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Des équilibristes traqués par les déséquilibres.


Actu Mauritanie
Mercredi 7 Mai 2014 - 15:30

Une marche de mécontents nationaux a été "matée" par les forces de l'ordre. Les forces du gouvernement. Exactement comme on donne un coup de pied dans une fourmilière. Seulement cette fois ci les fourmis avaient des visages humains. Voilà une nouvelle heureuse.


Des équilibristes traqués par les déséquilibres.
Al Hamdullillah. Nous avons des forces et donc forcément la force de garder cette force contre les forces qui veulent forcer le statu quo! Je plaisante, bien sur! On dit que le malheur le plus douloureux est celui qui prête à rire. Heureusement que l'en face n'était pas armé. Ce qui était peut alors se perpétuer, oui… Mais… Jusqu'à quand? Et pourquoi tant d'efforts dans le sens de l'inutile et de l'injuste? Pourquoi sommes-nous un pays, avec des frontières? Une intégrité nationale et territoriale? Une société gérée, organisée et arbitrée par un gouvernement? Des dirigeants, que nous choisissons ou qui se choisissent? Une entité qui postule a un avenir?

La réponse à ces questions constituent un aspect et une énigme de la fascinante question : Pourquoi les mauritaniens, ou plutôt pourquoi le décideur mauritanien, choisit-il éternellement de vivre entre ciel et terre sur une corde branlante et mal attachée qui l'empêche constamment d'aboutir a la réalité de son existence et aux les conditions de sa pérennité a la surface de cette terre, alors qu'il arrive a peine a faire partie des peuples les plus démunis et les plus en difficulté de la planète? Je crois que l'explication réside dans la formule suivante, et qui constitue le titre de ce texte : Nous tentons constamment, comme un mythe de Sisyphe de bâtir et de maintenir notre équilibre sur les déséquilibres.

Plusieurs, comme nous l'avons entendu et comme nous continuons à l'entendre, prétendent qu'il n'y a aucun problème dans notre existence et que ce sont les pêcheurs en eau trouble et les "ennemis de la nation" qui cherchent a enflammer la maison. Ceci est vrai d'un coté. Quand on sait que dans chaque coin de ce monde, en cette période de l'histoire humaine, des forces diverses cherchent à causer des incendies, pour jouer le rôle de pompiers ou de fossoyeurs et en tirer profit. Ce qui ne donne nullement une réponse satisfaisante et crédible a notre question initiale : Pourquoi nous obstinons-nous a être éternellement dans la situation des "déséquilibrables"?

L'injustice, parce qu'il faut l'appeler par son nom est l'origine des origines de notre malheur. Si notre but ultime dans cette société est de manger, boire et procréer aux dessus des têtes d'autrui, nous nous acheminons inévitablement vers une catastrophe. Si notre sphère se limite à la satisfaction des besoins matériels, et que ceci devienne le but primordial de notre vie, alors notre vie équivaudrait à bien moins que celle de nos animaux. Eux au moins ne se font mal que pour se disputer un seul repas ou une seule femelle. Nous aurions choisi la voie du vulgaire, du vil et de l'injustice. Je ne parlerai même pas de religion aujourd'hui, mais du logique et de l'acceptable. Il n'y a rien de plus dangereux pour un pays que se scinder en ethnies en couleurs ou en groupes distincts.

Si le racisme pouvait prospérer, il aurait eu une existence durable en Afrique du Sud. Ils se sont massacrés et ont été obligés en fin de compte à revenir a la raison et de coexister en frères. On ne peut pas exclure une communauté. On ne peut non plus vivre dans la prospérité et l'opulence au milieu d'un monde de misère ou l'homme voit l'homme nager dans les fastes et le luxe, tandis que lui observe sa femme et ses enfants mourir par manque d'un morceau de pain ou d'un antibiotique. Ce n'est pas par hasard que toutes religions du monde ont instaure la charité, l'aumône ou la zakat. On ne peut faire d'un pays éternellement une chasse gardée ou même les fonctions s'héritent de père en fils. Il y-a une honte a entretenir certain déséquilibres face aux commandements de Dieu.

Et d'ailleurs, ce monde vaut-il la peine de sacrifier sa conscience et sa foi pour les besoins de son arrogance ou de son ventre? Une nation ou les diplômes, les compétences, la vertu, la droiture n'ont aucune espèces d'incidence sur le statut social et administratif, est une nation qui roule vers sa perte a très vive allure. Depuis que le monde est monde, les hommes meurent pour trois causes sacres essentielles : La dignité, la foi et la terre. La dernière raison est la seule, qui normalement ne devait jamais poser problème pour nos citoyens. Un petit peuple sur une superficie énorme. Terre que nous avons même commencé à louer aux autres. Mais surtout terre de laquelle nous n'aurons en fin de compte, que les quelques dizaines de centimètres dans lesquels nous serons inhumés pour ne pas empester l'air et les êtres alentours. Il n'est pas interdit d'être riche, ou prospère. Nous ne sommes pas communistes.

Mais il est une indécence de prospérer à outrance au beau milieu d'un chantier de misères et de privations, sur le compte desquels on entretient cette situation. Il existe ce qu'on appelle "égalité des citoyens" ne serait ce que devant les potentialités d'un pays. Cette égalité a été camouflée souvent par une facilité symbolique, ou qui se prétend symbolique, mais qui fait ses ravages. L'acte de cette injustice est la conséquence fondamentale d'une mentalité, qu'on est unanime à indexer, mais que personne ne veut changer. Un abcès eternel qui nargue l'instabilité du pays. Pourquoi? Seul Allah sait. Pourtant la fin inévitablement catastrophique de cet amalgame ne se cache a la vue de personne. Comme disait un cinéaste mauritanien, que je ne connais malheureusement que par son sobriquet: "Ahmed Toutou", jusqu'à très récemment, nous ne savions pas que certain de nos camarades étaient maures soninkés, puulars ou wolofs.

On disait Ehel Saw, Ehel Mahmoud, Ehel gandéga etc… Ces clivages sont nés avec les formations politiques d'une certaine élite qui a œuvré pour se maintenir dans les postes de commandement aux portes des coffres forts de la républiques. Les pauvres ils pensent que ces biens leurs conféreront l'éternité et à leurs enfants de se maintenir toujours au gouvernail du pays. Mauvais calcul. Les vrais nobles, préfèrent le licite et la modestie. J'ai été surpris un matin, à l'aube, dans une mosquée de Adeyliya au Koweït de voir le prince héritier de cet émirat, arriver a pieds, comme tout le monde, prier et retourner dans son palais a quelque 100 mètres de la mosquée. Certain vautours du net, me diront "Tu applaudis". Je leur répond qu'ici au Koweït je n'ai de relation sociale qu'avec mon épouse et mes enfants. Je n'applaudis jamais. Dieu m'est témoin. Mais je cite cet exemple pour dire qu'on peut être riche important, sans se faire haïr et sans faire de tort a personne. La prospérité ne va jamais de pair avec le tort et la haine.

Mohamed Hanefi

Source:Elhourriya
Noorinfo


              

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