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Crise : La COD ne lâche pas prise


Actualité
Jeudi 17 Janvier 2013 - 09:59

La COD (coordination de l’opposition démocratique) affûte, à nouveau, ses armes, pour aller à l’assaut du pouvoir. Non, il ne s’agit pas de préparer les futures élections pour tenter de grignoter sur la part conséquente de la majorité au niveau des deux chambres du parlement et des conseils municipaux, mais d’essayer, de mettre en branle un programme qui reste pratiquement le même : en finir avec le pouvoir d’Aziz !


Crise : La COD ne lâche pas prise
On dira, côté majorité, que ce projet n’a rien de démocratique ! Certes, l’opposition a cessé de mettre en avant son « Aziz dégage » ! Mais elle n’a pas renoncé, pour autant, à dire que le pouvoir a failli, qu’il est temps que cesse ce qu’elle suppose être le « martyre » des populations qui ont cru en un pouvoir pour censé être venu apporter le « changement constructif ». Les objectifs de la COD sont donc revus et corrigés en fonction des lois de la démocratie : Aziz doit « dégager » mais pacifiquement. C’est ce que répètent, maintenant, les dirigeants de la COD qui ont compris, peut être un peu tard, que « le printemps mauritanien » est difficile à réaliser, surtout que les populations ont vu à quoi cela a mené ailleurs. Seul un député de Tawassoul semble déterminé à vouloir entretenir un jeu qui se fait en dehors de toutes règles démocratiques, quand il déclare, lors d’un débat à l’Assemblée, que « toutes les conditions sont réunies pour que les mauritaniens se révoltent » ! Il dire qu’il y a eu quatre morts et qu’en Tunisie, il a suffit qu’un seul jeune perde la vie pour que le dictateur Ben Ali soit chassé du pouvoir ! La réponse sarcastique d’un député de la majorité ne s’est pas faite attendre : non, les conditions de la « révolution » ne sont pas réunies, sinon qu’attendent les mauritaniens ?

Ces débats à l’assemblée, dans les meetings et au cours des conférences de presse ne sont, heureusement, que des incidents entre hommes politiques qui savent, mieux que quiconque, que la démocratie ce n’est qu’un jeu et que les mauritaniens qui ont élu Mohamed Ould Abdel Aziz à plus de 52%, en 2009, l’ont compris comme tel, et s’amusent bien en voyant les gesticulations d’une classe politique dont les contradictions sont légion. La COD donne l’impression d’être une SOMME d’ambitions personnelles. Chacun œuvre en fonction de ses « projets » propres, de ces désirs et rêves (éveillés), pensant qu’en face, il n’a pas seulement un pouvoir soutenu par une forte majorité, mais des « alliés » de circonstances qu’il faut, aussi, tromper à la première occasion. C’est ce qui explique le clash entre Messaoud et Daddah, Daddah et l’UFP, Daddah et les Islamistes.

La priorité des priorités, pour la COD, est donc de revenir à la situation « normale » d’opposition au pouvoir. En œuvrant, au maximum, à la réussite de son agenda de mobilisation générale pour mettre plus de pression sur le pouvoir. Les meetings, marches et déclarations ne sont qu’une étape dans ce que bon nombre d’observateurs pensent être une nouvelle escalade entre le pouvoir et la COD. Cette dernière est pleinement conscience qu’elle ne pourra réaliser son projet d’alternance, de préférence pacifique, que si elle parvient à convaincre le Peuple souverain de la nécessité de ce départ au terme de ce premier mandat.

Pourtant, c’est loin d’être acquis d’avance. La majorité qui se confond de plus en plus avec l’Union pour la République (UPR), sort de sa torpeur. Elle répond, de plus en plus aux coups de boutoir de la COD par une contre-offensive tous azimuts, à Nouakchott, par l’intermédiaire des médias officiels, et à l’intérieur du pays par une remobilisation en perspective des prochaines échéances électorales. Avec comme seule mot d’ordre de tirer à boulets rouges sur la COD et de revenir, encore et encore, sur le bilan à mi-mandat du président Aziz. Paroles contre paroles donc qui repoussent à plus tard une confrontation – possible – crainte par les mauritaniens ayant vécu « en direct » les troubles qui ont secoué bon nombre de pays arabes (Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Syrie).

La COD joue gros

Mais il doit être évident au dirigeant de la COD que leur volonté de « dégager » Aziz est un couteau à double tranchant, comme ne cesse de le faire savoir ceux, parmi les journalistes, qui mesurent les résultats de l’action de l’opposition radicale à l’aune de la température de la rue. On se prend même à ce jeu puéril qui veut que l’action de la COD porte, immédiatement, ou qu’elle devienne, de facto, un échec flagrant d’une stratégie d’opposition non pensée parce que « non démocratique ». Même si la COD ne fait qu’utiliser la même arme qu’une certaine fronde parlementaire avait brandi pour « dégager » Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

La COD joue donc gros. Elle s’enfoncera de plus en plus dans le discrédit, si les populations qu’elles appellent au soulèvement contre le président Aziz ne suivent pas son agenda de conquête non démocratique du pouvoir. On aura alors l’ultime conviction que la Coordination de l’Opposition démocratique n’existe plus que sur le papier. Qu’elle n’a aujourd’hui aucune réalité sur le terrain puisque, après le « départ » de l’Alliance populaire progressiste (APP), d’Al Wiam et de Hamam, les dix partis qui composent cette « sainte alliance » contre le président Aziz peinent toujours à organiser la nouvelle « Résistance », malgré les conditions favorables sur le plan économique et sociale, avec un gouvernement dont l’échec est le principal handicap pour un pouvoir qui se cherche.

Mais il reste tout de même que la bataille est loin d’être gagnée. Le RFD, l’UFP et les autres partis doivent maintenant convaincre l’opinion publique nationale et internationale que leur refus du dialogue avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas un blocage de la démocratie mais une manière d’assainir le climat de celle-ci. Leur Nouvelle lecture de la situation politique dans le pays s’inspire, largement, de ce qui s’est passé ailleurs, même si, côté majorité, l’on crie à qui veut l’entendre que ce n’est pas des exemples à suivre. Pour la COD, donc, tout le monde sait que, depuis le changement du 3 août 2005, rien n’a été fait au hasard par les militaires qui ont chassé Ould Taya du pouvoir. La « Transition » de 2005-2007 devait être le dernier putsch en Mauritanie mais on aura, à la surprise générale, la « Rectification », quinze mois plus tard.

L’élection présidentielle de juillet 2009 devait permettre à l’homme aux deux coups d’Etat, Ould Abdel Aziz, de « démocratiser » son pouvoir et de mener la Mauritanie sur la voie du développement économique et de l’alternance politique. Mais l’on se rend compte, de plus en plus, que toutes ces manœuvres n’ont été, dans les faits, que des actes bien pensés pour que les hommes changent mais non le Système.

MOMS.
Pour L'Authentic


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