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Crise politique : Le dialogue impossible


Actu Mauritanie
Lundi 28 Mai 2012 - 12:03

La polémique autour du dialogue ne veut pas prendre fin de si tôt. Alors que les partis membres de la Convention pour une Alternance Pacifique (CAP) refusent tout retour en arrière, trois partis membre de la Majorité présidentielle (Adil, RD, MPR) tentent l’impossible : faire renoncer la Coordination de l’opposition démocratique (COD) à son " Aziz dégage " pour tenter de relancer un débat sur une crise politique qui semble finalement plus compliquée qu’on ne le pense.


Crise politique : Le dialogue impossible
L’évolution rapide de la situation politique en Mauritanie est un fait : deux conclaves qui se tiennent pratiquement au même moment, celui de la CAP qui fait savoir que le retour sur les résultats du dialogue entre la majorité et quatre partis d’opposition (APP, Wiam, Sawab, Hamam) est une inconséquence, et l’autre du triumvirat (Adil, RD, MPR) issu de la Majorité présidentielle qui entreprennent une manœuvre hardie visant à faire revenir la COD sur le droit chemin des négociations avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Dimanche dernier, les leaders de ces formations politiques se sont rendus auprès de Ould Daddah, président du RFD aaux fins de voir avec lui une solution de sortie de crise. Le lendemain, une initiative identique a été menée chez Gemil Mansour. Les visites des partis qui ont initié ce rapprochement, seraient élargies à terme, à l’ensemble des autres partis de la COD. Mais cette initiative, bien que menée par des partis de la majorité présidentielle, -sans doute avec l’aval de l’UPR- a-t-elle la chance de réussir ?

On ne saurait dire qu’est ce qui pourrait bien faciliter le rapprochement entre les différents protagonistes de la crise politique, quand on sait que la COD, qui n’avait pas participé au dialogue de novembre dernier, est déjà bien lancée dans ce que d’aucuns considèrent comme un choix de non retour. Si, à ce sujet, rien d’officiel n’a transpiré de la réunion du chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah, avec l’ancien Premier ministre Yahya Ould Waghef, président du parti Adil, et les députés Kane Hamidou Baba, président du MPR et Moustapha Ould Abeiderahmane, président du Renouveau Démocratique (RD), on sait néanmoins, que celle d’avec le président du parti " Tawassoul ", Jamil Manour, a révélé la profondeur du gouffre qui sépare les deux camps. Le chef des islamistes modérés en Mauritanie lie la position de son parti à celle de la COD qui, sauf miracle, ne changera pas d’orientation stratégique sans avoir des garanties sérieuses que le dialogue, s’il doit avoir lieu un jour, doit être différent de tous ceux qui ont déjà été menés avec le président Aziz.

Dans l’ordre des priorités des partis à l’origine de cette initiative visant à rapprocher les points de vue, se trouve, nécessairement, cette volonté d’éviter à la Mauritanie les risques d’un dérapage dont les symptômes sont déjà bien visibles au niveau des manifestations de la COD, de la réaction du pouvoir et de ses soutiens politiques qui organisent des contre manifestations, suscitent des initiatives telles " Aziz reste ", IRA dissidence, UNEM bis (contre la politisation) de l’école et tant d’autres " machins " dont l’objectif non avoué est de créer une sorte de diversion nécessaire au maintien de l’équilibre de la terreur.

Autant dire que tout le monde refusent le dialogue et que l’initiative menée par le triumvirat n’a de chance d’être entendue que si l’on accepte, d’abord, le principe d’un rejet total des extrémismes qui poussent les uns et les autres à ne regarder que ce qu’ils considèrent comme une position " privilégiée " par rapport à l’attitude des autres.

La CAP, qui refuse, un dialogue bis, de nature à remettre en cause les résultats de celui qu’elle a déjà mené avec le pouvoir doit avoir des garanties sérieuses quant à la mise en œuvre de ses résultats ! La parole d’Aziz ? Probablement, puisqu’en réalité, c’est lui qui était demandeur de ce dialogue qui lui a permis de " rompre les rangs " de l’opposition et d’isoler ceux qui aujourd’hui passent pour des extrémistes en politique, incapables de voir autre chose que leur volonté ferme d’en découdre avec le pouvoir.

Dans ce choix stratégique, l’APP, Al Wiam et Sawab s’imposent comme une alternative " acceptable " à une opposition (COD) qui a choisi de se martyriser à l’extrême : Arriver à " dégager " Aziz, et permettre une reprise du processus de transition démocratique, ou lui faire accepter d’énormes concessions de nature à bouleverser complètement la donne qui est favorable aujourd’hui. Cette dernière hypothèse ne peut se réaliser que si le pouvoir continue à multiplier les erreurs ne prenant pas en compte le mécontentement populaire qui va grandissant.

Et il faut dire que c’est un risque que le président Aziz court tous les jours ; les manifs qui éclatent, de manière spontanées, un peu partout, pour réclamer de meilleurs services de base (eau, électricité, éducation, santé), si ce n’est pour dénoncer leur absence totale ou leur détérioration, n’ont rien à voir avec l’agenda de la COD. C’est ce que le pouvoir doit comprendre pour déterminer avec sagesse les mesures qu’il faut immédiatement mettre en œuvre et couper l’herbe sous les pieds d’une opposition qui table plus sur ce mécontentement populaire (indépendamment de l’idéologie politique qu’elle véhicule à travers ses partis) que sur l’activité " subversive " (au sens insurrectionnel du terme) qu’elle projette d’intensifier dans les prochains jours et semaines.

Du côté de la CAP, les raisons qui poussent à refuser la reprise du dialogue sont toutes autres. Une relève de la logique pure : si on reprend, cela veut dire qu’on a échoué, que le dialogue n’était qu’une " farce ", comme l’a insinué la COD. C’est donc pour une question de principe que la CAP veut aller jusqu’au bout de sa logique du dialogue avec le pouvoir et ne permettre à la COD que la possibilité de venir se greffer sur ce qui a déjà été fait. Le train que la COD peut donc prendre en marche, si elle décide de renoncer à sa volonté de faire partir Aziz, c’est celui des prochaines élections municipales et législatives. La seule occasion qui permettra de décheveler les fils d’une opposition où les rapports de force internes relèvent aujourd’hui de l’à-peu-près. Une chance qui tient, tout de même, à un mince fil : Que la COD ne choisisse pas le boycott lors du prochain scrutin.

Sneiba Mohamed
lauthentic


              

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