Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Debbe Sidi Zeine, DG de la SONIMEX : "Le plus important est de vérifier et faire en sorte que ces produits soient bien destinés aux populations nécessiteuses"


Economie
Mardi 13 Mars 2012 - 10:31

L’opération Emel 2012 est la continuité des boutiques de solidarité de 2011. Lancée par le premier ministre Mohamed Ould Laghdaf le 29 Janvier dernier pour venir en aide aux populations dans un contexte de crises financière et alimentaire, les populations situées au niveau du seuil de pauvreté ont droit quotidiennement à 2kg de riz, 1kg de sucre, 1l d’huile et 1kg de pattes. Il y a 300 boutiques à Nouakchott et 749 à l’intérieur du pays. Cette action est cible parfois de détournements de produits vers les marchés parallèles. Dans cet entretien, l'actuel directeur général de la SONIMEX, Debbe Sidi Zein évoque la politique de gestion de ces boutiques EMEL.


Debbe Sidi Zeine, DG de la SONIMEX : "Le plus important est de vérifier et faire en sorte que ces produits soient bien destinés aux populations nécessiteuses"
Quels sont les objectifs de l’opération Emel 2012?

La mission fondamentale de la SONIMEX en ce sens, est d'approvisionner les boutiques, payer le personnel, récupérer les sous obtenus par les boutiques. Elle tire ses ressources des 43 milliards disponibilisées pour l’opération Emel 2012 qui contient quatre volets (produits alimentaires, distribution aliments de bétails, forage de puits et le volet distribution gratuite-).

L’objectif est de faciliter le service aux populations, en leur évitant notamment d'éviter les longues files d’attente qui existaient avant avec les boutiques de Solidarité. Nous avons tiré la leçon de cette expérience, et maintenant le service est plus rapide, mieux organisé. La différence notoire, c’est qu'Emel 2012 a créé presque 1200 emplois; l’important étant de s’assurer que les produits vont bien aux populations et ne sont pas détournés vers les marchés parallèles.

La part des produits subventionnés a-t-elle augmenté pour cette opération?

Pour cette opération, il y a quatre produits qui sont subventionnés, dont le sucre vendu à 200UM, alors que sur le marché on le trouve entre 280 et 300UM, le riz à 130 UM, l’huile à 300UM mise en vente à 400 ou 500 UM parfois sur le marché, et les pâtes vendues à 240 UM. Chaque boutique est conçue pour approvisionner une centaine de familles par jour, avec un quota de produits qu’elle doit vendre quotidiennement. Elle ne doit pas dépasser ce taux. Ces produits subventionnés, si vous les sortez sur le marché, peuvent donc rapporter gros à d'éventuels fraudeurs. Il faut vraiment faire attention à ce que ces produits ne soient pas détournés.

Quelles différences fondamentales avec l'opération Solidarité 2011?

Le volet boutique de l’opération Emel 2012 concerne les produits alimentaires vendus à des prix subventionnés. C’est la continuation de l’opération solidarité mis en place en 2011confié à l’époque à la fédération nationale du commerce car à l’époque la SONIMEX ne disposait pas de produits nécessaires pour réaliser l’opération.

La fédération avait monté un dispositif très simple: les produits subventionnés étaient déposés dans des boutiques existantes, les commerçants étaient chargés de vendre ces produits et ses propres produits dans la même boutique. Il était difficile alors de connaitre les produits subventionnés de ceux qui ne l’étaient pas : le service était lent et exposaient les populations à faire de longs rangs.

Emel 2012, a voulu corriger cet état de fait; ainsi les éléments subventionnés sont déposés dans des boutiques spécifiques louées uniquement pour l’opération Emel 2012. Une autre différence aussi c’est que l’état a recruté trois personnes (un gérant, un vendeur et un gardien, les deux premiers sont recrutés parmi les diplômés chômeurs.

L’autre différence, c’est qu’il y a un contrôle des boutiques effectué par des superviseurs; ces derniers vont constater les produits qui manquent ou non, s’assurer du stockage des boutiques, et des recouvrements. Avant, la fédération de commerce ne contrôlait presque pas alors que maintenant il y a un système de contrôle permanent pour voir si les choses se déroulent normalement. Le système de suivi et de contrôle du programme EMEL dépend du premier ministère.

Y-a-t-il eu des cas de détournements?

Un cas de tentative de fraude a été constaté il y a deux semaines à Toujounine entre le gérant, le gardien, le vendeur et le surveillant. Ils ont été licenciés immédiatement, et remplacés. Ce sont des choses que nous surveillons étroitement, car la tentation de détournement est particulièrement grande, surtout si dans le circuit de contrôle on constate du laxisme. Il est important de vérifier et faire en sorte que ces produits soient bien destinés aux populations nécessiteuses.

Rencontrez-vous des difficultés particulières dans la gestion des boutiques?

Fondamentalement nous avons des problèmes par rapport aux diplômés chômeurs impliqués à travers l’agence nationale pour l'emploi des jeunes (ANAPEJ-ndlr) dans l’opération, sans recevoir de formation préalable dans ce genre de service. Il leur manque encore la pratique dans la gestion d’une boutique. Nous avons des problèmes récurrents liés à la manipulation de la logistique : on nous dit que la balance ne marche pas alors que c’est un problème de réglage, des problèmes de pesées par rapport aux sacs qui ne sont pas suffisamment plein la plupart du temps. Ce sont des choses qui vont se régler avec le temps.

Quels sont les enjeux actuels?

Mon souci majeur, c’est d’assurer un approvisionnement continu de ces boutiques, de faire un contrôle strict pour que les produits aillent aux populations et ne soient pas détournés pour être vendus sur le marché parallèle, tel est le défi à relever car c’est un service destinés aux populations. Il faut vraiment améliorer le service de ces boutiques placées dans les quartiers les plus pauvres. On compte 43 boutiques à Riad, suivi d’El Mina avec 39 boutiques, de Teyarett de Dar naim et de Toujinine.

Je pense que c’est une bonne opération si elle est bien surveillée, si elle n’est pas détournée de son objectif, et que les populations contribuent à la bonne marche de cette opération, en nous transmettant leur doléances, en se plaignant directement au plus haut niveau, car il y a souvent de la rétention d'information au niveau de la bureaucratie, qui ne veut pas être sanctionnée.

Propos recueillis par Awa Seydou Traoré
Mamoudou Kane


              


1.Posté par BA Mousa batchily le 14/03/2012 08:49
Monsieur le DG, j'ai lu avec intérêt votre intervention sur EMEL 2012 dans la presse électronique. Je vous remercie pour votre clarté. Je n'ai pas pu accéder au document conceptuel de EMEL 2012, cependant je comprends vos inquiétudes par rapport à la gestion des boutiques. Il se trouve que le Gouvernement a mobilisé auprès de la Banque Mondiale un financement pour réaliser un projet dit PDRC dont l'une des acions a été l'ouverture de boutiques communautaires dans 856 villages ruraux. Pourqoui ne pas utiliser ces boutiques pour acheminer les produits à ces populations qui assurent elles mêmes la gestion. Je suis disponible pour apporter une contribution. Courage. Moussa batchily BA, consultant, Bamako, Mali

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires