Les femmes âgées, elles, se retrouvaient, dès la tombée du soir, autour d’un grand tam-tam, et commençaient à fredonner les poèmes panégyriques à la gloire du Prophète de l’Islam. Le jour, les jeunes filles assuraient la relève de la liesse, en tambourinant, entonnant, à leur tour, jusqu’au crépuscule. La nuit du Mouloud, l’anniversaire, la veille du douzième jour, la fête, les chants se poursuivirent toute la soirée. Les cantiques poétiques, en arabe littéraire et en Hassaniya, s’alternèrent pour finir au premier appel du muezzin.
C’était une époque lointaine. Mais, je m’en souviens, comme si c’était hier. Je m’en souviens, aujourd’hui, où montent, en moi, les réminiscences de cette belle époque. Lointaine, c’est vrai, cette époque, très lointaine, de moi, de mon quotidien, je veux dire, de ces instants-ci, où nous allons fêter, dans quelques jours cet anniversaire des plus marquants, pour nous, les musulmans.
Aujourd’hui, je me demande où sont passés ces moments fabuleux ? Que sont devenues ces jolies filles, en tresses, souriantes pour l’univers, agrippées des tambourins. Et, leurs tambourins que sont-ils devenus ? Et, ces femmes qui entonnaient, douze soirées durant, les chants panégyriques ? Et, cette joie qui se distribuait dans mon village ?
Des questions ! Des vaines questions, sans intérêts, aujourd’hui, où je me les pose. Mon village, je n’y suis plus. Je suis en ville, dit-on. La grande métropole où la joie ne se distribue pas. Où, aux jeunes filles on n’offre ni tambours, ni trompettes. Et, où, les mères de familles ne savent pas chanter les cantiques. Et, où, aux poèmes, on ne réserve pas une si grande place.
Bonne fête quand même !
Mouna Mint Ennass
Mouna Mint Ennass


Des vaines questions, aujourd'hui...












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