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Conflits fonciers : Le cas symbolique de Gourel Fally


Société
Jeudi 9 Août 2012 - 16:39

«Des risques permanents de conflits fonciers, qui peuvent se terminer dramatiquement dans la Vallée». C’est ce qu’a dénoncé ce mardi 7 aout à Nouakchott, un rapport du collectif touche pas à ma nationalité, de retour d’une mission à Gourel Fally, près de Kankossa dans l’Assaba.


Le chef du village Gourel Fally, Kolomba Fally.
Le chef du village Gourel Fally, Kolomba Fally.
«C'est une situation très particulière, et un dossier épineux qui concernent une spoliation des terres qui date de 1989» présente d’emblée le coordinateur du mouvement touche pas à ma nationalité, Abdoul Birane Wane.

De retour d’une mission de quelques jours dans l’Assaba, dans la bourgade de Gourel Fally, TPMN prévient sur un risque d'affrontements qui existerait entre les peuls et les haratines de cette zone.

«Cette localité est habitée par des peuls déportés en 1989. Il y eut une première vague de retour en 1996. De retour ils n'ont retrouvé ni leurs biens, ni leurs bétails, ni leurs terres, vivant dans le dénuement le plus total» explique Wane.

De retour de déportation, ils ont trouvé une communauté Harratine installée à Garrala, à 5 km de Gourrel Fally, «qui vient cultiver les terres des peuls» soutient le rapport de TPMN. «Cette communauté Harratine est armée depuis les événements, avec des armes dont ils ont été équipés par l'état» accuse le coordinateur du collectif.

Une situation tendue qui doit être désamorcée, par les autorités entre autres, vers qui les habitants se seraient allés à maintes reprises. En vain. Aujourd’hui ils fondent leurs espoirs sur la société civile mauritanienne.

«Ils ont décidé de nous réduire en cendre avec la complicité des autorités locales et ils sont armés. C’est pourquoi nous demandons de l'aide» clame dans la vidéo rapportée par TPMN de sa mission, Moussa Bourang Diallo habitant de Gourel Fally.

Calmer les cœurs et les esprits

Les anciennes terres des habitants de Gourel Fally, à 50 mètres du village.
Les anciennes terres des habitants de Gourel Fally, à 50 mètres du village.
«Nous suivons le cas de Gourel Fally depuis qu'ils sont revenus. J'y vais tous les trois mois depuis plusieurs années, car leur cas est symbolique et critique» affirme Mamadou Sarr, SG du forum national des droits de l’homme (FONADH), présent à la conférence.

Le FONADH aurait mobilisé le HCR, les autorités administratives, en vain là encore.

«Au moment du retour, le préfet avait délimité les terres à partir d'un cours d'eau. Quand ce Hakem est parti, le nouveau à donne comme instruction aux harratines de tout clôturer. Nous en avions averti le gouverneur et le Hakem qui sont spécifiquement derrière ce problème» raconte le SG.

«Aujourd'hui avec Boubacar Ould Messaoud de SOS-Esclaves, nous faisons en sorte qu'il y ait un dialogue intercommunautaire, avec le projet en commun "appui à la terre et aux revendications des déportés de retour"» continue monsieur Sarr, qui souhaite que les cœurs et les esprits des communautés concernées s’apaisent pendant qu’une solution est recherchée.

«Si on ne trouve pas de solutions consensuelles, il y a un risque non négligeable de conflit armé, d'autant que l'administration se fiche de cela. Et cela ne devrait pas être avec à peine 1/20ème des terres arables de la vallée aménagées !» assène Mamadou Sarr.

Abdoul Birane Wane opine, mais soutient tout de même que «le cas de Gourrel Fally est symbolique de tout ce qui se passe ans la vallée. Gourel Fally doit être le point de départ pour dénoncer le problème des terres de plus en plus aiguë et critique. Les risques de guerre sont plus présents qu'on ne le pense».

Des anciens déportés toujours dans la précarité

La salle de classe de Gourel Fally, qui attend instituteur et tableau.
La salle de classe de Gourel Fally, qui attend instituteur et tableau.
Membre de la mission qui était dans l’Assaba, le rappeur du groupe Minen Teyi, et aussi membre de TPMN, Yero Bâ, estime «justes» les propos du FONADH, mais présente une «situation d’urgence» pour des habitants en situation «précaire».

«Les habitants de Gourel Fally ne sont toujours pas recensés, n'ayant pas reçu les papiers qu'on leur avait promis retour. Ils n'ont pas d'école, pas de maisons viables, vivent en terrain inondable» soutient Yero Bâ.

Ce que rapporte également dans la vidéo de mission, le chef du village, Kolomba Fally. «À Garalla, on compte un centre de soins, un cycle primaire complet, une mosquée, alors que la fondation de ce village est bien postérieure à celle de Goural Fally» présente-t-il.

Compte-rendu de MLK
Mamoudou Kane


              

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