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Dépigmentation : La majorité des sénégalaises se blanchissent


Société
Jeudi 4 Octobre 2012 - 18:06

La dépigmentation, familièrement appelé xeessal en wolof, prend des proportions inquiétantes. En effet, le Sénégal est le deuxième pays en Afrique où l’on pratique le plus la dépigmentation, derrière la République démocratique du Congo.


Dépigmentation : La majorité des sénégalaises se blanchissent
Dans une interview du quotidien dakarois Sud Quotidien, Mame Khary Dièye Ndiaye, cosmétologue révèle que 6 femmes sur dix au Sénégal pratiquent la dépigmentation dès l’âge de 14 ans. Un chiffre effarant. A en croire la cosmétologue, le phénomène est loin d’être nouveau.

«Il n’y a pas une recrudescence de la dépigmentation mais plutôt de produits dépigmentant sur le marché. Le phénomène existe depuis longtemps et des études ont montré que 52% des femmes sénégalaises se dépigmentent la peau à partir de 14 ans. Le Sénégal vient juste après la République démocratique du Congo, dont 54% de la population pratique la dépigmentation», explique-t-elle.

Il n’existe quasiment plus de réglementation concernant l’entrée de ces produits, aux effets ravageurs, sur le territoire national.

«La réglementation laisse complètement ouvert le marché à des produits dont la majorité est nocive. Notre pays regorge de produits importés dont le taux d’hydroquinone dépasse parfois les 18%. Alors que la réglementation mondiale autorise 2%. Il n y a pas de contrôle, pas de régulation», alerte Mame Khary Dièye.

Au cours de cet entretien, la jeune dame n'a pas manqué de rappeller à quel point les Sénégalaises sont obnubilées par la pratique de la dépigmentation au point d’organiser des cérémonies «spécial xeessal», où chacune se vante des effets des produits qu'elles utilisent. A l’en croire, la solution serait l’application stricte des règlements, car le pays dispose dans sa juridiction de lois interdisant l’entrée sur le territoire de l’hydroquinone. Et de rappeler:

«Ces produits tuent et sont de véritables bombes à retardement en termes de santé publique. Il y a aussi que des produits pharmaceutiques sont détournés de leur objet premier pour constituer des mélanges de différents produits, c’est dire que certaines femmes ne savent même pas ce qu’elles mettent sur leur peau. Il existe même des «xawaare spécial xessal» (ndlr: cérémonie de rassemblement)».

Il y a quelques semaines, la campagne dénommée Xess Petch, vantant les mérites de la dépigmentation, a suscité un tollé au sein de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle. A la suite, une contre-campagne dénommée Niuul Kuuk (toute noire) a été lancée pour s’insurger contre cette publicité considérée comme «honteuse et humiliante» pour la race noire.

Sudonline
Mamoudou Kane


              

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