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Contester un morceau, changer un morceau


Tribunes
Mercredi 16 Novembre 2011 - 01:09

On osera dire que l’année 2011, si on devait en faire le bilan, a été, en Mauritanie, celle de la jeunesse. Toute la jeunesse. Je veux dire, celle qui conteste, le pouvoir en place, dans un présent très indicatif, celle qui le contestait, dans un imparfait très imparfait, celle qui le contesta, dans un passé simple très simple, et celle, bien sûr qui le soutient, dans un présent indicatif, mais à valeur historique et atemporelle, celle qui le soutenait, dans un imparfait, bien parfait, et celle qui le soutiendra, dans un futur simple, mais éternel, tant qu’il demeurera, et autant qu’elle, aussi, existera.


Contester un morceau, changer un morceau
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Les deux jeunesses, celle qui dit oui et celle dont le non n’est qu’une transition temporaire vers un oui durable, ont marqué l’année qui décline.  Commençons d’abord par celle connue sous l’appellation du mouvement de 25 février. Celle-là qui a tempêté et bourdonné pour dénoncer les dérives d’un pouvoir qu’elle considérait comme une dictature et criait même parfois la nécessité de sa destitution. Celle-là. Où est-elle, en ce moment ? Que sont devenues ses revendications ? Ses manifestations ? Ses rendez-vous à la place des blocs rouges ? Puis, l’autre jeunesse, celle qui soutient le président de la République et qui envisageait s’arrimer sur un crédo, dit-on, très cher à celui-ci : le renouvellement de la classe politique.

L’année touche à sa fin. On retiendra que l’une et l’autre avait, chacune, une ambition louable. Les frondeurs voulaient un peu plus de justice sociale, plus de liberté, plus de démocratie, plus d’implication de la frange jeunesse. Les  courtisans espéraient un changement de la classe politique. Les premiers se sont scindés en mille morceaux. Les morceaux se haïssent désormais comme pas possible. Mais, ils se haïssent en revendiquant chacun un peu plus de justice sociale, plus de liberté, plus de démocratie, plus d’implication de la frange jeunesse. Ce qui change tout. Puisque, même si le pouvoir devait répondre favorablement à toutes ces doléances, il y répondra, forcément, mais d’une manière fragmentaire. En morceaux. Un petit morceau de justice. Une petite cuillérée à soupe de liberté. Une pincée de démocratie. Un soupçon d’implication de la jeunesse dans les affaires publiques.

Les seconds, eux aussi, ont vécu au cycle d’une cascade d’avatars impressionnante. Chaque jour, ils s’appropriaient un nouveau nom, une couleur nouvelle. Ils changeaient de noms, de directoire au fil des journées. Mais, avec une constance qui demeure le leitmotiv chez chaque avatar : le changement de la classe politique. On le sait le changement de la classe politique en question porte sur les générations politiques qui tiennent le pays depuis l’indépendance. Mais, en attendant que survienne ce changement au sein de cette classe obsolète, la jeunesse, celle qui fait de ce projet son cheval de bataille s’essaie au changement, à son propre changement. Et, à chaque métamorphose, elle change  un morceau.

L’année 2011 aura été, donc, dirons-nous, plus tard, véritablement, en Mauritanie, en tout cas,  celle de la jeunesse. Toute la jeunesse. Celle qui conteste un morceau. Et, celle qui change un morceau.


mouna-ennass.blogspot.com


              


1.Posté par darelnadio le 16/11/2011 12:19
J'ais apprécié lire cet article qui n'est autre qu'une lecture juste de la secousse sociale et politique qui a frappée notre pays en ces temps révolte planétaire . Il est vrais que, 2011 rime avec jeunesse même avec "toute la jeunesse" pour une fois. Phénomène de mode ou réel désir de rupture avec les ennemies de la république, le temps nous le dira "incha allh". Mais de tous ces morceaux, devenus viande hachées et assaisonnées à la bonne sauce "diviser pour mieux régner" vous omettez le seul qui est resté en entier. Quoi que l'on puisse dire, le mouvement TPAN est celui qui a fait le plus bouger les lignes dans ses revendications. Par cette omission, je veux bien retenir que l’épuisement de votre encre et non la limite de votre analyse.

2.Posté par Diallo le 16/11/2011 12:48
J'allais juste commenter pour mettre l'accent sur cette omission. Donc entièrement d'accord avec DARELNADIO.

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