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Délits d’initiés du 11-Septembre… les faits mis à nu (ASIA TIMES)


International
Lundi 14 Mai 2012 - 00:17

Délits d’initiés du 11-Septembre… les faits mis à nu (ASIA TIMES)


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Délits d’initiés du 11-Septembre… les faits mis à nu (ASIA TIMES)
Comment les banques fédérales, les commissions d’enquête successives, ou encore les autorités de régulation financières aux États-Unis et en Europe ont-elles réagi dans le temps aux transactions suspectes effectuées autour du 11/9 ? Puis aux rumeurs insistantes de délits d’initiés ? Et enfin aux études scientifiques montrant la très forte probabilité d’opérations financières impliquant une pré-connaissance précise des événements du 11-Septembre par certains opérateurs qui ont, pour l’occasion, fait d’énormes profits ?

On retrouve dans cet article des noms connus, comme celui de Wirt Walker III, un cousin de George Walker Bush, ou de Louis Freeh, ex-directeur du FBI, ou encore de Jerome Hauer, responsable le 11 septembre 2001 de l’Office of Emergency Management, le Bureau de gestion des urgences de la ville de New York. On y trouve aussi le nom de sociétés comme Stratesec (spécialisée dans la sécurité, et en charge du WTC), Convar (récupération de données sur disques durs endommagés), ou encore Kroll Associates… Si l’on a jamais étudié le sujet, cela peut paraitre surprenant dans un article sur des soupçons de délits d’initiés le 11-Septembre, et pourtant…

En réalité, les délits d’initiés autour du 11/9 – qui ne sont pas prouvés, il faudrait un acte de justice pour cela -, mais sur lesquels s’accordent des historiens, des spécialistes de la Finance, et des chercheurs du 11/9, sont la preuve que les détails comme la date, l’heure et le lieu précis des attentats terroristes de Manhattan et du Pentagone étaient connus à l’avance par certains milieux. Mais le plus grave est que ces "milieux" ont été capables par la suite de se protéger des enquêtes de la Securities and Exchange Commission (SEC), du FBI, de la Commission sur le 11/9, et encore pire, des grands médias occidentaux, et ce, depuis plus de 10 ans ! Alors, qui sont-ils ? Qui a fait des millions de dollars de profits sur le dos des victimes du 11/9 et des guerres qui s’en sont suivies ? Qui se cache derrière les très probables délits d’initiés du 11-Septembre ?
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Qui se cache derrière les transactions frauduleuses survenues avant, pendant et après le 11-Septembre ?
 
Par Lars Schall, Asia Times, le 21 mars 2012

Traduction GV 

Y a-t-il quelque chose de vrai dans les allégations selon lesquelles des cercles bien informés auraient fait des profits substantiels sur les marchés financiers, en lien avec les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis ?

La première chose à faire pour le savoir est sans aucun doute d’examiner les opérations sur les "options de vente" (Put Options) faites autour du mardi 11 septembre 2001, qui représentent un volume exceptionnel, au travers tout d’abord d’un logiciel qui a joué un rôle-clé : le programmePROMIS, pour Prosecutor’s Management Information System[i]

PROMIS est un logiciel qui semble doté de capacités quasi magiques. Il fait de plus l’objet depuis des dizaines d’années d’un contentieux entre son inventeur, Bill Hamilton, et plusieurs personnes ou institutions associées aux agences de renseignements, aux militaires et aux sociétés de conseil en sécurité.1

L’une des vertus "magiques" de PROMIS, d’après ce que l’on sait, est qu’il utilise l’"intelligence artificielle" et a été apparemment «  capable dès le début de lire et d’intégrer n’importe quel programme informatique ou base de données, quel que soit le langage dans lequel ils étaient écrits, le système d’exploitation ou même la plateforme sur lesquels la base de données était installée.  »2

Et c’est là que cela devient intéressant :

Que feriez-vous si vous possédiez un logiciel capable de penser, et de comprendre, tous les principaux langages dans le monde, de s’installer en douce sur n’importe quel ordinateur, d’y insérer des données sans que l’utilisateur s’en aperçoive, de dépasser les capacités du raisonnement humain, et de prédire ce que les gens vont faire avant qu’ils ne le fassent ? Vous l’utiliseriez, n’est-ce pas ?3

En admettant qu’elles soient vraies, ces facultés sont difficiles à croire. En fait, toute cette histoire de PROMIS, que Mike Ruppert développe en détail dans son livre Crossing the Rubicon, ("Franchir le Rubicon ") ressemble plus à une nouvelle de science-fiction digne de Philip K. Dick ou William Gibson. Pourtant, les informations collectées par Mike Ruppert sont basées sur des sources fiables aussi bien que sur des investigations personnelles qui n’attendent qu’une chose : qu’un jury s’y intéresse.

Et il serait grand temps de le faire si vous ajoutez au potentiel de ce logiciel le fait «  qu’il est établit que PROMIS a été utilisé par les agences de renseignement de différentes manières, dont celle de la surveillance en temps réel des achats/ventes d’actions sur tous les principaux marchés financiers dans le monde.  »4

Nous avons donc affaire à un logiciel qui :

  1. Infiltre les ordinateurs et les systèmes de communication sans se faire remarquer.
  2. Peut manipuler des données.
  3. Est capable de surveiller le marché global des actions en temps réel.

Le point c) est pertinent par rapport à tout ce qui s’est passé en lien avec les transactions jamais vraiment élucidées survenues juste avant le 11-Septembre5, et dont l’ex-président de la Deutsche Bank, Ernst Welteke a dit qu’elles «  n’ont pas pu être planifiées et conduites sans une certaine préconnaissance [des attentats].  »6

J’ai posé explicitement la question des opérations sur les Put Options au journaliste Max Keiser, spécialiste de la Finance, qui a travaillé pendant plusieurs années à Wall Street comme trader en actions et en options. A ce propos, Keiser m’a répondu : «  J’ai discuté avec de nombreux brokers travaillant dans les tours du World Trade Center à cette époque. Certains brokers de Cantor Fitzgerald ont été les premiers à me parler des transactions de Put Options sur les compagnies aériennes plusieurs jours avant [les attentats].  » Il m’a ensuite fait part d’une information explosive, que Ruppert aborde en détail dans son livre Franchir le Rubicon.

Max Keiser  : Il existe de nombreux problèmes au sujet de ces achats d’options, qui n’ont toujours pas été éclaircis. J’ai également travaillé chez Alex Brown & Sons (ABS). La Deutsche Bank avait racheté ABS en 1999. Au moment des attentats, ABS appartenait déjà à la Deutche Bank. Un personnage important chez ABS était Buzzy Krongard. Je l’ai rencontré à plusieurs reprises dans ses bureaux de Baltimore. Krongard avait été promu directeur exécutif de la CIA. Les achats d’options dans lesquels ABS était impliquée ont été effectués depuis les bureaux d’ABS à Baltimore. Le bruit de fond que cela a occasionné entre Baltimore, New York City et Langley [siège de la CIA – NdT] était, comme vous pouvez l’imaginer, assez intéressant, pour utiliser un doux euphémisme.

Ce qui est à noter ici, est le fait qu’Alex Brown, une filiale de la Deutsche Bank (où la plupart des supposés pirates de l’air du 11/9 ont effectué des transactions bancaires – y compris Mohammed Atta) a acheté en masse des Put Options sur United Airlines (UAL) au travers du Chicago Board Option Exchange (CBOE) – « au grand embarras des enquêteurs », comme le rapporta le journal britannique The Independent.7

Le 12 septembre 2001, le président du directoire de la Deutsche Bank Alex Brown, Mayo A Shattuck III, démissionna brusquement et en toute discrétion de son poste, bien qu’il eut encore trois ans de contrat avec un salaire annuel de plusieurs millions de dollars. Cela parait un peu étrange.

Quelques semaines plus tard, l’attaché de presse de la CIA de l’époque, Tom Crispell, se refusa à tout commentaire alors qu’il était sollicité à propos d’un rapport paru sur le site de Mike Ruppert,From the Wilderness, où il lui était demandé «  si le département du Trésor ou le FBI avait interrogé le directeur exécutif de la CIA et ancien président-directeur général (chief executive officer) de la Deutsche Bank-Alex Brown, A B ‘Buzzy’ Krongard, au sujet de la surveillance des marchés financiers par PROMIS et de son ancien poste de responsable des relations avec les ‘’clients privés’’ chez Alez Brown.  »8

En effet, juste avant d’être recruté par George Tenet – ancien chef de la CIA -, Buzzy Krongardsupervisait essentiellement les comptes des clients privés chez Alex Brown.9

En tout cas, le premier jour d’ouverture après le 11/9, lorsque les marchés boursiers américains furent à nouveau ouverts, le cours de l’action d’UAL [maison mère d'United Airlines - NdT] avait chuté de 43%. (Les 4 avions détournés le 11-Septembre étaient American Airlines 11 et 77, et United Airlines 175 et 93).

Avec son expérience d’ancien trader en options, Keiser m’a expliqué une chose importante à ce propos.

Max Keiser  : Les Put Options (options de vente), lorsqu’utilisées dans le cadre d’opérations de spéculation, consistent essentiellement en un pari que le cours de l’action va chuter brusquement. L’acheteur, qui signe un contrat sur une durée déterminée avec le vendeur, n’est pas obligé de détenir l’action au moment de l’achat des options. En lien avec l’affaire des délits d’initiés via des "Put" ou des "Call Options", il faut mentionner la remarquable définition donnée par les économistes suisses Remo Crameri, Marc Chesney et Loriano Mancini, selon laquelle une opération sur des options est « identifiée comme un délit d’initiés » – même si cela n’est pas prouvé (légalement) – « lorsqu’elle se caractérise par une augmentation inhabituelle de l’Open Interest et du Volume, qu’elle génère des gains significatifs, et qu’elle n’est pas ‘’couverte’’ sur le marché des actions.  »10

L’ Open Interest décrit les contrats qui n’ont pas été exercés à la fin de la période (trading session), qui sont toujours ouverts. «  Non couverts  » sur le marché des actions signifie que l’acheteur desOptions (Put ou Call) ne détient pas les actions sous-jacentes, grâce auxquels il pourrait atténuer ou compenser ses pertes si la l’opération ne va pas dans le sens voulu, autrement dit : il ne «  se couvre pas  », car cela n’est pas nécessaire, puisqu’il sait que le pari est "gagné d’avance". (Dans ce cas d’ailleurs, il ne s’agit pas vraiment d’un ‘’pari’’, puisque l’issue n’est pas incertaine, mais connue à l’avance.)

En l’occurrence, le véhicule de l’opération était «  des Put Options très peu chères, qui donnaient le ‘’droit’’ au détenteur, sur une période donnée, de vendre certaines actions à un cours bien en dessous de celui du marché ce jour-là – ce qui est un pari risqué, puisque vous perdrez de l’argent si, une fois la période écoulée, le cours de l’action est plus haut que celui figurant dans l’option. Cependant, lorsque les actions sont tombées bien plus bas après les attentats terroristes, ces options ont vu leur valeur multipliée plusieurs centaines de fois, puisqu’à ce moment-là, le prix de vente spécifié dans l’option était plus haut que le cours de l’action sur les marchés. Ces paris risqués sur des périodes courtes et portant sur des options indiquent clairement que les investisseurs savaient avec quelques jours d’avance que quelque chose d’extrêmement important allait se produire et faire baisser considérablement le cours de ces actions.  »11

Un logiciel comme PROMIS est quant à lui utilisé précisément pour surveiller les marchés d’actions en temps réel, et tracer les variations de prix qui semblent suspicieuses. Par conséquent, les services de renseignement US ont nécessairement reçu des signaux clairs suite aux étranges – et encore jamais vues – transactions d’avant le 11/9.

Autre élément important en rapport avec la surveillance, qui pourrait mener aux auteurs [de ces délits d’initiés présumés], si l’on voulait véritablement remonter jusqu’à eux :

Max Keiser  : L’Options Clearing Corporation a le devoir de gérer les transactions, et le fait de façon plutôt anonyme – alors que la banque qui exécute la transaction en tant que broker peut déterminer l’identité des deux parties.

Mais cela n’a très certainement jamais été dans l’intention des autorités de régulation lorsqu’ils se sont aperçus que la piste remontait – entre autres – jusqu’à Alvin Bernard "Buzzy" Krongard, Alex Brown & Sons et la CIA. Mike Ruppert, quant à lui, se penche en détail sur cette affaire, dans son livre "Franchir le Rubicon".12

Il existe toutefois des moyens pour les auteurs de délits d’initiés de dissimuler leurs traces. Pour les rendre moins visibles, « les auteurs de délits d’initiés peuvent acheter des petits groupes de contrats. Ceux-ci peuvent être acquis au travers de plusieurs comptes afin d’éviter d’attirer l’attention sur un trop gros volume acheté par un seul gros compte. Ils peuvent aussi acquérir de petits volumes sur davantage de contrats, ce qui le rend le tout plus discret. Et tandis que l’Open Interest grandi, les autres opérateurs (non-initiés) peuvent s’en apercevoir et accroitre à leur tour leur activité d’achat. Les initiés ont alors la possibilité de revenir et d’effectuer de nouvelles transactions au prétexte de signaux d’activité apparente sur les marchés. De ce point de vue, il devient difficile pour le CBOE de distinguer entre les initiés et les autres, puisque tous effectuent un grand nombre de tractations.  »13

Le sujet qui nécessite ici quelques clarifications est analysé de la manière suivante par Keiser :

Max Keiser  : Je pense que la plupart de ceux qui sont morts le 11/9 (mais pas tous) étaient des mercenaires de la Finance – et nous devrions éprouver les mêmes sentiments pour eux que pour tous les mercenaires qui sont tués. Le drame est que ces compagnies ont mélangé des mercenaires et des civils, et que ces derniers ont également trouvé la mort. Et donc, se peut-il que les sociétés de Wall Street aient utilisé des civils comme boucliers humains ?

D’après un rapport remis par Bloomberg début octobre 2001, la Commission de sécurité et d’échange (Securities and Exchange Commission, ou SEC) américaine a lancé une enquête sur certaines transactions sur le marché des actions autour du 11-Septembre, et cela concernait 38 compagnies dont : American Airlines, United Airlines, Continental Airlines, Northwest Airlines, Southwest Airlines, Boeing, Lockheed Martin Corp., American Express Corp., American International Group, AXA SA, Bank of America Corp., Bank of New York Corp., Bear Stearns, Citigroup, Lehman Brothers Holdings Inc., Morgan Stanley, General Motors et Raytheon.14

Jusque-là, très bien. Le même mois cependant, le San Francisco Chronicle rapportait que la SEC avait pris une mesure jamais vue auparavant, consistant à assigner (deputize) des centaines, si ce n’est des milliers d’importants détenteurs d’actions pour les besoins de son enquête. Dans un courrier adressé à presque toutes les compagnies listées aux USA, la SEC a demandé que la direction générale de chacune soit assignée pour l’enquête, en l’informant de la nature "sensible"de l’affaire, et en lui demandant de «  conserver la plus grande discrétion sur ce sujet.  »15

En somme, il s’agissait de contrôler l’information et d’éviter toute fuite. Un tel procédé a des conséquences compromettantes.

Mike Ruppert (ci-contre)  : Ce qui se passe quand vous assignez quelqu’un dans une enquête criminelle ou concernant la sécurité nationale, est que vous rendez illégale pour lui de divulguer publiquement tout ce qu’il sait. C’est plutôt malin. En effet, la personne devient de facto un agent du gouvernement et passe sous le contrôle des lois gouvernementales plutôt que sous celui de sa conscience. En fait, on peut jeter quelqu’un en prison sans même passer par un tribunal s’il parle en public. J’ai souvent constaté cette menace implicite faite sur des enquêteurs fédéraux, des agents du renseignement, et même des membres du Congrès des États-Unis, eux qui sont tellement liés par le secret qu’ils ne peuvent même pas parler des activités criminelles à l’intérieur même du gouvernement, de peur d’être emprisonnés immédiatement.16

Parmi les rapports sur les soupçons de délits d’initiés mentionnés dans le livre Franchir le Rubiconou sur le site From the Wilderness se trouve une liste publiée sous le titre Black Tuesday : The World’s Largest Insider Trading Scam ? par l’institut israélien Herzliyya International Policy Institute for Counterterrorism, le 21 septembre 2001 :

  • Entre le 6 et le 7 septembre 2001, la CBOE a vu l’achat de 4744 options de vente d’United Airlines, mais seulement 396 options d’achat. Dans l’hypothèse où ces options ont été achetées par des gens ayant une préconnaissance de l’imminence des attentats, ces initiésont fait un gain de presque 5 millions de dollars.
  • Le 10 septembre, 4516 options de vente d’American Airlines ont été achetées sur le Chicago Board of Exchange, pour seulement 748 options d’achat. Encore une fois, il n’y avait aucune annonce particulière pouvant justifier un tel déséquilibre ; et là aussi, dans l’hypothèse où ces 4000 options sont le fait d’ "initiés", ils ont empoché un gain de presque 4 millions de dollars. (Le niveau de transactions en Put Options fut alors plus de six fois le niveau normal.)
  • Il n’y a pas eu de telles transactions sur d’autres compagnies aériennes au CBOE dans les jours précédant immédiatement le Black Tuesday.
  • Morgan Stanley Dean Witter & Co, qui occupait 22 étages du World Trade Center, a vu l’achat de 2157 de ses Put Options d’octobre à 45 dollars pendant les trois jours précédant le Black Tuesday. Ceci comparé à une moyenne de 27 contrats par jour avant le 6 septembre. La valeur de l’action de Morgan Stanley est passée de 48,90 dollars à 42,50 dollars juste après les attentats. Dans l’hypothèse où ces 2000 contrats d’options ont été achetés sur la base de la préconnaissance des attentats à venir, leurs détenteurs ont pu faire un profit d’au moins 1,2 million de dollars.
  • Merrill Lynch & Co, qui avait son siège tout près des Tours Jumelles, a vu l’achat de 12 215 options de vente pour octobre à 45 dollars au cours des 4 jours précédant les attentats. La moyenne d’achat avant était de 252 contrats par jour (soit une augmentation de 1200%). Lorsque les marchés ont rouvert, l’action de Merrill était tombée de 46,88 dollars à 41,50 dollars ; si les 11 000 contrats d’options ont été achetés par des « initiés », leur profit se monte à environ 5,5 millions de dollars.
  • Les autorités européennes de régulation examinent également Munich Re (Allemagne), Swiss Re (Suisse) et AXA (France), toutes d’importantes sociétés de réassurance très exposées par le désastre du Black Tuesday (11 septembre 2001). Note : AXA possède également plus de 25% des actions d’American Airlines, ce qui fait que les attentats sont pour elle une "double catastrophe".)17

Concernant les déclarations de l’ex-président de la Deutsche Bundesbank, Ernst Welteke, leur teneur dans plusieurs articles de presse peut se résumer ainsi :

Le président de la banque centrale allemande, Ernst Welteke a déclaré par la suite qu’une étude de sa banque avait conclu qu’ « il y a des signes toujours plus évidents qu’une activité nécessitant des connaissances d’experts a eu lieu sur les marchés financiers internationaux, » pas seulement concernant les actions des secteurs touchés, comme le secteur aérien ou celui des compagnies d’assurance, mais aussi sur les marchés de l’or et du pétrole. » [Daily Telegraph, 23 septembre 2011] Ses enquêteurs ont trouvé «  des preuves quasiment irréfutables de délits d’initiés.  » [Miami Herald, 24 septembre 2001] «  Si vous observez les mouvements des marchés avant et après les attentats, il y a de quoi être perplexe. Mais il est très difficile de vérifier tout ça.  » Malgré tout, Welteke pense que «  dans un cas ou dans un autre, il sera possible de remonter à la source.  » [Fox News, 22 septembre 2001]. Il fait remarquer «  une augmentation forte et inexplicable  » du prix du pétrole avant le 11/9 [Miami Herald, 24 9 2001], suivie d’une autre augmentation de 13% le lendemain des attentats. Et le prix de l’or a augmenté "non-stop" pendant plusieurs jours après les attentats. [Daily Telegraph, 23 septembre 2001] 18

En tenant compte de ces observations, j’ai posé la question par email au service de presse de la Deutsche Bundesbank, le 1er août 2011, en espérant apprendre en retour les choses suivantes :

Quel usage la Bundesbank a-t-elle fait de ces informations ? Avec qui les a-t-elle partagées ? Et aussi :

  1. Pouvez-vous confirmer qu’une telle étude a bel et bien été conduite par la Bundesbank en septembre 2001, au sujet des délits d’initiés autour des attentats du 11/9 ?
  2. Dans ce cas : Quel en était le titre ?
  3. Dans ce cas : qui étaient les auteurs de l’étude ?
  4. Dans ce cas : L’étude a-t-elle jamais été rendue publique ?

Le 2 août, on m’a informé : «  Nous avons bien reçu votre email, il est en cours de traitement sous le numéro 2011 / 011551.  » Mais après cela, le service de presse de la Deutsche Bundesbank ne m’a plus répondu que verbalement par téléphone. Après cela, j’ai écrit au service de presse des autorités fédérales de régulation en Allemagne, le Bundesanstalt fur Finanzdienstleistungsaufsicht, BaFin, avec l’email suivant, pour des raisons évidentes :

Hier, j’ai envoyé une demande (voir en bas de ce message) au service de presse de la Deutsche Bundesnak à propos des délits d’initiés en relation avec les attentats terroristes du 11 septembre 2001, et également à propos d’une supposée étude menée par la Deutsche Bundesbank. Ma demande porte le numéro de référence 2011 / 011551.

Le service de presse, en la personne de M. Peter Trautmann, a pu me répondre seulement oralement. Je réexplique cela maintenant, car cela concerne votre entité. Mes questions se trouvent juste après.

D’après les explications orales fournies par le service de presse de la Deutsche Bundesbank, il n’y a jamais eu d’étude officielle détaillée des délits d’initiés par la Bundesbank. Il peut y avoir eu une analyse ad hoc, accompagnée des graphiques portant sur les variations des cours, comme support visuel à destination des directeurs de la Bundesbank. Enquêter sur cette affaire aurait dû faire partie des obligations de la Bundesfinanzaufsicht. Le service de presse de la Bundesbank n’a pas souhaité me fournir davantage d’informations écrites, pas même après que je leur eus fait remarquer que cette étude de la Bundesbank circulait sur Internet depuis plusieurs années et n’avait jamais été démentie. Voilà pour les explications orales du service de presse de la Bundesbank, par l’intermédiaire de M. Peter Trautmann.

Et maintenant, mes questions pour vous :

  1. La BaFin a-t-elle jamais lancé une enquête sur les délits d’initiés autour du 11/9 ?
  2. Avec quels résultats ? Ceux-ci ont-ils été rendus publics ?
  3. N’y a-t-il pas suffisamment d’éléments pour susciter le doute et déclencher une investigation, par exemple concernant la compagnie affectée : Munich Re, ou concernant l’acheteur de Put Options sur United Airlines : la société Alex Brown, appartenant à la Deutsche Bank ?
  4. La Deutsche Bundesbank a-t-elle jamais demandé à la BaFin de quelles informations elle disposait au sujet des délits d’initiés – par exemple, en vue de la création d’une étude ad hoc par la Bundesbank ?
  5. Les agences fédérales américaines ont-elles jamais demandé à la BaFin de coopérer avec elles dans leur enquête ?

Pourriez-vous s’il vous plait me répondre par écrit, et pas par oral comme la Bundesbank ? Je vous en serais extrêmement reconnaissant !

Le lendemain, j’ai reçu un email sur ce sujet, de la part d’Anja Engelland, l’attachée de presse de la Bafin, dans laquelle elle répondait ainsi à mes questions :

  1. En effet, l’ex Bundesaufsichtsamt fur Wertpapierhande, BAWe (autorités fédérales de contrôle des marchés financiers) a bien effectué une étude complète de ces opérations.
  2. Il en est ressorti qu’aucune preuve de délit d’initiés n’a pu être trouvée. Leur approche et les résultats ont été publiés dans le rapport annuel de la BAWe (ou BaFin) de l’année 2001 (cf S 26/27) et 2002 (cd p 156, au-dessus du 1er paragraphe). Voici les liens. [Voir ici et ici].
  3. Voir les rapports annuels de 2001 et 2002. Les Put Options sur United Airlines n’ont pas été achetées sur le marché allemand des échanges (les premières options EUREX sur actions américaines ont été introduites seulement après les attentats de 2001) ; Il y a eu des souscriptions sur UAL et d’autres actions US, mais seulement pour des volumes réduits.
  4. Personnellement, je n’ai pas d’informations à ce sujet. De plus, c’est à la Bundesbank elle-même d’y répondre.
  5. BaFin est essentiellement en charge des échanges d’informations avec les autorités étrangères de régulation, comme la SEC, sur la base d’accords écrits, aussi appelés memoranda of understanding (MoU). Concernant les éventuelles demandes provenant d’autorités étrangères de régulation, la BaFin ne peut malheureusement pas faire de commentaires, par respect pour l’autre autorité. J’espère que vous comprendrez cela.

J’ai ensuite envoyé une brève note à BaFin, «  afin d’éviter tout malentendu : vos réponses portent, si je comprends bien, uniquement sur les marchés financiers en Allemagne et à Francfort, n’est-ce pas ? »

La réponse de BaFin :

Les réponses réfèrent au marché financier allemand dans son ensemble et pas seulement au Francfort Stock Exchange. En ce qui concerne les vérifications des marchés financiers étrangers, ce sont les autorités de ces pays qui sont compétentes pour vous répondre.

Dans mes demandes, je mentionnai, entre autres, une étude scientifique de l’économiste US Allan M Poteshman, de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, conduite en 2006 au sujet d’opérations sur des Put Options aux alentours du 11/9 et en lien avec les deux compagnies aériennes impliquées dans les attentats, United Airlines et American Airlines. Poteshman était arrivé à la conclusion que « l’examen des transactions en options avant le 11-Septembre révèle un niveau très inhabituel d’achat de Put Options. Cette information est cohérente avec celle d’investisseurs « initiés » qui auraient effectué ces achats d’options avant les attentats. »19

Une autre étude scientifique a été menée par les économistes Wong Wing-Keung (Hong Kong Baptist University, HKBU), Howard E Thompson (Université du Wisconsin) et Kweehong Teh (National University of Singapore, NUS), qui ont publié leurs résultats en avril 2010 sous le titre « Was there Abnormal Trading in the S&P 500 Index Options Prior to the September 11 Attacks ?  » (Y a-t-il eu des opérations financières anormales sur le marché S&P 500 Index Options avant les attentats du 11 septembre 2001 ? »

Les auteurs, motivés par les nombreux articles parus dans les médias et relatant de possibles délits d’initiés avant le 11/9 sur le marché des options, ont étudié l’Index Standard & Poor’s 500 (SPX Index Options), avec une attention particulière sur les stratégies caractéristiques d’un marché baissier, c’est-à-dire celles intitulées "Put Purchase," "Put Bear Spread" ou encore "Naked ITM Call Write", puisque chacune d’elles correspond à l’hypothèse d’un acheteur pariant sur un marché globalement baissier et qui pourrait avoir voulu faire des profits en prévision des événements du 11/9.20

De la même façon, les auteurs se réfèrent à un article publié par Erin E Arvedlund le 8 octobre 2001 dans Barron’s, dont le titre suggère précisément cette hypothèse : "Follow the money : Terror plotters could have benefited more from the fall of the entire market than from individual stocks." (Suivez l’argent : les terroristes auraient pu davantage bénéficier d’un marché globalement baissier que de la chute individuelle des valeurs de certaines actions.)21

Concrètement, les auteurs Wong, Thompson et Teh sont arrivés à la conclusion suivante : «  Nos résultats montrent une augmentation forte et anormale du Volume de transactions sur les marchés d’options juste avant les attentats du 11/9, contrastant avec l’absence de tels volumes anormaux sur ces mêmes marchés avant les attentats.  »

Pour être précis, ils le formulent ainsi : «  Nos résultats concernant les Put Options des [trois] index SPX, out-of-the-money (OTM), at-the-money (ATM) et in-the-money (ITM), et sur les Call Options de l’index ITM SPX nous amènent à rejeter l’hypothèse qu’il n’y a pas eu de volumes anormaux de transactions sur ces contrats avant le 11-Septembre.  »

Au lieu de cela, ils ont trouvé des traces « de volumes anormaux de transactions de Put Optionsdans les index SPX "OTM" , "ATM" et "ITM", ainsi que dans les Call Options de l’index ITM-SPX ce mois-là. «  De plus, nous avons découvert des preuves de volumes anormaux de transactions sur les Put Options des index OTM, ATM et ITM-SPX de septembre 2001 immédiatement après les attentats du 11/9 et avant leur date d’expiration. Cela indique que le fait de posséder une Put Option représentait alors un bon investissement, et que les détenteurs qui ont pu les vendre avant la date d’expiration ont réalisé des profits considérables.  »

En conclusion, les auteurs en déduisent que même s’ils ne peuvent pas prouver que des "initiés" s’activaient sur le marché, «  nos résultats fournissent des éléments circonstanciés confirmant les affirmations de délits d’initiés.  »22

Précisions sur les termes utilisés : «  In The Money  » signifie que les circonstances font que le détenteur d’une option de vente parie que le prix de vente du titre sous-jacent (par exemple une action, ou en tout cas un index d’actions) est plus bas à un instant T qu’au moment où la transaction a été effectuée. «  At The Money  » correspond au cas où le cours de l’action sous-jacente demeurerait inchangé ou varie très peu. Et Out-of-The-Money signifie que la valeur de l’action sous-jacente a augmenté, ce qui est l’exact opposé de ce qu’espérait le détenteur de l’action. En gros, In The Money  : il gagne. Out-of-The-Money  : il perd.

Il existe plusieurs possibilités d’ITM, ATM et OTM pour les deux stratégies de Put Options et de Call Options, en fonction du type de risque que l’on est prêt à prendre. Par exemple, d’après Wong, Thompson et Teh, la «  Stratégie d’achat de Put  » dans le cas d’une baisse de l’action sous-jacente « est une alternative moins couteuse que la vente à découvert (Short-selling (*) ) de l’action en question, et est le moyen le plus sûr de faire des profits lorsque le cours de l’action est attendu à la baisse.  »

Cependant, l’usage de l’option de vente OTM plutôt qu’ITM offre «  plus de profits en retour et des risques aussi plus importants (…) si la valeur de l’action sous-jacente chute de manière significative. Cela dit, lorsque l’action ne baisse que modérément, le choix de l’option ITM reste le meilleur (…) du fait de la différence de prix relative.  »

C’est pour cela que les spéculateurs feront de meilleures affaires, s’ils choisissent l’ITM sur des Put Options, «  à moins qu’ils ne s’attendent à une baisse drastique du cours de l’action sous-jacente.  »23

Après avoir évalué ces stratégies dans le cadre des données disponibles sur les transactions au CBOE en lien avec le 11/9, les trois économistes concluent en refusant le contre-argument selon lequel leurs résultats pourraient être attribués au fait que les marchés d’actions étaient globalement à la baisse, et qu’il y avait des prévisions négatives des marchés. Ils achèvent leur article en écrivant : «  Des preuves définitives doivent encore être rassemblées pour conclure à l’activité de délits d’initiés sur ces marchés. Bien que nous ayons montré que les volumes anormaux n’étaient pas dus à la tendance baissière des marchés, une telle enquête resterait un exercice relativement lourd au vu de la multitude de facteurs imbriqués,  » comme celles des stratégies déroutantes «  employées intentionnellement par les initiés  » pour ne pas trop attirer l’attention.24

Cela relève essentiellement – si l’on voulait invalider une fois pour toutes les résultats de ces études – du rôle de la SEC, du FVI, et des autorités gouvernementales américaines. Mais, il est clair que nous pouvons attendre encore longtemps !

Un autre article que je pense utile de mentionner est celui paru dans le magazine financier français Les Échos en septembre 2007, à propos d’une étude conduite par deux professeurs indépendants d’économie à l’Université de Zurich, Marc Chesney et Loriano Mancini. La journaliste Marina Alcaraz a résumé ainsi ces résultats pour Les Échos en joignant les explications du Professeur Chesney (…) :

«  Des volumes atypiques, très rares, sur certains titres peuvent laisser penser à des délits d’initiés. » Six ans après les attentats du World Trade Center, c’est la conclusion troublante d’une récente étude de Marc Chesney et Loriano Mancini, professeurs à l’université de Zurich. Les auteurs, l’un spécialiste des produits dérivés, l’autre économètre, ont travaillé sur les options de vente, utilisées pour spéculer à la baisse, de 20 grands groupes américains, notamment dans l’aéronautique et la finance.  »

Leur analyse porte sur les transactions réalisées entre le 6 et le 10 septembre 2001 comparativement aux volumes moyens enregistrés sur longue période (une dizaine d’années pour la plupart des sociétés). Les deux spécialistes ont par ailleurs calculé la probabilité que plusieurs options d’un même secteur connaissent des volumes significatifs en quelques jours.

« Nous avons essayé de voir si les mouvements enregistrés sur certains titres peu avant les attaques étaient courants. Or nous montrons que, pour certaines sociétés comme American Airlines, United Airlines, Merrill Lynch, Bank of America, Citigroup, Marsh & McLehnan, ils sont d’une grande rareté d’un point de vue statistique, a fortiori en les comparant aux volumes observés pour d’autres valeurs comme Coca-Cola ou Hewlett-Packard, explique Marc Chesney, ex-professeur à HEC, auteur de "Blanchiment et financement du terrorisme" (éditions Ellipses). Par exemple, 1.535 contrats d’options de vente à échéance octobre 2001, à 30 dollars, ont été échangés sur American Airlines le 10 septembre, contre une moyenne quotidienne d’environ 24 contrats sur les trois semaines précédentes. » Le fait que le marché soit baissier à l’époque « n’explique pas assez ces volumes surprenants ». Des gains" énormes".

Les auteurs ont aussi étudié le rendement des options de vente et d’achat pour un investisseur ayant acheté un produit entre le 6 et le 10.

«  Pour certains titres, les gains ont été énormes. Par exemple, des investisseurs ayant acquis des options de vente de Citigroup avec une maturité à octobre 2001 auraient potentiellement pu gagner plus de 15 millions de dollars,  » indiquent-t-il.

Du recoupement des données entre les volumes et les rendements, les deux auteurs concluent que «  la probabilité qu’il y ait eu délits d’initiés est forte pour American Airlines, United Airlines, Merrill Lynch, Bank of America, Citigroup et JP Morgan. Ce n’est pas une preuve juridique, mais le résultat de méthodes statistiques montrant des signes d’irrégularités.  »

Comme l’indique Alcaraz dans son article dans Les Echos, l’étude de Chesney / Mancini sur les possibles délits d’initiés liés aux attentats du 11/9 n’est pas la première du genre ; mais elle est en opposition quasi frontale avec les résultats de la SEC et ceux de la Commission sur le 11/9, qui avaient qualifié les délits d’initiés de pratiquement "négligeables" – les transactions concernées n’avaient aucun lien avec le 11-Septembre et s’étaient «  révélées parfaitement inoffensives.  »

Tout aussi différent dans ces conclusions, le travail de Marc Chesney (ci-contre), Mancini et Remo Crameri de l’Université de Zürich publié en avril 2010 « Detecting Informed Trading Activities in the option markets  ». Dans le chapitre consacré aux attaques terroristes du 11/9, les trois auteurs arrivent à la conclusion que d’importants délits d’initiés ont eu lieu peu avant le 11-Septembre, basés sur la préconnaissance des attentats.

Sans entrer dans le détail des calculs mathématiques et des méthodes statistiques que le trio a utilisés dans son étude des transactions sur les Put Options au CBOE entre 1996 et 2006, voici certaines de leurs conclusions les plus significatives :

«  Des sociétés comme American Airlines, United Airlines, Boeing,  » – cette dernière était un sous-traitant pour la construction des avions des deux compagnies aériennes – «  et dans une moindre mesure Delta Airlines et KLM semblent avoir fait l’objet d’activités de délits d’initiés pendant la période précédant les attaques. Le nombre de nouveaux contrats d’options de vente créés durant cette période est statistiquement élevé et le gain total (…) réalisé par l’exercice de ces options se monte à plus de 16 millions de $. Ces faits viennent corroborer les résultats de Poteshman (2006) qui rapporta aussi des activités anormales sur le marché des options préalablement aux attaques terroristes.

Dans le secteur bancaire, quatorze opérations suspectes sont détectées, six étant liées à des annonces de résultats et de gains trimestriels, cinq aux attaques terroristes du 11/9 ; trois ne sont pas identifiées. Par exemple, le nombre de contrats d’options de vente portant sur les actions de Bank of America, Citigroup, J.P.Morgan et Merrill Lynch créés dans les jours précédant les attaques terroristes était à un niveau inhabituellement élevé. Les profits réalisés au travers de ces stratégies boursières se montent à environ 11 millions de dollars.

Pour les deux secteurs, aérien et bancaire, les auteurs écrivent que « dans pratiquement tous les cas, l’hypothèse selon laquelle les Put Options n’étaient pas "couvertes" ne peut être rejetée.  »28

En ce qui concerne les options achetées ou vendues sur l’EUREX, l’une des plus grandes places financières pour les produits dérivés, qui est le résultat de la fusion en 1998 entre les centres financiers suisses et allemands, DTB et SOFFEX, les trois auteurs, Chesney, Mancini et Crameri se concentrent sur deux sociétés de réassurance impactées à hauteur de plusieurs milliards de dollars par la catastrophe du World Trade Center : Munich Re et Swiss Re.

Sur la base des transactions enregistrées sur l’EUREX et fournies par la Deutsche Bank, les trois spécialistes ont détecté une transaction délictueuse liée à Munich Re, survenue le 30 août 2001. Les auteurs écrivent :

«  L’opération qui a été détectée concerne des options de vente portant sur l’action Munich Re arrivant à maturité fin septembre 2001 et ayant un prix d’exercice de 320 € (l’action sous-jacente valait 300,86 € le 30 août). Cette option connaît une importante augmentation de l’Open Interest de 996 contrats (soit un quantile de 0,922 sur la base de la distribution observée pendant les deux années menant à cette date) le 30 août.

Sa valeur ce jour-là était de 10,22 €. Le jour des attaques terroristes, l’action correspondante a perdu plus de 15% (la valeur à la clôture le 10 septembre était de 261,88 €, et le 11-Septembre de 220,53 €), et le prix de l’option a grimpé à 89,56 €, ce qui correspond à un rendement de 776% en huit jours ouvrés. (…) Les gains générés par l’exercice de ces 996 nouvelles options de vente achetées le 30 août furent de plus de 3,4 millions d’€.  »

La même chose s’applique, selon les auteurs, à une option de vente sur Swiss Re datant du 20 août 2001, avec «  un retour de 4050% sur trois semaines de marchés,  » soit «  plus de 8 millions d’euros.  »29

Dans une nouvelle version de leur étude rendue publique le 7 septembre 2011, les auteurs s’en tiennent à leurs conclusions d’avril 2010. Ils insistent sur le fait qu’il est impossible que les gains obtenus grâce aux Put Options soient le fruit du hasard, et que tout indique au contraire qu’ils sont basés sur l’exploitation de la connaissance préalable [des attentats].30

M’appuyant sur les résultats en termes de ce qui s’est produit sur l’EUREX selon Chesney, Crameri et Mancini, j’ai à nouveau écrit à la BaFin, qui m’avait répondu qu’en ce qui concernait les centres financiers allemands, les délits d’initiés autour du 11/9 pouvaient être exclus, et je leur ai demandé :

Comment cela s’accorde-t-il avec vos informations selon lesquelles l’autorité fédérale de régulation des marchés (BAWe) ait pu, dans son analyse exhaustive, ne pas trouver trace de délits d’initiés ? Les trois auteurs de cet article voient-ils, façon de parler, des cadavres dans le placard là où il n’y en a pas ?

J’ai ajouté :

Si ce qu’écrivent Chesney, Crameri et Mancini est vrai, ou si vous à la BaFin, n’êtes pas en mesure de les contredire, cela pourrait-il déclencher une nouvelle enquête sur cette affaire de la part de la BaFin ? En effet, si les conclusions de Chesney, Crameri et Mancini se révèlent exactes, cela montrerait l’existence de transactions illégales en lien avec un crime majeur, ce qui n’est pas soumis à prescription, n’est-ce pas ?

Au cas où des clarifications seraient nécessaires pour la BaFin, j’ai mis le Professeur Marc Chesney en copie de mes échanges d’emails, du fait qu’ils concernaient les résultats de son travail scientifique.

La réponse que m’a adressée la BaFin en la personne de Dominika Kula est la suivante :

Comme je vous l’ai déjà expliqué par email, l’ex-autorité fédérale de régulation des marchés (BAWe) a mené une étude exhaustive sur les opérations de 2001. La conclusion est qu’aucune preuve de délit d’initié n’a pu être trouvée. À fins de clarifications, je tiens à souligner que les cas de violation des règles statutaires de régulation des marchés ou des lois criminelles ne peuvent jamais être exclus à 100%. Si l’on veut poursuivre et juger de telles affaires, des preuves concrètes d’actes illégaux sont requises… et ce n’est pas le cas ici.

Concernant les sources que vous mentionnez, je pense que vous comprendrez qu’en aucun cas je ne peux commenter des analyses scientifiques, ni les commentaires faits par des tierces parties.

Au sujet des limitations [dans le temps] des violations de règles de régulation des marchés, je peux vous donner l’information suivante : la violation de la loi interdisant le délit d’initiés est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement. La prescription dans le cas de crimes relevant de ce genre de faute (section 78 paragraphe 3 No 4. Du Code pénal) est de 5 ans. Ce délai est décrit dans les statuts de la prescription (§§ 78 et suiv.) (Code de procédure pénale)

En retour, je me suis à nouveau adressé à l’EUREX avec trois questions :

  1. Quels commentaires faites-vous, à l’EUREX, à propos des résultats de l’étude menée par MM Chesney, Mancini et Crameri ?
  2. Avez-vous perçu, à l’EUREX, les transactions sur Munich Re et Swiss Re, comme étant "suspectes" ?
  3. Les autorités fédérales (BAWe ou BaFIN) ou étrangères (SEC) ont-elles enquêté pour savoir s’il existait des signes de délits d’initiés via l’EUREX en lien avec les attentats du 11/9 ?

J’ai reçu la réponse suivante de Heiner Seidel, l’adjoint au directeur du service de presse de la Bourse allemande de Francfort :

Nous ne vous adresserons pas par écrit de réponse publique au nom de la Bourse allemande ou d’EUREX au sujet de votre demande. Et ce, pour la raison suivante : l’agence chargée de la surveillance des marchés (Hüst) fait partie intégrante de la Bourse, mais elle est indépendante et autonome. Leurs enquêtes revêtent donc un caractère confidentiel et sont menées en collaboration avec la BaFin. Elles ne sont jamais rendues publiques, et donc une telle question au sujet de Hüst n’a pas de sens.

Je laisse le soin au lecteur de dresser ses propres conclusions à partir de ces deux réponses, du service de presse de la BaFin et de la Bourse allemande.

J’ai reparlé de ce sujet des transactions sur les options liées au 11/9 avec le Dr. Daniel Ganser (Les armées secrètes de l’OTAN ), et lui ai demandé cette fois ce qu’il pensait de l’importance de ces options de vente (Put Options) achetées juste avant les attentats du 11 septembre 2001.

Daniele Ganser : C’est un point très important. Cela démontre qu’il y a eu des délits d’initiés sur les marchés boursiers internationaux avant le 11-Septembre. Et plus spécifiquement, par l’achat de Put Options, c’est-à-dire des spéculations sur la baisse du cours de certaines actions. Parmi les actions affectées, on trouve celles d’United Airlines et d’American Airlines, les deux compagnies aériennes impliquées dans les attentats.

Un de mes collègues, Marc Chesney, professeur à l’Institut bancaire de l’Université de Zurich, a étudié ces Put Options. Il faut tout d’abord vérifier s’il s’agissait d’une spéculation au niveau international misant sur une période plus difficile pour l’industrie de l’aviation, et si de tels achats de Put Options ont aussi concerné les autres compagnies comme Singapore Airlines, Lufthansa, ou Swiss Air.

Ce ne fut pas le cas.

Des achats très importants de Put Options ont été faits uniquement pour les deux compagnies aériennes concernées par les attentats. Ensuite, il faut examiner le ratio de Put Options par rapport à celui des Call Options et voir si ces dernières ont également fait l’objet d’achats de même importance, ce qui constituerait un pari sur la hausse des cours des actions.

Ce ne fut pas le cas non plus. Les achats significatifs de Put Options n’ont concerné que United Airlines et American Airlines.

Enfin, il faut creuser encore afin de savoir qui a acheté ces Put Options, car ce serait l’auteur des délits d’initiés qui a fait plusieurs millions de dollars de profits le 11-Septembre. La plupart des gens ignorent que certains ont gagné énormément d’argent grâce aux attentats du 11/9. La Security and Exchange Commission (SEC) [le gendarme américain de la Bourse – NdT] ne publie pas les informations sur l’identité des acheteurs de Put Options, car il est possible de les acheter de façon anonyme. Il est curieux que ces informations ne soient pas rendues publiques.

Ce dont nous disposons, c’est le Rapport de la Commission sur le 11/9, où il est écrit qu’il y a bien eu des délits d’initiés, mais que la piste ne permet pas de remonter au leader d’al-Qaïda, Oussama Ben Laden, ce qui signifie qu’il est très improbable que Ben Laden soit l’auteur de ces transactions illicites.

Question : Si on s’est tient là, qu’est-ce que cela veut dire ?

Daniele Ganser  : Cela veut dire que l’enquête sur les attaques terroristes est incomplète, et s’arrête toujours dès qu’un élément entre en contradiction avec la théorie [officielle] de l’« attaque-surprise », on n’est jamais allé creuser au-delà. Tout s’est passé comme si l’on avait voulu ne voir qu’un côté de l’histoire, et donc l’enquête est à sens unique. Mais cela ne s’applique pas seulement aux Put Options.31

Il est intéressant de noter que dans sa réponse, Daniele Ganser explique que des informations importantes n’ont pas été publiées, mais cela n’est que la moitié de la vérité. Pourquoi ? La réponse est à la fois simple et curieuse : David Callahan, l’éditeur du magazine US Smart CEO, a posé une question à la SEC à propos des Put Options achetées avant le 11-Septembre, dans le cadre d’une requête FOIA (loi américaine sur la liberté de l’information). La SEC a répondu à Callahan le 23 décembre 2009, sous la référence « 09 07659-FOIA » :

Cette lettre est une réponse à votre demande d’accès aux preuves documentaires (ou à leurs copies) mentionnées dans la note de base de page 130 du chapitre 5 du Rapport de la Commission sur le 11-Septembre… Nous avons appris que les documents pouvant correspondre ont été détruits.32

Par conséquent, nous ne saurons jamais exactement comment la SEC et la Commission sur le 11/9 en sont arrivées aux conclusions que l’on trouve dans leurs rapports finaux concernant les opérations sur les Put Options, puisque les documents correspondants, non seulement n’ont pas été sauvegardés, mais ont même été détruits, et ce, malgré les accords existant entre la SEC et les Archives nationales des États-Unis, par lesquels la SEC s’engage à conserver tous les enregistrements pendant au moins 25 ans.33

Dans le Rapport de la Commission sur le 11/9, la note de bas de page 130 du chapitre 5 à propos des supposés délits d’initiés comporte le passage suivant :

Des allégations ayant fait l’objet d’une large publicité au sujet de délits d’initiés avant le 11/9 reposent généralement sur des informations concernant une activité boursière inhabituelle avant le 11/9 portant sur des actions dont le cours à plongé suite aux attentats. Certaines activités inhabituelles ont effectivement eu lieu, mais chacune de ces transactions s’est révélée parfaitement inoffensive. Par exemple, le volume des Put Options – des investissements qui rapportent uniquement lorsque le cours d’une action chute – sur UAL, la maison mère d’United Airlines, a considérablement augmenté le 6 septembre, et sur American Airlines le 10 septembre – des opérations très douteuses en effet.

Mais une enquête plus poussée a révélé que ces transactions n’avaient aucun lien avec le 11/9. Un seul investisseur institutionnel sans aucun lien concevable avec al-Qaïda, a acheté 95% des Put Options sur UAL le 6 septembre, dans le cadre d’une stratégie boursière qui incluait également l’achat de 115 000 actions d’American Airlines le 10 septembre. De la même façon, la plupart des transactions suspectes sur American Airlines le 10 septembre font suite à une lettre d’information d’une société boursière américaine, faxée à ses souscripteurs le dimanche 9 septembre, qui recommandait ces opérations.

Ces exemples sont représentatifs du type de preuves examinées lors de l’enquête. La SEC et le FBI, aidés par d’autres agences et sociétés boursières, ont consacré d’énormes ressources pour enquêter sur cette affaire, y compris en collaborant avec de nombreux gouvernements étrangers. Ces enquêtes ont permis d’établir que les soupçons initiaux étaient sans fondements. [Interview de Joseph Cella (16 septembre 2003 ; 7 mai 2004 ; 10-11 mai 2004) ; Briefing du FBI (5 août 2003) ; mémo de la SEC, envoyé par la Division de l’application des lois au Président de la SEC et aux Commissaires : "Pre-September 11, 2001 Trading Review," 15 mai 2002, Interview de Ken Breen (23 avril 2004) ; Interview d’Ed G. (3 février 2004).

L’écrivain Mark H. Gaffney a fait ce commentaire à propos de «  l'innocuité  » de ces transactions :

Notez que… la commission ne dit absolument rien dans sa note de bas de page à propos des 36 autres sociétés identifiées par la SEC dans son enquête sur les possibles délits d’initiés. Qu’en est-il de l’augmentation soudaine des achats de Call Options sur Raytheon, par exemple, ou du pic sur les Put Options de Morgan Stanley, qui avait ses bureaux dans le World Trade Center 2 ? Le rapport de la Commission ne fournit pas un mot d’explication là-dessus. Nous devons en conclure que la vérité se cache entre les lignes du Rapport qui évite soigneusement de parler de la plus grosse part des délits d’initiés [autour du 11/9].

De fait, si les transactions étaient réellement « inoffensives », comme le dit le Rapport, alors pourquoi la SEC a-t-elle muselé les lanceurs d’alertes potentiels (Whistleblowers) dans son enquête ? La réponse la plus probable est que tellement d’acteurs de Wall Street étaient impliqués que la SEC ne pouvait pas risquer l’ouverture d’un procès public, de peur de voir « l’impensable » être exposé devant tous. Cela expliquerait pourquoi la SEC a limité le flot d’information à ceux qui avaient « besoin de savoir », ce qui signifie évidemment que très peu de personnes à la SEC avaient une vision globale de cette affaire.

Cela expliquerait également pourquoi la SEC n’a finalement donné aucun nom. Tout cela fait penser à rien de moins qu’une activité criminelle à Wall Street dans les jours et les heures précédant le 11/9. La SEC était comme le chirurgien qui ouvre un patient sur la table d’opération pour enlever une tumeur, mais qui referme tout après avoir découvert que le cancer s’est propagé en métastases dans tout le corps.

Au tout début de l’enquête, sans doute avant que ses responsables n’aient vraiment conscience des implications, la SEC avait demandé au FBI d’examiner deux transactions suspectes. Nous le savons grâce à un mémorandum de la Commission sur le 11/9 déclassifié en mai 2009, qui résume les propos échangés au cours d’une réunion en août 2003, au cours de laquelle les agents du FBI ont informé la Commission au sujet de l’affaire des délits d’initiés. Le document indique que la SEC a fourni les informations sur les transactions douteuses au FBI le 21 septembre 2001, à peine 10 jours après les attentats.

Bien que pour les deux transactions examinées, les noms aient été censurés dans les documents déclassifiés, nous savons grâce au travail de Kevin Ryan  de qui il s’agissait pour un au moins de ces cas. L’identité de l’opérateur suspect est très étonnante et aurait dû faire la « une » de tous les journaux, au niveau mondial. Kevin Ryan a pu remplir les blancs parce que, fort heureusement, le service de censure a laissé suffisamment de détails dans le document pour remonter à l’identité du suspect, qui n’est autre que Wirt Walker III (ci-dessus, à gauche), un lointain cousin du président de l’époque George Walker Bush.

Plusieurs jours avant le 11/9, Walker et sa femme Sally on acheté 56 000 actions de la sociétéStratesec, une des compagnies en charge de la sécurité au World Trade Center jusqu’au jour des attentats. Notons aussi ce fait remarquable, que Stratesec était aussi chargée de la sécurité à l’aéroport international de Dulles, d’où le vol 77 a décollé le 11/9, et aussi pour United Airlines, qui possédait deux des trois avions prétendument détournés ce jour-là. A cette époque, Walker était directeur de la Stratesec. De façon curieuse, le frère de G.W.Bush, Marvin Bush, figurait aussi parmi les directeurs.

L’investissement de Walker lui a rapporté la coquette somme de 50 000 dollars en quelques jours. Étant donné les liens entre le World Trade Center et la famille Bush, la SEC aurait dû demander au FBI de lancer une vaste enquête. Pourtant, de façon assez incroyable, dans ce qui reste un exemple de malfaisance criminelle, le FBI a conclu que, puisque Walker n’avait aucun lien avec le terrorisme… il n’y avait pas de raison de continuer l’enquête. » Le FBI n’a procédé à aucun interrogatoire.34

Pour les besoins de cet article, j’ai demandé à Kevin Ryan via email s’il pouvait m’envoyer un lien pour son «  superbe travail de détective  ». Ryan, qui fait à mon humble avis partie de la dizaine de personnes dans le monde que l’on doit prendre au sérieux concernant le 11/9, m’a répondu :

Vous faites allusion à mon article : «  Evidence for Informed Trading on the Attacks of September 11  Voir [ici pour la traduction en français  par ReOpen911 - NdT]. Voici les deux références que je cite, et qui sont pertinentes avec ce que vous décrivez : le mémorandum de la Commission intitulé "FBI Briefing on Trading " préparé par Doug Greenburg, le 18 aout 2003.22

Le mémo de la Commission sur le 11/9 qui résume l’investigation faite par le FBI fait référence aux opérateurs (Traders) impliqués dans les achats sur Stratesec. D’après les références dans le document, nous pouvons déduire que deux personnes portaient le même nom de famille et étaient parents par alliance. Cela correspond à la description de Wirt et Sally Walker, qui étaient connus pour détenir des actions de Stratesec. De plus, l’un deux (Wirt) occupait un poste de directeur dans la société, mais aussi dans une compagnie de l’Oklahoma cotée en bourse, Aviation General), et était président d’une société d’investissement à Washington DC (Kuwam Corp). Vous trouverez ici deux autres articles récents sur Stratesec et ses opérateurs. Voir [ici  etici ]

Le cours de l’action Stratesec, dois-je le préciser, est passé de 0,75 dollar par action le 11 septembre 2001, à 1,49 dollar lorsque les marchés ont rouvert le 17 septembre. En tant que compagnie prestataire de sécurité basée sur la technologie pour de grands groupes ou des bâtiments gouvernementaux, Statesec a bénéficié du fort accroissement de la demande en matière de sécurité après le 11/9.

Ce que Ryan m’a écrit à propos d’une autre société sur laquelle il a fait des recherches est également d’une grande importance : il s’agit de Viisage Corp, une autre compagnie «  high-tech  ».

Kevin Ryan  : Fin 2005, George Tenet est passé directeur de Viisage, qui figurait dans la liste de la SEC pour son enquête, mais n’a jamais été inquiétée. Viisage était dirigée par Roger LaPenta, précédemment chez Lockheed.

Sept mois après, en 2006, le directeur du FBI, Louis Freeh [ci-contre - NdT], a rejoint lui aussi la direction de Viisage. On pourrait se dire que, lorsqu’à la fois le directeur de la CIA (le 11/9) et celui du FBI (de 1993 à juin 2001) rejoignent une compagnie suspectée de délit d’initiés autour du 11/9, il pourrait être intéressant [pour le FBI] de revenir sur la façon dont la SEC a traité le cas de cette société. Mais ce ne fut pas le cas. En 2009, [le Prince saoudien] « Bandar Bush » a embauché Louis Freeh comme son principal avocat.

Louis Freeh est aujourd’hui le syndic de faillite de MF Global, une société soupçonnée de manipuler les marchés. Et à propos de son client, l’ex-ambassadeur saoudien, le Prince Bandar, je dois ajouter que nous savons maintenant qu’il a financé indirectement, à travers sa femme, deux des supposés pirates de l’air du 11/9, Khalid al-Mihdhar et Nawaf al-Hazmi voir ci-dessous).35

[ Mais revenons à l’histoire de la destruction des enregistrements. Le 7 septembre, ce ne sont pas seulement des vies humaines, des avions et des bâtiments qui ont été détruits à New York, mais aussi les données contenues dans des ordinateurs et dans des archives. Par exemple, plusieurs agences fédérales occupaient le Bâtiment 7 du WTC, dont laSecurities Exchange Commission, aux étages 11 à 13.

Ces données ainsi que d’autres sources, auraient pu fournir des informations sur les supposés délits d’initiés (même s’il est très étonnant qu’aucune sauvegarde n’ait été stockée ailleurs, indépendamment de ces ordinateurs locaux). En fait, des sociétés spécialisées dans ces techniques [de récupération de données] ont été commissionnées pour récupérer les disques durs endommagés qui avaient été collectés parmi les décombres et la poussière de Ground Zero.

L’une de ces compagnies était le groupe anglais Convar, et plus précisément leur centre de récupération situé dans la ville allemande de Pirmasens. Erik Kirschbaum de l’agence Reuters a rapporté en décembre 2001 que Convar avait réussi à restaurer les informations de 32 ordinateurs, qui confirmaient «  les soupçons de transactions illégales le 11-Septembre. »

«  Il semble que des informations d’initiés au sujet des attentats ont été utilisées pour lancer des transactions financières et envoyer des autorisations dans l’espoir qu’au milieu de tout ce chaos, les criminels auraient, à tout le moins, une bonne longueur d’avance,  » a déclaré le directeur de Convar,Peter Henschel. »36 Convar avait reçu ces commandes assez onéreuses – selon le rapport de Kirschbaun, certaines sociétés ont payé entre 20 000 et 30 000 dollars par disque dur récupéré – en particulier de la part de sociétés de cartes de crédit, car «  nous avons observé une brusque augmentation du nombre de transactions utilisant des cartes de crédit passant par certains ordinateurs du WTC juste avant que les avions ne frappent les Tours Jumelles. Cela pourrait constituer une entreprise criminelle – mais alors comment ont-ils obtenu leurs informations ? Ou bien est-ce juste une coïncidence que 100 millions de dollars aient transité par ces ordinateurs au moment du désastre ?  »37

Les compagnies pour lesquelles Convar a travaillé ont collaboré avec le FBI. Si les données ont été reconstituées, elles auraient dû être communiquées au FBI, et celui-ci, muni de son statut d’enquêteur, aurait dû diligenter de nouvelles recherches sur la base de ces données afin de savoir qui avait effectué ces transactions. À l’époque, Henschel était optimiste et pensait que l’identité des auteurs de ces opérations serait dévoilée.

Richard Wagner, un employé de Convar, a dit à Kirschbaum que «  des transferts illégaux pour plus de 100 millions de dollars ont pu être opérés immédiatement avant et pendant le désastre. "Il semble que certaines personnes aient su à l’avance l’heure approximative du crash de l’avion et aient pu passer des ordres de mouvements pour des montants dépassant 100 millions de dollars," a-t-il déclaré. "Ils pensaient que les enregistrements de leurs transactions ne pourraient pas être récupérés une fois que les serveurs auraient été détruits."  »38

La remarque de Wagner selon laquelle il y aurait eu des «  opérations financières illégales juste avant et pendant la catastrophe du WTC  » rejoint les observations de Michael Ruppert dans son livre : «  Franchir le Rubicon   ».

Ruppert a été contacté par un employé de la Deutsche Bank qui a survécu au désastre en quittant le WTC après le crash du 2e avion.

D’après cet employé, environ 5 minutes avant l’attentat, la totalité du système informatique de la Deutsche Bank a été piratée par quelque chose d’externe que personne dans le bureau ne connaissait, et tous les fichiers ont été téléchargés à la vitesse de la lumière vers une destination inconnue. L’employé, effrayé pour sa sécurité, a perdu beaucoup de ses amis le 11-Septembre, et était parfaitement au courant du rôle joué par la filiale de la Deutsche Bank, Alex Brown, dans les délits d’initiés.39

J’étais curieux et voulu en savoir plus sur Convar au sujet de leur travail de récupération des données des disques durs du World Trade Center (WTC), et aussi sur les déclarations faites par Peter Henschel et Richard Wagner. J’ai donc contacté par écrit l’agence qui représente Convar pour les relations presse. Mais sa réponse fut la suivante :

En raison de contraintes de temps, nous ne pouvons pas vous fournir les informations demandées, ni vous mettre en contact avec aucun interlocuteur pour discuter de ce sujet au nom de notre client.

J’ai également écrit à Kroll OnTrack, un très intéressant concurrent de Convar. La société Ontrack Data Recovery, qui possède aussi des bureaux en Allemagne, a été rachetée par Kroll Inc en 2002 – «  une des plus puissantes sociétés US spécialisées dans la sécurité et les enquêtes privées, qui possède une longue expérience en matière de protection des officiels US, y compris celle du Président. Cela requiert des relations étroites avec le Secret Service.  »40

Au moment des attentats du 11/9, un certain Jerome Hauer (ci-contre) était l’un des principaux directeurs de Kroll Inc. Il s’était occupé auparavant de l’installation du Centre de gestion de crise pour le maire de New York City, alors qu’il était directeur du Bureau de gestion des urgences (Office of Emergency Management, ou OEM), qui occupait le 23e étage du Bâtiment 7 du World Trade Center. Jerome Hauer est celui qui a nommé John O’Neill au poste de responsable de la sécurité du Word Trade Center, et qui a passé la soirée avec John O’Neill la veille du 11/9 à New York, avant que celui-ci ne perde la vie dans le WTC au cours des attentats. Hauer a très vraisemblablement été impliqué dans les exercices Tripod II, l’exercice militaire qui se déroulait [le 11/9] dans le port de New York City.41

Tout cela m’a poussé à m’intéresser de près à ces aspects, et plus précisément à voir si Ontrack ou Kroll Ontrack avaient été sollicitées en 2001 ou après, pour récupérer les données des disques durs des ordinateurs du WTC. La réponse que j’ai reçue de KrollOntrack est la suivante :

Kroll Ontrack n’était pas présent sur site pour la récupération des donnés – les disques durs dans les Tours Jumelles ont été totalement détruits et « vaporisés ». Toutefois, la société Kroll a participé à l’époque à des enquêtes légales concernant des ordinateurs, et s’est occupé d’appareils dans les bâtiments avoisinant le WTC.

Ces deux requêtes ne m’ont finalement rien appris de nouveau. La seule question qui en ressort est : pourquoi Kroll Ontrack m’a-t-elle envoyé une réponse dont il est évident que le contenu ne colle pas avec les faits ? Après tout, j’avais bien spécifié dans ma demande que Convar avait reçu la commande pour récupérer les disques endommagés au World Trade Center (?)

J’ai renvoyé une nouvelle demande, en joignant un lien vers l’article d’Erik Kirschbaum paru dansReuters ainsi que d’autres documents vidéo sur Convar, qui montraient que certains des disques du WTC n’avaient pas été entièrement «  détruits ou vaporisés.  » J’ai formulé ainsi ma question à Kroll Ontrack : «  Votre réponse ne semble pas correspondre aux faits, lorsque vous parlez de disques "complètement détruits ou vaporisés". Vous en tenez-vous réellement à cette version ?  »

Kroll Ontrack est revenue vers moi en m’écrivant que leur précédente réponse ne constituait pas « une déclaration, mais une opinion. »

Je trouve [finalement] quelque utilité à cette réponse, car elle correspond à la connaissance qu’en a le public en général, et cela peut facilement être réfuté en mettant en avant le travail de Convar.

L’un des documents vidéo que je mentionnais dans mon deuxième email à Kroll Ontrack provient du journal télévisé allemand Heute-Journal du 11 mars 2001 sur ZDF, et l’autre vient du documentaire hollandais «  Zembla  » diffusé le 10 septembre 2006.
 

Le reportage de la ZDF montre que Convar a reçu les disques du WTC envoyés par le département américain de la Défense, et qu’en mars 2002, la société avait réussi à récupérer plus de 400 disques durs. Il est aussi mentionné que les sociétés privées qui avaient passé commande pour cette prestation ont payé entre 25 000 et 50 000 dollars par disque. Dans le documentaire « Zembla  », Convar s’en tient à sa position telle qu’elle avait été rapportée par Erik Kirschbaum en 2001.

Évidemment, autour du 11-Septembre, il n’y a pas eu seulement les délits d’initiés sur les Put Options. Il existe des preuves que des transactions financières illégales faites par cartes de crédit pour un montant de plus de 100 millions de dollars ont été effacées des ordinateurs du WTC.

Ces opérations ont été lancées juste avant et pendant la catastrophe du WTC. On ne sait toujours pas ce que le FBI a fait des informations récupérées par Convar. Sans doute pas grand-chose, vu le mémorandum rédigé par la Commission sur le 11/9 et qui a été rendu public en mai 2009.

La Commission sur le 11/9 a interrogé le FBI au sujet de l’utilisation de cartes de crédit dans des affaires d’initiés. Sur la base des informations que lui a fournies le FBI, la Commission a conclu que de telles activités délictueuses n’avaient pas eu lieu, car «  les agents interrogés disent ne pas avoir connaissance de l’histoire des disques durs récupérés ou de leur contenu,  » et déclarent surtout que « tout ce qui se trouvait au WTC a été réduit à l’état de poussière, ce qui rend très peu probable l’hypothèse que des disques durs en aient réchappé.  »42

Pourtant, les travaux de Convar prouvent exactement le contraire.

Mais il y a pire. D’après le documentaire Zembla, le FBI a été impliqué directement dans le projet de récupération des données par Convar. Ajoutons que le reportage de Heute-Journal montrait que Convar travaillait sur ces «  projets hautement sensibles  » en collaboration avec plusieurs agences fédérales du gouvernement des États-Unis.

Nous avons donc une abondance d’informations relatives à des activités de délits d’initiés montrant une préconnaissance des attentats, mais très peu d’éléments matériels qui le prouvent, comme me l’a expliqué Catherine Austin Fitts, une ex-dirigeante et membre du Conseil d’Administration de la banque d’investissement Dillon, Read & Co de Wall Street, lorsque j’ai évoqué avec elle ce sujet.

Question : Mme Fitts, quel est votre sentiment sur les rumeurs de délits d’initiés autour du 11-Septembre ?

Catherine Austin Fitts  : Eh bien, je n’ai jamais vu de preuves concrètes établissant qu’il y ait eu délit d’initié. Tout un tas d’informations circule en provenance de banques d’investissement ou de gens appartenant à la communauté de la Finance, indiquant que des délits d’initiés ont été perpétrés et ont donné lieu à des profits substantiels, en particulier sur le marché des devises et celui des Bons du Trésor, mais encore une fois, tout cela n’a jamais été documenté.

Je pense que lors d’événements comme le 11/9, nous avons assisté à des choses que seuls des délits d’initiés peuvent expliquer. Par conséquent, cela ne me surprendrait pas si ces allégations étaient vraies, car selon moi, le 11/9 a constitué une opération secrète extrêmement profitable du point de vue des transactions financières. Je ne serais pas surprise si l’on découvrait [un jour] que le Exchange Stabilization Fund (ESF) a participé à ces transactions et si une partie des fonds de compensation pour les victimes provient de l’ESF.

Les délits d’initiés surviennent typiquement autour d’événements comme celui-ci, mais si vous voulez le prouver, vous devez être investi du pouvoir d’appel à comparaitre qu’a la SEC, et bien sûr, nous savons tous qu’ils ne l’ont pas exercé. En tout cas, juste après le 11/9, le gouvernement a réglé un certain nombre d’affaires suite, selon moi, à la destruction de nombreux documents lors de l’effondrement du Bâtiment 7 du WTC où la SEC et d’autres services d’enquête gouvernementaux possédaient des bureaux.43

Fitts, qui est l’auteur d’un long article sur le sujet en 2004, a répondu à ma question sur qui aurait tiré profit du 11-Septembre :

Catherine Austin Fitts  : le 11/9 a généré d’énormes profits pour Wall Street, et cet événement a constitué une échappatoire idéale, une porte de sortie inespérée (Get Out of Jail Free card) comme je vous l’ai expliqué. Mais en plus, le principal Broker de bons du Trésor, Cantor Fitzgerald, a été détruit, et il y avait pas mal d’argent qui manquait dans les caisses du gouvernement fédéral ces 4 ou 5 dernières années. Si vous regardez le total des bons du Trésor que cela concerne, on peut difficilement nier que des opérations financières frauduleuses massives ont eu lieu, et donc je trouve très intéressant que cela se soit produit.44

Quelques mots d’explication : le siège de Cantor Fitzgerald était situé aux étages 101 à 105 de la tour nord du WTC. Le 11/9, la compagnie a perdu les 2/3 de ses employés, plus qu’aucun autre occupant du WTC. (Deux autres Brokers en bons du Trésor, Garbon Inter Capital et EuroBrokers, occupaient des bureaux dans les Tours du WTC détruites ce jour-là). Pour en revenir à Fitz, la question est «  Cui bono 9/11 ?  » (À qui le 11-Septembre a-t-il profité ?)

Catherine Austin Fitts : De plus, le gouvernement fédéral a adopté la position selon laquelle ils ne pouvaient pas produire de rapports d’audits financiers puisqu’au Pentagone, le bureau qui émettait ces rapports financiers a été détruit [le 11/9]. Mais vu ce que je sais des procédures fédérales sur les rapports financiers, cette déclaration me laisse extrêmement perplexe.

Inutile de préciser que si l’on prend le gouvernement au mot, cela a constitué une autre échappatoire idéale (Get Out of Jail Free card) pour 4000 milliards de dollars ou plus, qui sont portés manquants dans les caisses du gouvernement fédéral. Et donc, si l’on regarde seulement l’aspect « fraude financière », il y a beaucoup de monde qui a fait des profits à l’occasion du 11/9. Mais une autre conséquence du 11-Septembre, c’est le PATRIOT ACT et toute la série de lois et de règlementations que j’appellerais « The Control on Concentration of Cash Flow Act » (La loi de contrôle et de concentration des liquidités). Cela a donné des pouvoirs incroyables en termes de concentration de l’argent.

Et si vous regardez les politiques monétaires juste après le 11/9 – je me souviens que j’étais à la City de Londres, à bord d’une voiture en compagnie d’un gérant en finance, et quand son téléphone a sonné, il a répondu en mettant le haut-parleur. C’était quelqu’un à Wall Street avec qui il n’avait pas eu de contact depuis avant le 11/9, et il lui a dit : « Oh, Harry, je suis navré de ce qui s’est passé, ça a dû être très traumatisant ! » et l’autre a répondu : « Ne soyez pas ridicule ! [Maintenant] on peut emprunter à court terme et investir à long terme, nous opérons des arbitrages énormes, on se fait des c… en or, c’est la chose la plus lucrative qui nous soit jamais arrivée ! » – et donc, les politiques monétaires et les jeux d’initiés ont permis à l’époque de faire des profits et d’alimenter les banques, ce fut une période très rentable.

Mais bien sur le « Big Money » a été utilisé pour un changement significatif au niveau de notre déploiement militaire à l’étranger, en Afghanistan, puis en Irak… On voyait bien que le pays se préparait à entrer en guerre. Et ce qui est sûr, c’est que le 11/9 a été utilisé comme prétexte pour aller faire la guerre en Afghanistan, en Irak, et pour lancer quantité d’actions, et les difficultés de budget que nous connaissons actuellement viennent en grande partie de ces dépenses faramineuses dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak, et de ce qu’ont coûté le déploiement et l’engagement des troupes dans cette espèce de construction de l’Empire à l’aide de la force militaire terrestre.

Par conséquent, si vous vous demandez « Cui bono 9/11 ? », la réponse est : tous ceux qui ont gagné de l’argent en générant la peur du peuple, chose dont ils avaient besoin pour aller faire ces guerres. Pour moi, que l’on parle de fraude financière, d’instauration de nouvelles lois, ou d’entrées en guerre, [le 11/9] a constitué une opération secrète incroyablement rentable.45

Parmi tous ceux qui ont bénéficié du 11/9, on peut citer les fabricants d’armements, comme Raytheon, dont le cours de l’action a directement profité des attentats du 11-Septembre. L’action Raytheon, qui produit les missiles Tomahawk et Patriot (et dont la maison-mère E-Systems a pour clients, entre autres, la National Security Agency et la CIA) a vu le nombre d’achats de Call Options[pari à la hausse – NdT] multiplié par 6 la veille du 11-Septembre.46

L’achat unilatéral de Call Options implique que l’acquéreur s’attendait à une hausse du cours de l’action. Dans la semaine qui a suivi les attentats du 11/9, lorsque la bourse de New York a rouvert ses portes, la valeur de l’action Raytheon avait considérablement grimpé. Si l’on étudie l’évolution du cours, on voit que l’action a très peu progressé avant les attentats, et ensuite, une fois que les marchés ont repris, on observe une «  hausse brutale  » (avec des volumes substantiels). Exprimé en chiffres, 25 dollars avant le 10 septembre (point bas durant la période entre le 20 août et le 28 septembre, à 31,50 dollars le 17 septembre, puis 34,80 dollars le 27 septembre.


Source  : finance.yahoo.com
(Cliquez pour l’agrandir l'image)

 

En ce qui concerne les bons du Trésor, ceux qui ont acheté des bons à 5 ans ont aussi été gagnants. Ces titres ont été achetés en quantité très inhabituelle juste avant les attentats. LeWall Street Journal a rapporté début octobre 2001 – entre autres – que le Secret service avait lancé une enquête sur les importants volumes d’achats suspects de bons du Trésor US avant le 11/9. LeWall Street Journal explique :

Les Bons à 5 ans sont le meilleur investissement en cas de crise globale, en particulier si les États-Unis sont touchés. Ces titres sont acquis pour leur sécurité, car ils sont garantis par le gouvernement US, et en général leur prix grimpe lorsque les investisseurs boudent les titres plus risqués, comme les actions.47

Ajoutons à ce phénomène le fait que le gouvernement émette ces bons comme base pour la création de la monnaie utilisée pour financer une guerre, comme celle «  contre la terreur  » déclarée immédiatement après les attentats, et qui a mis à contribution les missiles Tomahawks de Raytheon. Et il n’est pas inutile regarder également la question du «  Cui bono  ? » :

La réserve fédérale US crée la monnaie pour financer la guerre et la prête au gouvernement américain. Celui-ci en retour doit payer des intérêts sur cet argent qu’elle emprunte à la Banque centrale pour payer les frais de guerre. Plus il est fait d’achats d’armements, plus les profits des banques augmentent.48 Une combinaison d’intérêts multicouche, pour ainsi dire.

J’ai évoqué le sujet des délits d’initiés autour du 11/9 avec l’un des plus grands opérateurs au monde, situé à l’intersection entre les marchés internationaux des capitaux, la politique nationale boursière des USA, et la géopolitique. Son nom, James G. Rickards. Il m’a apporté quelques éléments de réponse lors d’une discussion informelle, qu’il m’a autorisé à répéter ici.

Question : Des activités financières suspectes sur des Put Options non couvertes ont-elles été effectuées sur les marchés à terme juste avant le 11-Septembre ?

James G. Rickards : Eh bien, les documents sur ces transactions soulèvent en effet quelques questions. Il est un fait que des volumes inhabituellement importants d’achats de Put Options se sont produits au cours des trois jours précédant les attentats. On parle ici d’un fait établi, pas de spéculation ou de devinettes. Cela ressort clairement de la documentation des séances sur les échanges de produits dérivés.

Question : Pensez-vous que ces informations aient pu être perçues comme des signaux d’avertissement par les services US de renseignements ?

James G Rickards : En théorie c’est possible, si vous restez attentifs et que vous surveillez cela. Mais des informations bien plus significatives ont été ignorées.

Question : Pensez-vous que des personnes ayant eu connaissance à l’avance [des attentats] ont spéculé sur le marché des Options ?

James G Rickards : Si je m’en réfère à la documentation sur les opérations financières de ces séances, il semble en effet que ce soit le cas, oui.

Résumons tout cela. Nous avons, entre autres :

  1. L’impressionnant travail de recherche fait par Kevin Ryan, à propos de Stratesec et Wirt Walker III,
  2. Des informations contradictoires à propos de Convar et des transactions illégales par cartes de crédit,
  3. Des articles scientifiques soutenant la thèse d’une activité anormalement forte sur les marchés des options avant les attentats terroristes du 11-Septembre, même si la Commission sur le 11/9 (en se basant sur les investigations de la SEC et du FBI) a exclu cette hypothèse.

Tandis qu’il devenait de plus en plus évident que j’allais publier ces lignes sur Asia Times Online, j’ai contacté le FBI à travers son attaché de presse, Paul Bresson, de manière à «  donner au FBI la possibilité de prendre position publiquement sur les 3 points  » listés ci-dessus. Pour chacun d’eux, j’ai demandé à M. Bresson/(au FBI) : «  Avez-vous une déclaration publique à faire à ce sujet ?  » A ce jour, M. Bresson (le FBI) n’a pas cru bon de répondre à ma requête, de quelque façon que ce soit. Mais est-ce vraiment surprenant ?

J’ai aussi relancé la société chargée des relations publiques du groupe Convar en Allemagne. Leur réponse fut : «  Malheureusement, je dois vous informer que la position sur le sujet n’a pas changé, et que d’une manière générale, Convar considère l’affaire du 11/9 comme close.  »

Comme vous l’avez lu plus haut, la position en août dernier était assez différente.

Enfin, pour conclure cet article, je dois sans doute mentionner le fait que ces recherches ont eu un impact assez négatif sur ma situation personnelle. Après que j’eus contacté le FBI, j’ai été informé par la société diffusant un site Web spécialisé en Finance qui me passait commande d’interviews professionnelles (et pour lequel j’avais des travaux déjà prévus), que plus aucune coopération entre nous n’était possible. Maintenant que le FBI m’avait d’une manière ou d’une autre dans sa ligne de mire, toute association avec moi devenait [soudain] indésirable.

De toute façon, on connait les règles.

En ce qui concerne les transactions anormales effectuées autour du 11-Septembre, j’ai envie de laisser le mot de la fin [au spécialiste financier] Max Keiser, qui souligne bien l’importance de cette affaire :

Max Keiser  : Indépendamment de qui l’a fait, nous savons que de nombreuses personnes savaient à l’avance [pour les attentats]. Les opérations sur les marchés d’options le montrent clairement.

 

Lars Schall

 

Note : (*) Lars Schall est un journaliste allemand spécialiste de la Finance. Cet article est un extrait (modulo quelques modifications) de son livre Mordanschlag 9/11. Eine kriminalistische Recherche zu Finanzen, Ol und Drogen(Assassinats du 11/9 : Une recherche criminologique dans la Finance, le pétrole et le trafic de drogue), publié en Allemagne par Schild Verlag.

 

Notes de l’auteur :

[i] PROMIS a été développé initialement par Inslaw dans les années 1970 dans le cadre de contrats et d’accords du Law Enforcement Assistance Administration (LEAA). Ces garanties ont permis au gouvernement d’obtenir des licences l’autorisant à utiliser les premières versions de PROMIS sans toutefois pouvoir modifier le logiciel, élaborer d’autres fonctions dérivées ou redistribuer à des entités non-gouvernementales. En 1982, suite à un profond désaccord sur les coûts de licence, (La modification 12 de l’accord sur le contrat original), le département américain de la Justice et la société Inslaw Inc. s’affrontèrent au cours d’un procès qui reçut une large publicité. L’objectif initial de PROMIS était de fourni un système de gestion des affaires pour les procureurs. (Source Wikipedia.)


1. Voir : Michael C Ruppert, Crossing the Rubicon : The Decline of the American Empire at the End of the Age Of Oil, New Society Publishers, Gabriola Island, 2004, page 152. Paru en français chez Nouvelle Terre
2. Ibid, page 153.
3. Ibid, page 154-155.
4. Ibid, page 170.
5. Ibid, page 238-253 : "9/11 Insider Trading, or ‘You Didn’t Really See That, Even Though We Saw It’."
6. Ibid, page 239.
7. Voir : Chris Blackhurst, "Mystery of terror ‘insider dealers’ ", par dans The Independent le 4 octobre 2001, voir 
ici . 
8. Voir : "Profits of Death", paru sur From the Wilderness le 6 décembre 2001, voir 
ici . 
9. Pour le fait que ce fut George Tenet qui recruta Krongard, voir : George Tenet, At the Center of the Storm, Harper Collins, New York, 2007, page 19. 
10. Voir : Marc Chesney, Remo Crameri and Loriano Mancini, "Detecting Informed Trading Activities in the Option Markets", Université de Zurich, april 2010, en ligne 
ici  pour la version anglaise ou en R-News ici  pour une traduction de la partie sur le 11-Septembre 
11. Nafeez M Ahmed : Geheimsache 09/11. Hintergründe uber den 11. September und die Logik amerikanischer Machtpolitik, Goldmann Verlag, Munich, 2004, page 182. (traduit de l’allemand en anglais.) 
12. Voir : Michael C Ruppert, Crossing the Rubicon, page 244-247. 
13. Wing-Keung Wong, Howard E. Thompson und Kweehong Teh : "Was there Abnormal Trading in the S&P 500 Index Options Prior to the September 11 Attacks ?", publię par Social Sciences Research Network, avril 2010, voir 
ici . 
14. Voir : "Bank of America among 38 stocks in SEC’s attack probe", publié par Bloomberg News le 3 octobre 2001, archivé 
ici . 
15. Michael C Ruppert : Crossing the Rubicon, page 243.
16. Ibid.
17. "Suppressed Details of Criminal Insider Trading Lead Directly into the CIA’s Highest Ranks", publié sur From the Wilderness le 9 octobre 2001, voir 
ici . 
18. Voir "Early September 2001 : Almost Irrefutable Proof of Insider Trading in Germany", paru sur History Commons, voir 
ici . 
19. Allen M Poteshman : "Unusual Option Market Activity and the Terrorist Attacks of September 11, 2001", publié dans The Journal of Business, presse de l’Université de Chicago, 2006, Vol 79, Edition 4, page 1703-1726.
20. Wing-Keung Wong, Howard E Thompson und Kweehong Teh : "Was there Abnormal Trading in the S&P 500 Index Options Prior to the September 11 Attacks ?", Voir note 13.
21. Ibid. Les auteurs se réfèrent à Erin E Arvedlund : "Follow the money : terrorist conspirators could have profited more from fall of entire market than single stocks", publié dans Barron’s le 8 octobre 2001.
22. Wong, Thompson, Teh : "Was there Abnormal Trading in the S&P 500 Index Options Prior to the September 11 Attacks ?"
23. Ibid.
24. Ibid.
25. Marina Alcaraz : "11 septembre 2001 : des volumes inhabituels sur les options peu avant l’attentat", publié dans Les Echos, page 34, 10 septembre 2001, en ligne 
ici . 
26. Marc Chesney, Remo Crameri and Loriano Mancini : "Detecting Informed Trading Activities in the Option Markets", voir note 10.
27. Ibid.
28. ibid.
29. Ibid.
30. Voir : Marc Chesney, Remo Crameri et Loriano Mancini : "Detecting Informed Trading Activities in the Option Markets", publié par l’
 Université de Zurich le 7 septembre 2011, Voir ici

  1. Lars Schall : "Sapere Aude ! ", Interview en allemand avec le Dr Daniele Ganser, publiée sur LarsSchall.com le 18 août 2011
  2. Lire la copie de la lettre de la SEC  sur le site MaxKeiser.com
  3. Concernant cette affirmation, voir Matt Taibbi : "Is the SEC Covering Up Wall Street Crimes ? ", publié sur Rolling Stone le 17 août 2011
  4. Mark H Gaffney : "Black 9/11 : A Walk on the Dark Side ", publié dans le Foreign Policy Journal le 2 mars 2011 
  5. Voir Peter Dale Scott : "Launching the US Terror War : the CIA, 9/11, Afghanistan, and Central Asia ", The Asia-Pacific Journal, Vol 10, Issue 12, No 3, 19 mars 2012. (Une traduction française paraitra bientôt en ReOpenNews) 
  6. Erik Kirschbaum : "German Firm Probes Last-Minute World Trade Center Transactions ", publié sur Reuters le 19 décembre 2001
  7. Ibid.
  8. Ibid.
  9. Michael C Ruppert : Franchir le Rubicon, page 244. [les numéros de page correspondent à la version anglais - NdT)]
  10. Ibid, page 423.
  11. Ibid, page 423-426.
  12. Mémo de la Commission sur le 11/9 : "FBI Briefing on Trading ", daté du 18 août 2003, page 12
  13. Lars Schall : "9/11 Was A Fantastically Profitable Covert Operation ", Interview de Catherine Austin Fitts, publiée le 3 septembre 2011
  14. Ibid. Voir aussi à propos du "Cui bono ?"de la Catherine Austin Fitts : "9-11 Profiteering : A Framework for Building the ‘Cui Bono’ ?", publié sur GlobalResearch.ca, le 22 mars 2004
  15. Lars Schall : "9/11 Was A Fantastically Profitable Covert Operation ", voir note de bas de page 42. 
    Compare "Bank of America among 38 stocks in SEC’s attack probe", Voir note de bas de page 14. "A Raytheon option that makes money if shares are more than $25 each had 232 options contracts traded on the day before the attacks, almost six times the total number of trades that had occurred before that day. A contract represents options on 100 shares. Raytheon shares soared almost 37 percent to $34.04 during the first week of post-attack US trading." 
  16. Voir Barry Grey : "Suspicious trading points to advance knowledge by big investors of September 11 attacks," publié sur leWorld Socialist Web Site le 5 octobre 2001
  17. J S Kim : "Inside the Illusory Empire of the Banking Commodity Con Game," publié dans The Underground Investor le 19 octobre 2010
 
 

Notes de la rédaction : (*) Quelques définitions

  • Définition de Short selling  : Parfois les Market makers vendent à découvert (ou à crédit). C’est à dire qu’ils vendent des actions qu’ils n’ont pas, à un investisseur ou à un autre Market maker. Cette stratégie permet à des Market makers qualifiés d’anticiper sur un retournement du marché qui leur permettra alors d’acheter les actions au client qui voudra les revendre.
  • La règle de la vente à découvert  : Cette règle a été mise en place par le NASD afin de protéger les investisseurs et interdire aux membres du NASD de vendre une action cotée sur le Nasdaq NM au prix "BID" quand celui-ci est inférieur au précédent BID (rappelons que le BID est le prix qu’un investisseur ou un Market Maker est prêt à payer pour acquérir une action et non pas pour la vendre !). Mise en place pour interdire la vente à découvert dans le cas d’un marché en baisse, cette régle autorise la vente à découvert uniquement à bon escient pour garantir une liquidité des titres. Source : bourse.fornewbs.net
  • Définition d’une "Option de vente" (Put Option) : L’option de vente s’analyse comme une promesse d’achat (un engagement d’acheter), accordée par le vendeur de l’option de vente à l’acheteur de l’option. Ce dernier peut ne pas exercer son option, mais s’il le décide, le vendeur est tenu de lui acheter le sous-jacent. Equivalent anglais : Put option (Pour plus de détails, voir la page 570 du Vernimmen 2010 )

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