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Croissance: il faut bien comprendre que le PIB, c'est pas un truc qu'on mange


Economie
Lundi 20 Janvier 2014 - 10:06

Malgré une croissance économique soutenue, de nombreux pays africains, dont la Mauritanie, font toujours face à des taux de pauvreté élevés.


Croissance: il faut bien comprendre que le PIB, c'est pas un truc qu'on mange
Ce n’est pas le réveil tant attendu, mais il s’agit bel et bien d’une reprise. En net recul sur l’année 2013, le produit intérieur brut du continent africain devrait gagner un point de croissance en 2014, pour se stabiliser autour de 6,5%. La bonne nouvelle a été annoncée par la directrice du Fond monétaire international (FMI), Christine Lagarde, à son retour de Nairobi, où elle a séjourné entre le 4 et le 7 janvier 2014.
 
L’ex-ministre française de l’Economie, s’est félicitée des progrès réalisés par le Kenya, «motif de satisfaction pour l’économie mondiale» et «en bonne posture pour tirer parti d’une croissance qui s’améliore dans le monde.»

Croissance: il faut bien comprendre que le PIB, c'est pas un truc qu'on mange
Des efforts restent cependant à accomplir. «L’économie doit être plus forte afin que les bénéfices puissent être plus largement répartis au peuple kényan», a tempéré Christine Lagarde. Un souhait partagé par les 43 millions d'habitants. Mais dans un pays où près de 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et où le salaire des députés est 97 fois plus élevé que le salaire moyen, pas sûr que le seul renforcement des fondamentaux économiques soit suffisant. Au Kenya, comme dans de nombreux autres pays africains, la croissance n’est pas intrinsèquement favorable à une réduction des inégalités.
 
Si la pauvreté persiste en Afrique, c’est en raison de la nature des économies du continent, croit savoir The African Report:
 
«La croissance du PIB africain a été en moyenne d’environ 5% par an de 2003 à 2013, une grande partie de cette croissance a été permise par la demande asiatique en matières premières. Or, l'extraction des ressources à forte intensité capitalistique n'a pas permis d’effet de redistribution.» Un constat épousé par l’économiste ghanéen George Ayittey: «Si vous observez la répartition des fruits de la croissance, vous vous apercevez qu’il s’agit d’une croissance économique sans développement.»
 
Selon le rapport d’Afrobaromètre sur la pauvreté en Afrique publié en octobre 2013, «de nombreux Africains manquent toujours d'eau et de nourriture, n'ont pas un accès suffisant aux soins et sont souvent à court d'argent.» Une détresse qui contraste avec l’impétueux essor que connaissent certains Etats.
 
«En 2008, le taux de croissance économique en Angola était de 20,8%, mais le nombre de gens pauvres augmentait. 60% des Angolais vivent sous le seuil de pauvreté, gagnant moins de 1 $ par jour. Et c’est la même chose au Nigeria», s’exclame M. Ayittey.

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Ce déséquilibre est à mettre au crédit d’une croissance démographique «qui rogne sur la croissance économique globale» explique The African Report; mais aussi d’une augmentation du coût de la vie dans les régions où le prix des transports, de l’électricité et de la nourriture sont élevés, à cause de la faiblesse des approvisionnements. La dépendance des pays africains à des acteurs économiques étrangers pose également problème en termes de marché du travail.
 
«Les entreprises contrôlées par des étrangers font appel à de la main d’œuvre locale. Cette dernière est considérée comme un produit jetable, corvéable à souhait, et un plafond de verre se crée au sein de l’organisation», pense James Brice, le directeur d Environmental Business Strategies, une entreprise de conseil en développement durable.
 
Parmi les recettes des entreprises qui sortent du continent, une large part se retrouve dans les paradis fiscaux de façon totalement officieuse. Un rapport de la Banque Africaine de Développement publié en mai 2013 évalue les flux d’argent illégaux à environ 1,4 milliards de dollars entre 1980 et 2009. Le phénomène est accentué par la prédation de certaines élites sur les fruits des matières premières que ce soit en Angola, au Nigéria au Gabon ou ailleurs.

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Afin de réduire les inégalités, certains pays ont toutefois pris des mesures importantes. Le Mozambique, qui dépensait 13 millions de dollars en 2008 en prestations sociales, a redistribué 57 millions de dollars en 2013, soit 0,4% de son PIB. Depuis 2010, les autorités zambiennes accordent une aide de 12 dollars par mois aux ménages qui ont un enfant de moins de 5 ans, sans condition de ressource. On estime que 75% de cet argent a été dépensé pour acheter des produits de pemière nécessité. L'Ethiopie s'est quant à elle concentrée sur la santé en rémunérant 36.000 médecins à travers le pays.

Source : Slateafrique
Mamoudou Kane


              

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