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Contrat de construction du nouvel aéroport : Les quatre vérités du ministre des Transports


Actualité
Mardi 20 Décembre 2011 - 18:20

Le ministre de l'équipement et des transports, Yahya Ould Haddemine, s’est présenté hier devant l'Assemblée nationale. Il répondait à une question du député Tawassoul, Saleck Ould Sidi Mahmoud. La question se rapportait aux circonstances du contrat signé avec l'entreprise Najah. Le contrat vise à construire un nouvel aéroport à Nouakchott.


Contrat de construction du nouvel aéroport : Les quatre vérités du ministre des Transports

Au début c’était une idée…

Selon le ministre, la Mauritanie réfléchit à la construction d’un autre aéroport à Nouakchott depuis 1975. A l’époque l’Arabie Saoudite et le Koweït devaient le cofinancer. Mais, la guerre du Sahara aurait mis ce projet en veilleuse.
Ce n’est qu’en 2005 qu’on a commencé à reparler du nouvel aéroport. Le gouvernement a, alors, signé, quelques semaines avant l’éviction d’ Ould Taya, un contrat en ce sens avec une entreprise chinoise. Ce contrat stipulait, selon le ministre, que l’aéroport à construire devrait être une copie conforme de l’actuel aéroport. Ce qui aurait fait de lui une pure absurdité. Vu que le principal reproche à l’actuel aéroport était son manque de compétitivité: les Focker 28 ne circulent plus, les Boeing 737 ne sont plus produit, et impossible de l’élargir à cause de sa position en pleine ville.

... Puis une feuille de route...

Le contrat de 2005 aurait stipulé que le coût de l’aéroport atteigne l’équivalent de 5.2 millions tonnes de fer. Quelques mois après, le prix du fer a significativement augmenté. La Mauritanie appelle alors l’entreprise à rediscuter la clause relative au coût. Finalement, le contrat est résilié par les deux parties. 13 février 2006, une cellule est constituée au ministère de l’équipement. Elle a pour mission l’étude de tous les moyens qui pourront mener à la construction d’ «un aéroport de taille» suffisante. «Cette cellule ne travaillait pas en discrétion, vous avez toujours, en tant que députés, examiné et approuvé ses budgets annuels», a déclaré Ould Haddemine. La cellule a commencé par rassembler les «critères nominatifs» d’un aéroport «qui soit en mesure de nous épargner du besoin d’un autre aéroport international durant quatre ou cinq prochaines décennies au moins». Elle a contacté 27 compagnies et entreprises nationales et internationales, dont les représentants se seraient déplacés sur les lieux pour voir de près.

D'autre part, la cellule a – selon le ministre – fait plusieurs études sur ce projet, notamment une étude économique. En phase finale, elle s’est trouvée devant quatre possibilité: l’Etat finance le projet sur ses moyens propres, ou bien il emprunte pour le financer, ou bien on cherche une entreprise qui le finance et l’exécute et on lui confie sa gestion le temps qu’il faut pour se faire payer, ou bien on impose des impôts pour mobiliser les moyens qu’il faut.
La cellule a rapidement exclu la première possibilité. Car, il faut, pour cela, que l’Etat, vu la conjoncture actuelle, démissionne de ses services sociaux, pour se consacrer à ce projet. Puis, elle a exclu la deuxième possibilité. Parce qu’on ne doit pas concurrencer les Objectifs Millénaire pour le Développement (OMD) dans l’octroi des prêts. Après, elle a exclu la quatrième possibilité. Car, «on ne peut pas céder notre unique symbole de souveraineté aérienne à qui que ce soit» s’est défendu le ministre. Et enfin, elle a exclu la possibilité
d’exercer plus d’impôts. Car, cela va augmenter d’avantage les difficultés quotidiennes du citoyen mauritanien.

... enfin un contrat

Le ministre a indiqué que la cellule a finalement sélectionné quatre entreprises qu’elle a mises en compétition: une entreprise chinoise, une entreprise russo-allemande et deux entreprises mauritaniennes. Les offres des deux premières entreprises ont été rejetées «parce qu’elles constitueraient des fardeaux de plus sur le dos du citoyen». L’offre de la troisième entreprise, mauritanienne, a été rejetée «puisqu’elle proposait des taxes sur les billets». Ce qui était préjudiciable côté marketing. Alors que la quatrième offre a été convaincante : «451 hectares, dont 295 de l’actuel aéroport, contre une université, un hôpital, un aéroport et un hôtel de 5 étoiles» a-t-il dit. Rassurant qu’aucun sous n’a été payé sous la table et que «le contrat ne contient aucune obligation financière sur le gouvernement».

Contrat de construction du nouvel aéroport : Les quatre vérités du ministre des Transports
Répliques

Ould Haddemine a dit que ce contrat n’est pas passé ni par la Commission des Marchés publics ni par Parlement. Se justifiant par l’incompétence des deux institutions, du fait qu’il est régi par le Code des obligations et Contrats (COC). Il lui a été demandé si la «société de l’aéroport de Nouakchott» a cédé à l'Etat mauritanien la partie de l'aéroport qui sera accordée à Nejah. Pour lui, il n’existe aucune institution appelée «société de l’aéroport de Nouakchott». Personne ne peut parler de l’existence d’un directeur d’aéroport de Nouakchott: «c’est absurde. L’aéroport de Nouakchott est une infrastructure et non une institution. Si on parle de lui c’est comme si on parlait d’une route bitumée, vu que les deux ne sont que des infrastructures» a-t-il dit.

Répondant à un député qui a dit que «la signature de ce contrat en secret signifie qu’il est suspect», le ministre a justifié son refus de donner une copie de ce contrat par le fait que les demandeurs n’ont pas suivi la procédure: «je ne travaille pas dans la rue pour qu’on me demande des documents officiels n’importe où et n’importe comment. Que quelqu’un d’entre vous ou une commission quelconque passe par la voie administrative, et jugez ensuite à quel point je suis coopératif».

Fier de nos ingénieurs

Ould Haddemine a dit que son ministère a recruté 40 ingénieurs pour accompagner le processus de mise en place des infrastructures. La société Nejah a, également, selon lui, recruté des ingénieurs et docteurs-ingénieurs, venus principalement de l’occident, pour
superviser et contrôler d’avantage la construction de cet aéroport. Il a énuméré les postes qu’occuperont ou occupent déjà ces ingénieurs. Ajoutant que «les ingénieurs mauritaniens sont capables de faire beaucoup plus que ceux-ci s’ils en ont les moyens».
«Je vous rappelle que ce sont des ingénieurs mauritaniens qui ont construit l’aéroport actuel de Nouakchott et celui de Nouadhibou, le siège de la Primature, le siège social de l’ex-SMAR, l’immeuble Al Khaïma, la grande partie de la BMCI..»a-t-il dit.
 Poursuivant dans la même logique: «Je n'accepte pas que les poètes mauritaniens soient les plus grands poètes du monde, que ses oulémas soient les plus imminents (…)  et que ses
ingénieurs ne puissent rien faire. Non. Ils sont au même degré, voire plus fort, que les ingénieurs les plus expérimentés du monde» a dit le ministre qui se trouve également ingénieur en génie métallurgique.

Investissement objectif

Le nouvel aéroport aura une capacité allant jusqu'à 2 millions de passagers par an. Un chiffre que certains qualifient d’exagéré.  Mais Ould Haddemine contre attaque. Selon lui, l’annonce, en 2004, de l’existence d’importantes réserves de pétrole en Mauritanie a fait doubler le trafic aérien. Ajoutant que de tels pronostics existent toujours. Le ministre mise, également, sur la position géographique de Nouakchott: «4 heures de vol pour arriver en Amérique latine, entre 30 minutes à 4 heures pour atteindre toute capitale africaine, entre 4 heures et 6 heures pour arriver aux capitales européennes». Cette position ne nous a pas beaucoup servis, parce qu’on n’a pas d’aéroports capables de recevoir toutes les sortes d’avions, selon lui.
Cet état de fait nous prive, également, des «escales techniques» qui «constituent 50% des revenus des aéroports internationaux de par le monde»: «les avions ne traversent pas notre pays dans le sens nord/sud et vice-versa ; parce qu’ils n’osent pas aventurer dans des pays qui
n’ont pas d’aéroports capables de les recevoir en cas d’atterrissage d’urgence».
Il a conclu en disant qu’avec ce nouvel aéroport, la Mauritanie profitera, pleinement, de la position géographique de sa capitale, ainsi que de ce manque-à-gagner.

 
Mechri Ould Rabbany


              

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