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D’un Gouvernement à la déroute, à une Opposition aux abois


Tribunes
Mardi 21 Février 2012 - 10:01

Une introspection sur la scène politique mauritanienne actuelle donne lieu à un constat ambivalent, qui montre, oh combien, le fossé s’est creusé entre le pouvoir en place et l’opposition. Et comme la nature a horreur du vide toutes les autres forces alternatives (organisations civiles, organisations citoyennes…) se font des coudes pour combler le dit fossé.


D’un Gouvernement à la déroute, à une Opposition aux abois

Si bon nombre d’analystes s’accordent à dire que le gouvernement du Président Mohamed Ould Abdel Aziz qui a tant suscité d’espoir, patauge, il n’en demeure pas moins que l’opposition politique traditionnelle et légale (partis politiques légalement constitués) n’arrive point à profiter de cette brèche pour se (re)faire une santé.
 

Le discours simpliste de politiques (opposants) appelant à renverser le Président Ould Abdel Aziz n’est pas audible. Et l’incapacité, et le manque d’ingéniosité de l’opposition à répondre par une analyse approfondie pour démontrer la surenchère du candidat puis président Ould Abdel Aziz, ne fait que réconforter les sceptiques au changement. Car le seul programme qu’ils mettent en avant est la lamentation, la contestation, la constatation et l’indignation. Cependant l’indignation, juste soit elle, n’est pas  un programme politique, à elle seule.
 

De même une simple affirmation ou un diagnostic ne suffit pas, il faut des propositions ; de vraies qui tiennent économiquement et qui répondent à la demande populaire sans être populiste.
 

Si l’avenir est sombre, l’espoir n’est pas prometteur.  Car face à l’incapacité à gouverner qu’on prête à ce gouvernement ou plutôt qui le caractérise, l’opposition devrait avoir une analyse critique (politique, sociale, économique…) sur les manquements de ce dernier au lieu de se limiter à une approche de dénonciation. Car cette approche ressemble plus à une opposition à l’homme et non pas à une opposition par rapport à un système de gouvernance, à un choix de société pour ne pas dire à un non choix de société.  Ainsi dans ce contexte, le citoyen -ne sachant plus à quel saint se vouer- en veut plus aux forces alternatives qu’au gouvernement. 
 

En ce qui concerne le gouvernement ou plutôt le président de la république, (car il confesse tout gérer, tout contrôler) il est à mille lieues d’avoir un satisfecit de la part de son électorat.
 

Car la lutte contre la gabegie est un échec total, et ce, malgré les quelques coups ça et là, aucune reforme juridique, structurelle ni institutionnelle n’a été mis en place.
 

Hors pour la pérennité de ce combat,  l’institutionnelle doit primé sur les coups politiques et la chasse aux sorcières.

Le fait d’être dirigeant d’une institution comme l’Inspection Générale de l’Etat et membre du directoire du parti au pouvoir est la traduction d’un conflit d’intérêt, doublé de connivences,  le tous tapis sur des conciliabules politico-tribalo-régionale. Cette institution aujourd’hui, s’apparente plus à un outil de destruction politique et humaine, au lieu de se cantonner dans sa mission de vérifications et d’audits. 
 

Ainsi l’IGE se voit coller l’étiquette d’une police politique plutôt qu’économique. Et son expertise à été remise en cause dans le dossier de Mohamed Lemine Ould Dadde -Ancien commissaire aux droits de l’homme en détention préventive depuis septembre 2010 pour des présomptions de détournements- par une autre institution de l’état qu’est la Cour des Comptes.
 

En ce qui concerne Messaoud Ould Boulkheir, il est comme un agnostique. Il a le postérieur entre deux chaises. Voulant à la fois être président irréprochable de l’assemblée nationale (une assemblée siégeant en toute illégalité) et un opposant mesuré. Et du haut de son perchoir on en arrive à se demander, mais dans quelle camps boxe t-il ? Tellement il s’adonne à cœur joie à une critique acerbe contre ces amis d’hier qui aujourd’hui n’ont pas voulu participer au dialogue national entre le pouvoir et l’opposition.
 

Ce dialogue national qui n’avait de national que le nom n’a-t-il fait pschitt ? Avait-on besoin de ce dialogue pour criminaliser les coups d’état ? 

Le projet de société de nos rêves n’est porté par aucun parti politique, car ces derniers, à deux exceptions près, ont renoncé au travail d’analyse, de conception, de critique rigoureuse et de propositions d’alternative politique basé sur une idéologie et un projet de société cohérent. Ces deux partis sont à mes yeux l’UFP et le TAWASSOUL. Même ces derniers s’aventurent sur le terrain  simpliste en appelant à mettre fin au pouvoir en place.
 

L’absence de vision, le manque de cohérence et l’entêtement dans des choix très contestable, font que la frustration se ressent partout dans la société mauritanienne.

L’absence d’une tradition de débats politiques et le refus de  contradictions au sein de l’hémicycle est la conséquence même de l’externalisation du débat sociétal et politique dans la rue.
 

De même les questions au gouvernement sont devenues des occasions ou députés et ministres traduisent toute leur haine réciproque en s’insultant, une vraie foire d’empoigne. Cette attitude rabaisse le débat politique et n’honore aucunement l’institution.
 

Les plaintes incessantes de la Communauté Urbaine de Nouakchott vis-à-vis de son ministère de « tutelle » et des visites « inopinées » que le trésor public fait dans les comptes bancaires de la dite institution montre combien les règles et procédures élémentaires qui régissent un régime démocratique ou la séparation des pouvoirs a encore un sens sont bafouées.
 

Cela dit je ne m’attarderai point sur les règles (absence de règles et procédures) relatives à la détention préventive et aux arrestations (extrajudiciaires, sans aucune forme de procédures) de leaders politiques, syndicalistes, universitaires, citoyens et autres…. Car elles sont devenus monnaie courante est n’émeuvent quasiment plus personnes. Les mauritaniens malheureusement seraient comme sous anesthésie, et cette situation compromet tout esprit critique et de contestation.
 

Cependant, si ces maux perdurent, c’est juste que l’indignation chez nous soit sélective, l’engagement partiel, et les contestations très partisanes. Sauf que cet état de fait est une aubaine pour ceux qui gouvernent, les permettant d’asseoir leur hégémonie sur les pauvres citoyens. Pauvres citoyens qui ont cru en des lendemains meilleurs avec celui qui s’était autoproclamé PRESIDENT DES PAUVRES. Et la classe moyenne ou intermédiaire s’il en existe, n’agit pas par peur des représailles, conduisant à la perte d’un pseudo statut sous l’autel d’un espoir de potentiels privilèges à venir.
 

Le gouvernement doit comprendre qu’on apprend de ces erreurs et qu’il est temps de se ressaisir.

En ayant porté l’espoir de toute une génération, la période de la disgrâce étant venue, nos gouvernants devraient savoir le contexte actuelle suite aux influences exogènes et à la situation endogènes les oblige de tenir compte des nouvelles aspirations du peuple.
 

Car après les honneurs ou la célébrité, la déchéance et l'oubli peuvent venir très rapidement.

Et comme le rappelle cette expression de la Rome Antique « La roche Tarpéienne est proche du Capitole »
 

Diallo Saidou Nourou
pour Kassataya
 

www.kassataya.com


              

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