà encore une preuve que souvent ce qui brille dans ce pays porte la marque lumineuse de l’imposture pendant que le talent croupit dans la précarité. L’autre jour, on a couru toute la ville pour trouver quelqu’un capable de faire les doubles d’une clé très compliquée. D’abord, direction la plus grande boutique à côté de royal air Maroc.  Splendide enseigne comparée aux autres : en entrant, du matos excellent et neuf partout ; un comptoir qui brille, deux messieurs élégants vous accueillent en se levant tout sourire ; on est tout de suite rassuré.
 
Malheureusement, les deux hommes se passent la clé et chacun en souriant répond en joignant de la tête le geste à la parole « la ! Non ! C’est pas possible » ; sans autre forme d’explication. On sort de là et l’on va à côté derrière la société générale, là où était le génie des clés et des serrures impossibles, notre Hamoudé national. Là, on nous explique que c’eût été possible mais là en l’occurrence non ! car il n’y a pas ce modèle de clé à travailler.
 
Très bien. J’explique alors à l’étranger que si ces gens-là ne peuvent pas, seul notre Hamoudé national peut et s’il ne peut pas alors personne ne peut ni en Mauritanie ni en Afrique ni chez les arabes ni même chez ceux qui ont fabriqué la clé ! Malheureusement, maître hamoudé a d’autres chats à fouetter et il ne répond pas aux numéros qu’il ne connaît pas…
 
Impossible d’attendre de pouvoir le contacter par quelqu’un, il fallait trouver sur-le-champ une solution. Là je me rappelle que jadis un vendredi soir ayant perdu les clés de ma voiture, un taximan m’avait mené à côté du camp de garde. Là on m’avait réglé le problème d’une façon suffisamment insolite pour que je m’en souvienne encore.
 
Allons ! me suis-je dit, le génie mauritanien est toujours discret. Arrivé sur place, le monsieur était là. Un maure rouge, tout maigre, le boubou sale, les doigts noirs.  Il est entré dans sa boutique juste après moi. Une petite boutique de moins de 9m2, avec deux pauvres machines déglinguées. Après les salutations d’usage, il regarde la clé et sans chercher plus loin, il me répond que c’est possible.
 
Tout de suite, je me suis dit que le bonhomme avait besoin de 1000 un pour lesquels il était prêt à tout. Le voilà donc qui regarde les deux clés et c’est parti pour 7 min à limer par-ici et faire un trou ou deux par-là. « voilà » me dit-il tranquillement. Je regarde les deux clés pendant qu’il met le petit billet dans sa poche et là je lui dis en souriant, persuadé qu’on m’a escroqué : «  salamaleckoum, rien qu’à vue d’œil on voit bien que ces deux clés se ressemblent autant qu’Aziz et Taya ».
 
Il me dit d’un air supérieur comme s’il parlait à un insolent ignorant qui ose douter de son génie devant son seul apprenti « ne t’inquiéte pas, c’est garanti !  »
 
Dans la voiture, je montre la clé à mon voisin qui me dit que jamais cette clé ne fera l’affaire ! Arrivé devant la porte, impossible même de la faire juste entrer ! Il était 18H45 ! On venait de m’escroquer persuadé que jamais ce monsieur qui a l’air de sortir de tevrag-zeina ne reviendrait d’aussi loin pour une affaire de 1000 un.
 
Pourtant guidé par une inspiration lambda j’y suis retourné ; Fallait voir sa tête ! Là j’ai compris qu’il avait la même expression qu’un autre débrouillard dont je vais vous parler tout de suite et qui n’a pas voulu m’aider ayant sans doute cru voir dans mes yeux des préjugés qu’ils prirent tout deux pour du mépris. J’ai dit au monsieur que je ne serais pas revenu s’il ne m’avait pas dit que c’était garanti.
 
Là, il me jaugea une seconde fois et se remit au travail pendant 15 minutes. Le tout à l’œil nu. Il sortit sa lime, fit tourner une vieille meule. Voilà des étincelles partout ; il regarde, lime, compare, troue, lime encore, regarde, jauge puis comme s’il venait d’ouvrir un coffre-fort imprenable sous mes yeux, il me tendit la clé avec un regard majestueux.
 
Face à tous ses efforts, je lui dis «  tant pis, si elle n’ouvre pas, mille excuses, je t’ai fatigué », il me répondit «  non, c’est moi qui m’excuse ».
 
Inutile de vous dire qu’il avait réussi là où les meilleurs ont dit impossible ! En tournant la clé dans la serrure, je voulais retourner voir le monsieur pour lui redemander son nom et le féliciter car ce qu’il fit ne vaut pas 1000 un mais 10.000un.
 
En face du camp de garde, vous trouverez deux «  clé minute » côte à côte, sa boutique est celle de droite, il s’appelle Moctar, je crois mais ce n’est pas sûr ; Ce qui est certain c’est que son nom commence par M. Je vais aller le voir tout à l’heure mais ce billet sera déjà en ligne.
 
Quant au deuxième personnage à connaître comme des milliers d’autres mauritaniens talentueux, sans personne pour les soutenir dans un pays où l’état ne sert qu’aux pillages de certains, voici l’histoire :

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chezvlane


              

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