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"Démissionner, ce serait fuir", confie Bachar Al-Assad


International
Dimanche 19 Mai 2013 - 13:23

S'exprimant pour la première fois sur le sujet, le président syrien Bachar Al-Assad a nié que ses forces utilisent des armes chimiques contre la rébellion, estimant que les informations en ce sens servent à préparer les opinions publiques à une intervention militaire contre la Syrie. Dans un entretien accordé à deux médias argentins et publié samedi 18 mai, Bachar Al-Assad a par ailleurs de nouveau exclu de démissionner.


Le président syrien Bachar Al-Assad en entretien avec deux journalistes argentins à Damas.
Le président syrien Bachar Al-Assad en entretien avec deux journalistes argentins à Damas.
"Les accusations contre la Syrie concernant l'utilisation d'armes chimiques ou [les déclarations] concernant ma démission changent tous les jours. Et il est probable qu'il s'agisse d'un prélude à une guerre contre notre pays", a déclaré M. Al-Assad, dans cet entretien réalisé à Damas à une date non précisée avec l'agence de presse officielle argentine Telam et le grand quotidien Clarin. Les deux médias ont précisé que les enregistrements originaux des journalistes leur ont été confisqués.


DAMAS PRÊT À ACCUEILLIR LA COMMISSION D'ENQUÊTE DE L'ONU

"On a dit que nous utilisions des armes chimiques contre des zones résidentielles. Si ces armes étaient utilisées contre une ville ou un faubourg, avec un bilan de dix ou vingt victimes, serait-ce crédible ?", a demandé le président syrien, avant de répondre par la négative. "Leur utilisation signifierait la mort de milliers ou de dizaines de milliers de personnes en quelques minutes. Qui pourrait cacher une pareille chose ?", a insisté M. Assad.

Mercredi, un haut responsable américain avait assuré que des armes chimiques auraient été utilisées "en faibles quantités" à deux reprises dans le conflit syrien, quelques jour après que le secrétaire d'Etat américain John Kerry eut déclaré que les Etats-Unis pensaient détenir une "preuve solide" de l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.

Jeudi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé Damas à laisser les experts de l'ONU enquêter en Syrie afin de vérifier des accusations sur l'utilisation de ces armes dans la guerre opposant le pouvoir aux rebelles. Damas a toujours réfuté ces accusations, se déclarant prête à accueillir la commission d'enquête de l'ONU.

M. Assad a d'autre part mis en doute le bilan de dizaines de milliers de morts avancé par les organisations de défense des droits de l'homme, s'interrogeant sur "la crédibilité de ces sources". Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 94 000 personnes ont trouvé la mort en deux ans de conflit. Il a affirmé ne pas pouvoir fournir de bilan mais a cependant reconnu que "des milliers de Syriens étaient morts". "Nous ne pouvons pas oublier que nombre de morts dont on parle étaient des étrangers venus pour tuer le peuple syrien", a dit le président Al-Assad, qui a mis en cause "le terrorisme local et celui venu ensuite de l'extérieur".

"DÉMISSIONNER, CE SERAIT FUIR"

Interrogé sur des propos de John Kerry, qui lui a demandé de se mettre à l'écart, M. Assad a exclu cette possibilité. "Démissionner, ce serait fuir", a-t-il dit. "Je ne sais pas si Kerry, ou un autre, a reçu du peuple syrien le pouvoir de parler en son nom sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester. Cela, c'est le peuple syrien qui le déterminera lors de l'élection présidentielle de 2014", a déclaré M. Assad.

Le président syrien a dit "bien accueilli[r]" l'accord entre la Russie et les Etats-Unis sur la Syrie, même s'il doute de ses résultats éventuels. Russes et Américains se sont entendus début mai pour inciter le régime syrien et les rebelles à trouver une solution politique au conflit, et pour encourager l'organisation "au plus vite" d'une conférence internationale sur la Syrie.

"Nous avons bien accueilli le rapprochement americano-russe et nous espérons que cela débouchera sur une conférence internationale pour aider les Syriens à surmonter la crise", a-t-il dit, selon Clarin. Il a toutefois ajouté que "de nombreux pays occidentaux ne v[oulai]ent pas d'une solution en Syrie. Et nous ne pensons pas que les forces qui soutiennent les terroristes souhaitent une solution à la crise".

Source : lemonde.fr
Mamoudou Kane


              

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