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Crise politique : Re-dialogue ou r-évolution?


Actualité
Mercredi 8 Février 2012 - 16:25

Lorsque le président de la république se déplaçait, généralement, c’était pour réagir, «maladroitement», souvent, à une certaine opinion. Il choisissait, toujours, pour ses déplacements, un poste de santé, une école, ou un service public, dans la capitale politique, pour s’exprimer, au détour des sorties, constamment, critiques, voire acerbes, à l’adresse, d’abord, de ceux qui l’accueillaient, personnels de santé, encadrements de l’enseignement, l’environnement … Puis, arrivait, pour l’occurrence, la réponse à une question posée, «comme par hasard», par un journaliste, le tour de l’opposition, à laquelle il émettait un message, où la confusion se la disputait aux reproches.


Crise politique : Re-dialogue ou r-évolution?
Derrière les sorties de Mohamed Ould Abdel Aziz se cache bien des signaux imperceptibles, des ouvertures mal confirmées et non assumées par celui-ci même qui les prononce. Il faut dire que l’homme avait une constante qui marquait un peu ses propos, à savoir sa propension à vilipender aussi bien les responsables des administrations visitées que les régimes précédents auxquels il attribue tous les maux dont souffre le pays.

Il y a deux semaines, Mohamed Ould Abdel Aziz a effectué une visite ‘’inopinée’’, dit-on, à l’hôpital Mère et Enfants. Une belle bâtisse qui était destinée initialement à servir de logement au premier ministre et que le mouvement de la rectification, dans sa croisade au service des pauvres, avait transformée en centre médical. Une grande réalisation, n’est-ce pas ?
La visite s’est déroulée, dans un timing particulier, où le climat de profonde crise, née d’un dialogue non inclusif, conjugué à une sécheresse qui s’installe, aggravé par une menace d’instabilité sécuritaire locale et aux confins de nos frontières.

Au cours de cette sortie, le président a essayé de déroger à la règle à laquelle il s’était appliqué, jusque-là. Finie la mauvaise langue. Les médecins se sont révélé, finalement, pour le premier citoyen du pays, ‘’compétents, bien formés’’, et auxquels, il ne manquait pas grand-chose. Alors-là, vraiment rien, ou presque, ‘’un simple rétablissement de confiance entre eux et les malades". "Et, l’épineuse problématique de la santé publique est résolue".

A la Télévision de Mauritanie, où le Président est apparu, en compagnie d’hommes en blouses, on décelait déjà le sur effort auquel se donnait Mohamed Ould Abdel Aziz pour intervenir sur une question qui ne serait, visiblement, pas l’objet réel de son déplacement.

Re-dialogue !

L’objet inavoué de la visite présidentielle s’est décliné quand un journaliste, comme par hasard, toujours, avait posé une question relative à l’organisation d’un deuxième dialogue politique. On ne sait, véritablement, pas qu’est ce qui inspirait une telle question. La scène politique, en tout cas, n’incite pas à un re-dialogue. La Coordination de l’Opposition Démocratique qui venait, tout juste, de boucler une tournée des plus véhémentes à l’intérieur du pays, au moins, au niveau du discours, n’est pas demandeuse d’un second dialogue l’incluant. Au contraire, elle voulait, si on se fiait aux sorties des uns et des autres, tout simplement, une révolution visant la destitution du régime en place.

A la question, on ne peut plus décalée du contexte du moment, le président s’essayait, tout de même à fournir une réponse, inaudible, certes, mais qui évoque le dialogue. ‘’ Un dialogue qui n’a jamais été fermé, un principe fondateur pour toute démocratie, lançait Mohamed Ould Abdel Aziz’’. Une invite au dialogue ? C’est tout comme. Le président se serait peut-être rendu compte de la crise, qui est, paradoxalement, née du premier dialogue que lui-même, sa majorité et l’opposition participationniste ont considéré stratégique et réussi.

Ce sera aussi la compréhension faite par la C.O.D qui déclarera, une journée après, une promptitude nouvelle chez elle, qu’il s’agit-là ‘’d’une reconnaissance formelle de la crise’’. ‘’Une crise qui appelle à un dialogue sérieux, et pas à une fuite en avant comme celle exprimée, justement, ce jour-là, au centre hospitalier Mère et Enfant’’. Certains analystes pensent qu’il est absurde de proposer un dialogue, au détour d’une visite inopinée à une administration. Et, qu’il faudrait, d’abord, établir des canaux de négociation entre le pouvoir et l’opposition boycottiste. D’autres prétendent que cette sortie a été, forcément, justifiée par des négociations en coulisse.

Toutefois, la question du dialogue, ou re-dialogue, a été remise sur table, par le président de la République, en personne. L’opposition, quant à elle, était sur un autre agenda, où le mot final serait donné par la rue. Une révolution où toutes les propositions de dialogue s’étoufferont à ses confins. On est un peu entre deux extrêmes : Un re-dialogue, une révolution. Le premier est proposé par Mohamed Ould Abdel Aziz pour, bien entendu, mater, annihiler le second. Une diversion ? Une mesure dilatoire, pour gagner du temps ? Peut-être. La seconde est avancée par l’opposition. En a-t-elle les moyens ? Une pression ? Peut-être. Les jours à venir diront un peu plus sur la confrontation des deux extrêmes.

A.V.T
Biladi
Mamoudou Kane


              

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