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Crise malienne : Quand un diplomate français se lâche


Actualité
Lundi 16 Juillet 2012 - 13:09

Laurent Bigot, sous-directeur de l’Afrique occidentale au Quai d’Orsay, a livré son analyse de la crise malienne lors d’un séminaire tenu début juillet à l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) intitulé : "les défis du Sahel : vues de Paris". Le moins qu’on puisse dire est que son intervention tranche la langue de bois habituellement assénée par les diplomates...Il précise d'ailleurs que ses propos sont tenus "à titre personnel" et ne constituent pas la position du quai d'Orsay.


Pour Laurent Bigot, toutes les conditions menant à l'effondrement du Mali étaient réunies. Contrairement à l’opinion généralement émise, le Mali n’était pas un Etat exemplaire dans la sous-région. C'est l'effondrement de la façade qui met à nu le pays qui souffrait de plusieurs maux :

-corruption endémique remontant jusqu’au palais de Koulouba (c'est-à-dire jusqu’au président ATT), trafic divers

-Economie qui reposait essentiellement sur l’informel

-Un modèle démocratique malien qui n’était en réalité qu’un leurre car le Mali est une "démocratie de de façade" où le président est coopté : « on sait que c’est l’ancien président Alpha Omar Konaré qui a choisi ATT ».

Laurent Bigot affirme explicitement qu’il y a eu des manipulations du scrutin pour permettre à Soumaïla Cissé d’arriver en seconde position lors du scrutin de 2002 car il était plus facile pour ATT de le battre que de battre Ibrahim Boubacar Keita. La commission électorale a annulé 500 000 votes, soit 10% du corps électoral, ce qui signifie que le sens du premier tour avait été totalement chamboulé. "Pour 300 000 votes de plus, on a ouvert le feu contre Gbagbo l'année dernière" dit Laurent Bigot.

-En 2007, ATT est élu président ave 70% des voix au premier tour et un taux de participation de 30%. Sa victoire avec une légitimité faible vu le faible taux de participation, avait été accompagnée de fraudes importantes...

-Les mauvaises conditions de vie dans le Nord ne concernaient pas seulement les Touareg, qui jouissent d'une bonne popularité en France, mais aussi les autres communautés, dont les conditions de vie n'étaient pas meilleures etc. L'islam radical peut prendre racine dans la société du fait des mauvaises conditions de vie et de la pauvreté des populations qui peuvent y trouver un recours..."Aucun parti politique malien n'aurait pu mobiliser 50 000 personnes comme le Haut Conseil Islamique l'a fait pour protester contre la réforme du code de la famille".

-Par ailleurs, la classe politique malienne n'est pas prête à se mouiller pour sauver le Mali, et aucune personnalité forte n'émerge à travers cette crise. Même avec la situation actuelle au Mali, les hommes politiques ne pensent qu'à entrer au gouvernement...

Source : grioo.com
Mamoudou Kane


              

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