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Déportés mauritaniens au Sénégal : "le HCR est complice de l'état mauritanien dans le retour raté des déportés" clame TPMN


Société
Lundi 16 Juillet 2012 - 11:43

Ce dimanche 15 juillet 2012, le siège du FONADH à Nouakchott a abrité une conférence de presse du mouvement Touche pas à ma nationalité, de retour du Sénégal où il a rencontré les réfugiés mauritaniens en grève de la faim depuis plusieurs semaines maintenant pour réclamer un rapatriement dans un pays autre que la Mauritanie ou le Sénégal.


Abdoul Birane Wane présentant des photos de leur séjour parmi les déportés notamment près de Podor
Abdoul Birane Wane présentant des photos de leur séjour parmi les déportés notamment près de Podor
Il resterait 40 000 déportés aujourd'hui, oubliés du HCR et de la Mauritanie, réfugiés dans différents camps le long de la vallée, qui existent toujours pour quelques-uns pour eux. Ne supportant plus leurs conditions de vie, 118 parmi eux ont entamé une grève de la faim désespérée depuis quelques semaines. Pour aussi éviter d'être fixé définitivement sur le Sénégal, ce qui constituerait à leurs yeux une victoire pour l'état qui les avait déportés en1989, et pour éviter un retour difficile d'un point de vue sécuritaire, ils demandent purement et simplement leur implantation dans un pays tiers.

Plus d’une centaine le 19 juin, au départ de leur grève de faim, les déportés mauritaniens ne sont plus qu’une vingtaine. «Ils sont entassés à l’entrée d’un édifice en construction, situé en face du siège du Haut conseil des Nations unies pour les réfugiés à Dakar» dit Abdoul Birane Wane, coordinateur du collectif Touche pas à ma nationalité. «Pendant toute la durée de mon séjour parmi eux, qui a duré deux semaines, j’ai assisté à l’évacuation médicale de 3 ou 4 d’entre eux, chaque jour" témoigne Wane.

Le HCR «a trahi»

Carte de réfugiée récente, qui court jusqu'en 2016, près de Podor
Carte de réfugiée récente, qui court jusqu'en 2016, près de Podor
"Nous sommes dans une situation complexe où les autorités nient l'existence de déportés au Sénégal et au Mali. Ceci avec la complicité du HCR, il faut le dire aujourd'hui " dénonce un membre du groupe de rap Minen Teyi, membre aussi du bureau du collectif.

Le HCR avancerait des chiffres fantaisistes qui ignorerait le cas de plusieurs veuves, démunies et élevant seules leurs enfants. « Ce sont les plus vulnérables » clame l’un des conférenciers.

"Des enfants apatrides pullulent dans ces camps, le long du Fleuve, dont on ne sait plus le statut et la nationalité. Il y a 32 ménages à Debaye, 48 ménages à Podor» affirme Abdoul Birane Wane.

Montrant des photos des déportés, près de Podor, le coordinateur présente des cartes récentes de déportés, marquant nettement le statut toujours officiel de « réfugiés » au Sénégal de ces mauritaniens, preuve du « mensonge du HCR ».

"Nous avons produit ce rapport à partir du terrain, images à l'appui. Nous le remettrons aux partis et aux institutions, ainsi qu'aux parlementaires pour que chacun prenne ses responsabilités" continue le coordinateur, prenant à témoin Aldjouma Cissokho, président de la coordination des réfugiés à Dakar qui lui aurait, le premier soutenu que le HCR avançait des chiffres « fantaisistes » en parlant de 14.000 retours en Mauritanie.

Il prend aussi à témoin Thierno Mountaga Sow, président du site des 48 familles de Podor. «Il m’a expliqué son indignation en entendant le HCR clamer qu’il n’y avait plus de réfugiés mauritaniens au Sénégal» affirme Wane.


« Une situation qui ne peut plus durer »

Des grévistes de la faim
Des grévistes de la faim
«Nos propres citoyens sont ignorés tandis qu'on accueille des milliers de touaregs» reprend visiblement ému Abdoul Birane Wane. «J’ai été ému et choqué de voir des enfants de 7,8 ou 9 ans, parler d'un retour sur sa terre mauritanienne, alors qu'ils n'y ont jamais mis les pieds» continue-t-il.

« Aujourd'hui on veut proposer aux déportés une intégration locale, où ils auraient la nationalité sénégalaise. Ils ne peuvent pas accepter, car c'est pour cette raison justement qu'on les avait déportés. Ils ne peuvent revenir tant que les engagements ne sont pas assurés d'être tenus, d'où leur volonté d'être installés ailleurs ou leurs droits de réfugiés seraient respectés, ce qui n'est plus le cas au Sénégal. Ils ont été échaudé par le retour raté des premières vagues » soutient Abdoul Birane Wane.

Face à cette situation, TPMN met clairement les partis, la société civile, les institutions internationales et l’état mauritanien, face à leurs responsabilités.

« Nous recommandons aux institutions de trouver une solution réelle et durable pendant qu'il est temps » précise le collectif, qui prévoit de remettre à toutes ces entités une copie du rapport de leur mission au Sénégal.

« Dans tous les pays où les autorités n'ont pas voulu régler le problème de réfugiés ou déportés de manière claire, transparente et définitive, c'est la violence qui a pris le dessus. Nous avons vu de jeunes générations pleines de rancœur. Pour le bien du pays et de la sous-région, une solution doit être trouvée » conclut le conférencier.

Mamoudou Lamine Kane

Des déportés, à Podor, présentant leurs cartes de réfugiés
Des déportés, à Podor, présentant leurs cartes de réfugiés
Mamoudou Kane


              

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