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Crise du tourisme: Artistes peintres et vendeurs d’arts en paient aussi le prix


Culture
Lundi 12 Décembre 2011 - 11:26

Les autorités françaises ont placé la zone touristique de l'Adrar dans la zone rouge de «menaces terroristes» après une série de rapts et meurtres perpétrés à l'encontre des ressortissants occidentaux en Mauritanie. Le désert mauritanien étant ainsi déserté par les touristes, les marchands d'œuvres d’arts, qui partaient sur les pas des vacanciers, se sont ainsi repliés sur Nouakchott. Tout comme eux, les artistes plasticiens souffrent de la rareté des touristes occidentaux dans le pays.


Crise du tourisme: Artistes peintres et vendeurs d’arts en paient aussi le prix
Le soleil est à son zénith à Nouakchott. La route qui rallie le marché de la Capitale à l’immeuble El Mamy est bondée à cette heure de la journée. Oumar Diarra est lui tranquillement assis devant son commerce «Bégué boutique». C'est un vendeur d’œuvres de la capitale, et pour lui, le contexte commercial des arts mauritaniens, ne prête pas à sourire. «La situation est très dure actuellement pour nous les commerçants d’arts africains. Nous n’arrivons plus à écouler nos marchandises depuis que les touristes se font rare». Et ce n’est pas son frère, Alioune Diarra, dont la galerie est sise à 200 mètres à peine de la sienne, qui affirmera le contraire. «Les affaires ne marchent pas. Depuis que les touristes ne viennent plus à cause de ce qui se passe entre le Mali et la Mauritanie, on vend beaucoup moins».

Même son de cloche chez Boubacar Diouf, dit Boubacar Atar, qui se souvient du «bon vieux temps» quand, les touristes venaient à Atar, où il s'était installé. «La saison touristique n’attire plus personne dans la wilaya d’Adrar dans laquelle j’ai passé quelques années de ma vie. Au début de 2005, les vols de charter se posaient trois, voire quatre fois par mois sur l’aérodrome d’Atar. Mais après l’assassinat des trois touristes français sur la route d’Aleg, au mois de décembre 2007, les campeurs ont commencé à se faire désirer sur nos sites touristiques. Et c'est cela qui dure jusqu'à aujourd'hui».

Les artistes peintres peinent aussi

La crise du tourisme, liée à celle de la sécurité a eu son effet domino sur les vendeurs de «bibelots artisitiques», mais ils ne sont pas les seuls. Les artistes plasticiens mauritaniens n’arrivent plus à vendre leurs toiles, depuis que la mare touristique s'est asséchée. «Maintenant que les touristes ne viennent pratiquement plus dans notre pays pour cause d’insécurité, les artistes peintres ont du mal à vendre leurs œuvres sur les marchés», révèle Moctar Ould Sidi Mohamed, dit Mokhis, artiste plasticien. Et Amal Dria, artiste plasticienne et enseignante, de son état, ne porte pas de gants en disant qu’un artiste peintre ne peut plus «vivre décemment de son art» en Mauritanie, à moins qu’il n'exerce une autre activité professionnelle.

Ces deux avis sont largement partagés par Béchir Malum, artiste peintre, sculpteur et photographe. «Les artistes mauritaniens sont dépendants des étrangers, pour ne pas dire des touristes. Ce sont eux qui consomment l'art mauritanien. Les mauritaniens eux-mêmes ne sont pas particulièrement friands de culture en général. Et c'est le principal écueil au développement commercial de notre secteur» explique-t-il. La plupart des mauritaniens ne connaîtraient pas la «valeur de l'art pictural» conclut l'artiste-peintre Abbas Souleymane.

El Madios Ben Chérif
Mamoudou Kane


              

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