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Crise politique : Conclave à Tivirit sur l’Initiative de Messaoud


Actualité
Dimanche 27 Janvier 2013 - 10:30

Le président de l’Assemblée nationale, qui a réuni, dans la nuit de lundi, des personnalités politiques de poids et des représentants de la société civile, notamment des syndicalistes, dans sa maison de campagne à Tivirit, à 25 km de la capitale, sur l’axe Nouakchott-Boutilimitt, ne désespère pas de pouvoir convaincre le président Ould Abdel Aziz et les partis de la COD de la nécessité d’aller dans le sens de la proposition qu’il met sur la table pour sortir de la crise.


Crise politique : Conclave à Tivirit sur l’Initiative de Messaoud
Après le tassement du « printemps de la vacance du pouvoir » et de la féroce bataille médiatique qui a suivi l’incident de « Toueila », ce ne sera pas forcément le « beau temps » politique, comme certains analystes maisons ont tenté de le suggérer aux partis de la Majorité présidentielle et de la Coordination de l’opposition démocratique (COD). Tout laisse penser, au contraire, que la crise va reprendre de plus belle. De part et d’autres, les critiques ne laissent pas de place à l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui cherche, depuis plusieurs mois, à casser cette bipolarité du pouvoir en Mauritanie entre un pouvoir, sourd à tout appel à l’apaisement, et une opposition radicale qui fait du départ du président Aziz l’essentiel de son programme politique à court terme.

C’est dire que le président de l’Assemblée nationale, qui a réuni, dans la nuit de lundi, des personnalités politiques de poids et des représentants de la société civile, notamment des syndicalistes, dans sa maison de campagne à Tivirit, à 25 km de la capitale, sur l’axe Nouakchott-Boutilimitt, ne désespère pas de pouvoir convaincre le président Ould Abdel Aziz et les partis de la COD de la nécessité d’aller dans le sens de la proposition qu’il met sur la table pour sortir de la crise.

C’est dire que la crise ne peut pas être réglée sans penser, réellement, à un compromis dont la « voie royale », selon bon nombre d’observateurs, pourrait bien être cette solution de gouvernement d’union nationale à laquelle appelle le président de l’Alliance populaire progressiste (APP), qui débouchera, par la suite, à l’organisation d’élections générales libres et transparentes. Sinon, on ne voit pas comment on peut sortir du bourbier politique dans lequel on patauge depuis bientôt quatre ans.

Que la COD continue à tenir réunion sur réunion, à organiser des marches et des meetings populaires où elle draine, certes, des foules importantes, n’est pas le moyen le plus efficace pour arriver à convaincre le pouvoir de la nécessité de « se corriger », parce que, justement, son départ, par la pression de la rue, relève de plus de mobilisation que ce que le président Aziz lui-même aurait dit sur les manifestations de ses opposants : « et même quand ils réussissent à mobiliser 40.000 personnes, qu’est-ce que cela fait dans une ville comme Nouakchott qui compte un million d’habitants » ?

On peut aussi penser que du côté de la Majorité, certains travaillent cyniquement à entretenir la crise. Ne dit-on pas souvent que tout rapprochement entre le pouvoir et l’opposition radicale « affaiblit » la Majorité qui ne trouve sa raison d’être (les privilèges que lui accorde le pouvoir) que quand elle parvient à convaincre de son utilité. C’est d’ailleurs pourquoi certains pensent même que certains segments de cette majorité versent dans la provocation, à chaque fois qu’il y a un signe de fléchissement de la COD pour que la tension ne baisse pas. Il ne s’agirait alors plus d’une stratégie de « containment », c’est-à-dire de cette volonté de répondre au coup par coup, mais bien de la volonté de prendre le pouvoir en otage, en faisant en sorte que la tension persiste et qu’il ait toujours besoin du soutien intéressé de ses parlementaires, de son appareil de propagande et de mobilisation, l’Union pour la République (UPR), des intellectuels et ulémas de son bord ainsi que des chefs de tribus et hommes d’affaires qui reviennent en force.

Les élections comme solution

On sait cependant que cette situation ne peut continuer ainsi. Toute chose a une fin et, même si le gouvernement louvoie encore et encore pour ne pas organiser les élections sans avoir toutes les conditions qui garantissent la victoire à son camp, et notamment à l’Union pour la République, il est évident que l’arrivée à terme du quinquennat d’Aziz (en 2014) sera l’échéance butoir pour une redistribution des cartes. L’on semble même s’acheminer, lentement mais surement, vers une telle perspective, même si le président Aziz lui-même et certains observateurs avertis pensent que tout sera fini au cours de cette année 2013.

Pour d’autres, il s’agirait d’une pression que le pouvoir veut mettre sur la COD pour la pousser à abattre ses cartes – et donc permettre au gouvernement de manœuvrer en fonction de cela. Mais les opposants au pouvoir, qui ne semblent pas renoncer à leur « Aziz dégage », ont compris le jeu et refusent à se prononcer sur leur participation ou non aux futures élections. Ils savent, plus que quiconque, le risque qu’il y a à boycotter des élections municipales et législatives qui fixeront les contours politiques pour cinq longues années et permettront aux partis qui auront réalisé de bons scores de bénéficier des financements de l’Etat. C’est pourquoi il faut considérer que leur exigence extrême (le départ d’Aziz) à moins de deux ans de la fin de son mandat légal (et légitime ?) relève de la manœuvre politique. C’est cela qu’il faut aussi comprendre à travers la signature, en août 2012, d’une Charte d’Honneur destinée à fidéliser l’alliance des anti-Aziz et à s’assurer que ce qui lie la dizaine de partis politiques hostiles au pouvoir est plus solide que ce qui les divise – ou les différentie. A l’image des réunions de Tawassoul, formation d’obédience islamiste qui, à un certain moment a donné l’impression de chercher à ravir la vedette au Rassemblement des forces démocratiques (Rfd) et à l’Union des forces de progrès (Ufp) donnés pourtant pour être la locomotive de la lutte contre « la dictature militaire » qui continue, après le coup d’Etat d’août 2008, et l’élection présidentielle de juillet 2009, sous couvert de la démocratie.

Donc, qu’ils le disent ensemble ou de manière séparée, comme à l’occasion des différents congrès qu’ils ont tenu dans le laps d’une semaine, les partis de la COD ne semblent pas renoncer à leur programme de « destitution » du président Aziz. Le fait qu’ils insistent sur le caractère pacifique de leur lutte n’exclut pas – aussi – qu’ils espèrent tirer profit des erreurs du pouvoir lui-même. Un pouvoir qui ne réalise pas que la force à elle seule ne suffit plus pour gouverner et que la violence exercée sur le peuple (étudiants, anti-esclavagistes, groupes ethniques, travailleurs, etc) peut engendre la violence contraire. Exactement comme ce qui est arrivée en Libye et en Syrie.

Le seul atout dont dispose le pouvoir pour éviter de telles dérives c’est l’atavisme légendaire des mauritaniens hostiles à toute prise de pouvoir par la force. Même s’il leur arrive, à chaque fois, d’accompagner les révolutions de palais par des « le président est parti, vive le président ». Une attitude qu’Aziz doit méditer, lui qui a vu passer Taya, Ely et Sidi, et sait que la fidélité de la majorité des Mauritaniens est à celui qui arrive au pouvoir, n’importe comment, pas à celui qui le perd.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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