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Côte d'Ivoire : L'armée épinglée pour abus et tortures contre l'ethnie de Gbagbo


International
Lundi 19 Novembre 2012 - 10:38

Human Rights Watch (HRW) épingle l’armée ivoirienne dans un rapport édifiant publié le 19 novembre.


Côte d'Ivoire : L'armée épinglée pour abus et tortures contre l'ethnie de Gbagbo
«L’armée de Côte d’Ivoire a été responsable d’atteintes aux droits humains généralisées en août et au début du mois de septembre 2012», indique le rapport intitulé «Bien loin de la réconciliation: Répression militaire abusive en réponse aux menaces sécuritaires en Côte d’Ivoire».

Des centaines de jeunes hommes de l'ethnie de Laurent Gbagbo, les Bété, ont été victimes d’arrestations arbitraires et de détentions illégales. Human Rights Watch a interrogé cinq victimes de torture qui ont été détenues dans le camp de la police militaire d’Adjamé.

Un ancien détenu au camp a décrit les mauvais traitements subis:

«J’y suis resté une semaine et ils m’ont interrogé tous les jours sauf le dernier. Chaque jour, ils me tiraient hors de la cellule et m’emmenaient dans une autre pièce pour m’interroger... "Où sont les armes?" "Je n’ai pas d’arme, je n’ai jamais attrapé une arme." Clac! Ils enroulaient leur ceinture autour de leur main et me frappaient à la tête, au visage, sur les côtes. La boucle métallique de la ceinture était sur la partie avec laquelle ils frappaient, pour infliger une douleur maximum... J’avais de nombreuses blessures infligées quand ils me frappaient avec la boucle en métal.»

En plus de la torture, l’armée ivoirienne, toujours selon le rapport d’Human Rights Watch, prenaient un malin plaisir à dépouiller ses victimes.

«Pendant les fouilles et les arrestations massives, ils volaient de l’argent liquide et des objets de valeur comme des téléphones portables, des ordinateurs et des bijoux. Les anciens détenus ont aussi raconté que les soldats exigeaient de l’argent, jusqu’à 150.000 francs CFA (environ 235 euros ) dans certains cas, en échange de leur libération.»

Les agissements de l'armée constituent un risque dangereux et peuvent cristalliser le mécontentement des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo alors que le pays reste profondément divisé sur les plans politique et ethnique. Ne rien faire peut exaspérer les tensions.

Le ministre ivoirien des Droits de l'homme, Gnénéma Coulibaly, considère la critique comme constructive et affirme que les faits qui sont dénoncés dans le rapport de Human Rights Watch seront vérifiés, et sanctionnés s'ils s'avèrent exacts. Il a d'ailleurs promis de lancer une enquête, rapporte RFI.

«Le respect de son engagement à poursuivre toute personne impliquée dans la répression abusive est une étape essentielle en faveur de la réconciliation et du retour à l’État de droit», a conclu dans le rapport Corinne Dufka, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.

Lu sur slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

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