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Daesh : l'État islamique sort son appli


Culture
Vendredi 14 Août 2015 - 15:35

Des militants de l'organisation terroriste auraient mis au point une plateforme mobile présentant photos de combat et messages de propagande.


L'État islamique poursuit sa propagande sur la Toile. Déjà très actifs sur les réseaux sociaux, ses membres auraient cette fois conçu une plateforme mobile à destination des sympathisants du groupe terroriste avides de connaître les dernières actualités de l'EI.

L'information nous vient de la micro-entreprise américaine SITE Intelligence Group, réputée, entre autres, pour avoir diffusé auprès des services de presse internationaux la vidéo de revendication par Al-Qaïda  de l'attentat contre Charlie Hebdo, en janvier dernier.

Troisième appli


À l'en croire, cette application offrirait à ses usagers la possibilité de consulter dans un mélange d'anglais et d'arabe les récentes parutions de l'organisation djihadiste dirigée depuis 2010 par l'Irakien Abou Bakr al-Baghdadi. Classées par catégorie, elles regroupent photos de combat, bulletins radiophoniques quotidiens réalisés par la radio islamique Al-Bayane, contenus visuels en tout genre et divers communiqués.

Compatible avec Android, le système d'exploitation développé par Google, elle n'est toutefois pas téléchargeable via Google Play Store, la boutique d'applications classique. Sur son site, The Independent  précise qu'il est possible de se procurer « Nouvelles Android » – comme l'ont baptisée ses créateurs – en piratant un code capable de faire fonctionner l'appli sur son téléphone. Un nom sobre pour une présentation sans ambages : « Cette application diffuse les dernières nouvelles de l'État islamique. »

Sur Twitter, le correspondant de RFI en Tunisie et auteur du livre Les Français djihadistes, David Thomson, révèle que l'organisation n'en est pas à son coup d'essai. Selon lui, ce serait même « la troisième fois qu'[elle] lance une appli de ce type ».

Sans cesse chassés des principaux réseaux sociaux, les militants de l'État islamique doivent redoubler d'inventivité pour continuer de répandre leur propagande sur Internet, dans l'espoir d'y recruter les djihadistes de demain. Un prosélytisme 2.0 redoutable, dont le but est d'atteindre, selon les propos de Manuel Valls, « les esprits, les cœurs et les cerveaux ».

#StopDjihadisme


À l'occasion d'un débat organisé par le Huffington Post, le Premier ministre annonçait en mai dernier la mise en place imminente d'un « bataillon de community managers de l'État, pour opposer une parole officielle à la parole des djihadistes ». L'enjeu ? Déposséder les islamistes de tout espace numérique grâce au déploiement d'un contre-discours destiné à ouvrir les yeux des jeunes en voie de radicalisation.

Quatre mois plus tôt, au lendemain des attentats de janvier, le gouvernement dévoilait déjà « Stop Djihadisme », une campagne-choc pourvue d'une vidéo propre à lever le voile sur les promesses que font miroiter les fous d'Allah aux internautes candides.

En moins de deux minutes, elle déconstruit un à un les arguments avancés par les enrôleurs en quête de nouvelles recrues. Une stratégie qui rappelle celle échafaudée par Google, Facebook et Twitter, qui n'ont pas pour habitude de lancer des opérations en commun.

Djihadosphère

Pour autant, les géants du Web rechignent toujours à modifier leurs algorithmes, qu'il s'agisse de censurer ou de valoriser du contenu. Si bien que l'oiseau bleu est peu à peu devenu l'un des principaux outils d'endoctrinement de la djihadosphère, en dépit de la vague de suspensions de comptes qui l'a frappée début mars.

En témoignent les chiffres alarmants obtenus par le journal Le Monde . Selon le quotidien, les cellules de propagande de Daesh généreraient jusqu'à 40 000 tweets en français chaque jour tandis que l'organisation totalise environ 2,8 millions de followers francophones.

Pour Christian Gravel, directeur du service d'information du gouvernement, l'apparition d'une telle application n'a rien de surprenant. Contacté par Le Point.fr, le préfet hors cadre reconnaît bien dans cette initiative la patte digitale de Daesh : « C'est à la fois cohérent et très malin de leur part.

Nous ne sommes plus à l'ère des débuts du djihadisme avec Al-Qaïda, et comme il ne s'agit pas de darknet, on accède à toutes les informations sans passer par alplatformmedia [le forum pro-État islamique, NDLR]. »

Deux millions de vue 

Revenant sur le dispositif mis en place par le gouvernement pour lutter contre l'embrigadement sur Internet, Christian Gravel dévoile l'un des projets en cours : établir un contact direct avec les jeunes qui envisagent de partir pour la Syrie ou l'Irak.

Il désapprouve l'inertie de Google, avec qui Matignon communique : « On ne peut pas considérer qu'il soit normal de créer ce type d'application. Cela pose évidemment un problème éthique. »

En attendant un éventuel revirement de politique de la part du moteur de recherche, le gouvernement peut se targuer d'un certain succès dans sa lutte en ligne contre la menace terroriste : en plus d'un doublement du nombre d'appels sur le numéro vert mis en place au début de l'année, son clip du gouvernement a dépassé les deux millions de vues. Un record absolu.

lepoint.fr
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