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De l’impossibilité du journalisme d’investigation en Mauritanie : un mot à Mediapart…


A.O.S.A
Samedi 5 Octobre 2013 - 23:27


De l’impossibilité du journalisme d’investigation en Mauritanie : un mot à Mediapart…
Tous ceux qui se piquent de journalisme, ont appris par la presse que le célèbre site d’information Mediapart participe activement à une formation en journalisme d’investigation  destinée aux professionnels de Mauritanie, du Maroc, de l’Algérie et de Tunisie. Il s’agit de 4 sessions intensives de 4 jours à Tunis. Certains orgueilleux ont tout de suite décliné à l’annonce de la formation car cela signifierait qu’ils ne sont pas déjà assez formés pourtant toute la république reçoit régulièrement des formations même nos magistrats via un programme de l’union européenne sans qu’ils en fassent une crise d’orgueil.
 
Là les 4 voyages ne semblent pas de tout repos quand on lit « l’appel à candidature ». Il ne s’agit pas d’une promenade surtout que certains observateurs estiment que l’Europe sous-traite de plus en plus ses formations en Afrique dans les pays les plus près de l’Europe car il arrive hélas souvent que les invités disparaissent dans la nature ; raison pour laquelle même la FFRIM conserve les passeports de nos sportifs en déplacement à « l’étranger » comme on dit, ce qui signifie «pays développés du nord et non le reste du monde fatigué comme chez nous ou presque» ; cette mesure est valable désormais pour toute sortie officielle. Passons…
 
En vérité, pour ce qui nous occupe à savoir la formation Mediapart et associés, le gros problème de tous nos journalistes est de présenter un sujet d’investigation qui réponde à la rigueur de l’appel à candidature car en Mauritanie, il n’y a jamais eu de journaliste d’investigation ayant à son crédit la moindre enquête explosive digne de ce nom et ce, non pas qu’il n’y ait pas sujets à mille d’enquêtes explosives mais surtout parce quelque chose empêche tout candidat à l’investigation à aller jusqu’au bout.
 
Voyons cela : pourquoi dans ce pays après plus de 30 ans de gabegie, il n’y a jamais eu d’enquête d’investigation digne de ce nom sinon au rayon sanglant ? On trouve mille publications sur les divers évènements sanglants qui ont secoué ce pays mais il s’agit souvent d’œuvres d’ONG, de partis politiques ou d’intellectuels engagés mais rien sur le reste à savoir les crimes économiques ou l’organisation tribale du pouvoir même si à l’époque de l’organisation Conscience et Résistance, on a pu avoir quelques publications sur le sujet qui ne sont plus d’actualité sauf quand ils s’agit du descriptif d’une méthode ; sujet largement abordé dans des thèses de science politique mais de journalisme d’investigation, rien ! Pourquoi ?
 
Pourquoi pas le moindre livre sur les dynasties de pillards qu’on présente aujourd’hui comme des saints ? Pourquoi pas le moindre livre sur les activités économiques des militaires, leurs avoirs, leurs réseaux ? Pourquoi rien de sérieux sur rien à part des généralités ou des accusations à tout-va dans quelques colonnes de canards à sec dans le vague ?
 
En vérité, si les journalistes d’investigation ne publient rien c’est que la rétention d’information fait vivre tout ce monde-là. Tout le monde sait que chaque baron de la presse a de quoi faire exploser la république s’il se mettait à parler en risquant la faim ou la prison. Nous avons des journalistes d’infestations qui savent tout sans quitter leur bureau ou juste en fréquentant les salons où tout se sait. Chacun sait tout et peut vous servir de guide dans les rues de Nouakchott pour vous indiquer à qui appartient chaque maison, chaque boutique, chaque palais ; qui est derrière tel marché, qui tient quoi. Une vaste toile araignée que tout journaliste digne de ce nom connaît mais dont il ne dira jamais un mot car il vit du silence vu qu’au-delà des dossiers qui servent à racketter les responsables, il y a aussi que dans nos pays, l’information est plus précieuse qu’ailleurs car elle circule par des canaux qui craignent la moindre fuite sérieuse car alors on peut vite remonter à la source.
 
Ainsi le premier qui parle devient l’homme à éviter car ici plus qu’ailleurs l’information est vitale pour ne pas vivre dans le brouillard, il faut savoir pour savoir comme la reine d’Angleterre car le tout est de savoir c’est tout. Savoir, c’est prévoir, prévoir c’est survivre. Ceux qui sont out de l’information parlent dans le vide en amusant la galerie.
 
Ne comptez pas sur un ces journalistes pour l’ouvrir. D’ailleurs informer qui ? En Europe, quand la vérité sort, ça fait scandale car le peuple découvre ce qui se passe. Chez nous, demandez à n’importe quel citoyen lambda jusqu’aux plus éminents intellectuels, tous vous diront que c’est un pays de voleurs.
 
Chacun sait que nos hôpitaux sont des mouroirs, que l’éducation est ruinée, que l’état est gangrené  par la corruption, l’incompétence, le trafic d’influence, le tribalisme, les faux diplômes, de là l’état du pays dont la capitale est un authentique miroir. Faire une enquête, c’est dire ce que tout le monde sait sans en avoir tous les détails ; de là que l’information ne fait pas scandale. Un feu de paille sur internet et dans les journaux qui publient à 500 exemplaires jour ou 1000 pour les hebdos, autant dire le désert...
 

appel_a_candidature_formation_regionale_investigation.pdf Appel à candidature Formation régionale INVESTIGATION.pdf  (425.99 Ko)

chezvlane


              

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