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Noorinfo

De la prison à la présidence : Ould Dadde réussit son bizutage…


A.O.S.A
Jeudi 18 Août 2016 - 01:01


 

Contrairement à beaucoup de gens, je n’ai pas été surpris de la nomination d’un repris de justice à la présidence car d’une part ce n’est pas une nouveauté, c’est même devenu une banalité : la présidence, le conseil des ministres et celui de plusieurs grandes entreprises publiques n’ayant rien à envier aux prétendants à la prison de Dar Naïm vu qu’on y trouve de tout : des présumés innocents qui attendent leur procès et des coupables qui crient leur innocence.

 

D’ailleurs si Aziz n’avait pas réussi son deuxième coup d’état, il serait lui-même en prison sauf sous le régime radical de Haidallah car ce dernier l’aurait envoyé ad patres. C’est dire combien en Mauritanie désormais tout se vaut : l’honnête étant souvent le dindon de la farce car s’il n’y a personne pour défendre le bien public alors le bien public n’appartient à personne sinon à celui qui incarne l’autorité et tient les forces de l’ordre ou de son ordre…

 

Aussi face aux agissements, entre le captif de Dar Naïm et son collègue reconverti en ministre, en conseiller en salades ou chargé de mission fantôme à la présidence, tout est une question de réglage de la machine à laver : on en sort blanchi, noirci mais rarement lavé de tout soupçon car de la calomnie il reste toujours quelque chose…

 

Peu importe finalement car seuls ceux qui sont en mesure de changer les choses doivent s’intéresser à tout cela or il se trouve qu’ils sont souvent juges et parties.

 


Le citoyen lambda, pauvre de lui, regarde tout ça de loin  juste pour s’intéresser au vrai mystère de la chose en ce qui concerne Mohamed Lemine Ould Dadde car son affaire est en soi quelque chose de bizarre car Dadde n’est pas né du milieu « mafieux » ou du moins prédateur, il est sensé n’avoir aucun protecteur de taille surtout que c’est un ancien de Conscience et Résistance qui compte encore au sein de l’appareil d’état et de l’armée des ennemis jurés même s’ils sont de plus en plus dans le wagon de la retraite.

 

Alors à quoi joue Dadde ? Comment a-t-il réussi cette opération de monopoly qui fait passer de la prison à la rue de la Paix où tout vaut de l’or ? Que gagne Aziz dans cette opération ?

 


Le professeur Ely Mustapha vient d’écrire une énième tartine sur le sujet à partir d’une interview que je viens de lire, celle accordée par Ould Dadde à Jeuneafrique au sortir de sa captivité.

 

Le Pr Mustapha a étalé toutes les possibilités du grand ou du faux mystère dont Ould Dadde fait grand cas à savoir ce que se sont dit Aziz et lui après l’audience accordée au repris de justice sitôt le nez dehors.

 

Le Pr Mustapha a oublié un détail de taille dans cette interview…

 

 

 


D’abord Ould Dadde a-t-il mérité ses 20 mois de prison ? Il répète partout même dans cette interview qu’il est innocent et qu’il peut le prouver sans jamais l’avoir fait depuis 3 ans. Pourquoi ne pas prouver son innocence puisqu’il dit qu’il a les preuves pour le faire ? Soit il bluffe auquel cas il a bien mérité son séjour en prison soit il ne bluffe pas alors l’IGE qui l’a envoyé là-bas mérite d’y aller à sa place…

 

Pourquoi Ould Dadde dit-il haut et fort qu’il garde pour lui ce qui s’est dit entre Aziz et lui ? Avant sa nomination, cette confidence comptait pour zéro, désormais elle vaut de l’or… mais pas forcément celui qu’on croit…

 

Si Dadde a demandé une audience au chef de l’état c’était pour lui dire quelque chose, jouer une carte mais s’il s’était dit entre eux quelque chose de sensible et qu’un pacte a été conclu moyennant patience, jamais Dadde n’aurait osé en faire mystère, il aurait pu parler diplomatiquement assurant qu’il tenait à remettre au chef de l’état en personne une lettre pour sa défense dans cette affaire au nom de son honneur et que le chef de l’état, bien que ne voulant pas interférer dans les sanctions de la justice, a dit qu’à titre personnel il est prêt à entendre par principe tout citoyen s’il a l’occasion de le rencontrer.

 

Au lieu de ça ou d’autre chose plus vaseux pour noyer la teneur de leur échange, Dadde a dit ostensiblement qu’il garde pour lui la teneur de l’échange.

 

Pour ma part, je doute que quiconque puisse faire contre Aziz le moindre chantage ni directement ni indirectement à propos de révélations car sur Aziz tout a été dit jusqu’à des enregistrements sonores. D’ailleurs même s’il avait rang de ministre et qu’il fréquentait ce petit monde qui ne vaut rien aux yeux d’Aziz puisqu’il peut nommer et dégommer n’importe  qui à tort ou à raison et le nommer n’importe où, que peut bien connaître Dadde à part des potins véridiques ou non ?

 

Par contre Aziz craint apparemment tous ceux qui ont un carnet d’adresses à l’extérieur et qui sont capables d’écrire des livres ou faire des films qui pourraient avoir un retentissement accablant. On a vu ça avec Abderrahmane Sissoko et son complice Beyrouk et l’affaire  du film Mettou la hartania. Film enterré vif pour deux postes comme conseillers à la présidence chargés de la culture pour Sissako et Beyrouk qui depuis écrit tout sauf sur les sujets brûlants…

 


C’est ce détail que le professeur Ely Mustapha oublie dans l’interview de Dadde où jeuneafrique annonce «  Aujourd’hui, Mohamed lemine Ould Dadde, 45 ans, va mieux et prépare un livre… ». 

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chezvlane


              

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