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Crise de l’UFP : fissure n’est pas déchirure


Tribunes
Jeudi 10 Octobre 2013 - 10:52


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Crise de l’UFP : fissure n’est pas déchirure
La crise que vit l’UFP aujourd’hui a commencé bien avant l’annonce des élections en cours. Cette crise couve depuis que le parti a accepté dans ses rangs, en 2006,  des groupes entiers venus d’autres horizons politiques.

Ces groupes dont le plus important, en nombre et en poids politico-social, est celui que les militants de l’UFP originelle ont accueilli sous le nom du «  groupe du Tagant ».
 
Ce groupe, avait à sa tête 3 poids lourds de la scène politique de Tidjikja, bien connus au niveau national.
Il s’agit notamment de Moustapha Sidatt, célèbre créateur-promoteur de nombreuses ONG de développement dans le Tagant, actuel Sénateur de la région, et ancien militant du mouvement des Kadihines où il a exercé d’importantes  responsabilités.
 
Hamoud, « le vibreur », pour les anti-PRDS, ancien ministre de la communication de Ould Taya et ancien responsable du mouvement des étudiants « Libyens » de l’Université de Nouakchott. 
 
Ould Khlil, ancien Préfet et Wali du même Taya, auquel ses amis collent tantôt l’étiquette de « Nassériste, tantôt celle d’ "Islamiste".  
 
L’arrivée et l’intégration rapide de ce groupe au sein de l’UFP s’est faite dans des conditions particulières, à la veille des campagnes électorales, législatives et présidentielles, de 2006-2007.
 
Ce groupe, par le nombre de ceux qui le composent, l’expérience de certains de ses leaders dans la lutte politique, les moyens humains et matériels (en particulier), qu’il pouvait drainer, ont probablement constitué une bouchée un peu trop grande pour les ambles structures du Parti des paysans de « Meït ».  
 
Aussi, une fois n’est pas coutume, les dirigeants de l’UFP ont peut-être sacrifié la stratégie d’enracinement du parti au sein des masses, à la faveur des résultats électoraux et immédiats, dont ce groupe était virtuellement porteur.
C’est ainsi qu’après un début de campagne, bien huilé, au premier tour, les nouveaux groupes ont commencé à marquer le pas, face au choix qui mettait le futur Chef de l’opposition en concurrence directe avec le candidat du CMJD.
 
Cette épreuve, qui fût un véritable test, grandeur nature, pour les nouveaux adhérents, a été conduite avec une « Maestria » et un doigté dont seul le Chef historique de l’UFP, Mohamed Ould Moloud, héritier du CPAS (Comité Provisoire d’Action Scolaire) et des CAR (Comités d’Action Révolutionnaires), avait le secret. Une telle « victoire » n’était pas du goût des nouveaux venus et ils le feront savoir, à leur manière, chaque fois qu’ils en auront l’opportunité.
 
Outre certains départs prématurés, avec armes et bagages, (pour les élus), vers d’autres partis, certains « facilitateurs » de ce groupe ont, peut-être, aussi, été pour quelque chose, dans le rapprochement de l’UFP avec SIDIOCA-II, lorsqu’il a fallu identifier et combattre l’ennemi principal, que constituaient les généraux, ouvertement candidats au pouvoir.
 
Un des portefeuilles ministériels offerts par Ould El Waghf à l’UFP fût confié à Mohamed Ould Khlil, un des principaux leaders du « groupe du Tagant ».
 
Et ce fût le début de l’ »ascendance vertigineuse, non plus de l’ouvrier de Shangaï » des années 70, mais de celui que le 3éme congrès de l’UFP en 2012, porta au poste de vice-président du parti. De telles responsabilités, pour un Administrateur habitué à donner  des directives plutôt que d’en recevoir, ne pouvaient ne pas créer certaines frictions au sein d’une équipe de camarades nourris au dialogue militant et à la pratique du « centralisme démocratique ».

Face à une telle situation et au départ de certains membres du noyau dure du parti, et pas les moindres, Ba Boubacar Moussa, Daffa Bakary et Bedr Eddine, « le grand timonier », pour les nostalgiques de la révolution culturelle, la question de participer ou de ne pas participer aux élections municipales et législatives actuelles est venue réchauffer le débat et accentuer les contradictions.
 
Pour les « proactifs » de l’UFP, qui voyaient la fissure s’installer, le retour à la base devenait nécessaire, et comme « poisson dans l’eau », ils ont entamé leur campagne dans …les campagnes.
 
Nouakchott, se réveillant un peu tard, au cours d’un des séjours à l’étranger du Président Ould Moloud, découvre que «les membres du groupe parlementaire» du parti et certains de leurs inconditionnels, ont pris les dispositions qu’imposent la situation pour faire barrage au plan des « nouveaux venus ».
 
L’enjeu est donc de taille et dépasse largement la question de participation de boycott des élections. Il s’agit de sauver l’UFP, ses acquis, sa place sur l’échiquier politique, national et sous régional, son école, l’héritage historique qu’elle perpétue et défend.
 
Et c’est en cela que le dernier mot doit revenir aux structures élues et au sens de la responsabilité dont le Président du Parti sait faire la meilleure arme  dans les moments difficiles.
 
Un témoin
Mamoudou Kane


              

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