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Conférence des donateurs pour le Mali : L’œil d’une mauritanienne présente aux débats


International
Dimanche 19 Mai 2013 - 15:45

Une centaine de pays et d'institutions internationales se sont réunis mercredi 15 mai à Bruxelles. Parallèlement, Plus de 40 femmes du Sahel se sont réunies pour souligner l’importance de la contribution des femmes en faveur du redressement économique, de la stabilité politique et de la prévention des conflits, notamment au Mali. Aïssata Lam, présidente de la jeune chambre de commerce de Mauritanie y était. Perspective sahélienne.


Aïssata Lam (d), lors de la conférence des donateurs pour le Mali. Noorinfo/Watt
Aïssata Lam (d), lors de la conférence des donateurs pour le Mali. Noorinfo/Watt
En amont de la conférence des donateurs pour le Mali, qui a permis de récolter plus de 3 milliards d’euros pour sa reconstruction, plus de quarante femmes originaires du Sahel qui se sont distinguées par leurs actions en faveur de la promotion du rôle de la femme dans le développement politique et social de la région ainsi que de la paix et de la sécurité, se sont réunies à Bruxelles.

«Ces femmes de générations différentes issues notamment de la société civile, des Gouvernements et institutions des Etats du Sahel, des milieux universitaires, des organisations internationales compétentes ont procédé à un état des lieux du rôle des femmes au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso, au Sénégal, en Algérie, au Tchad en particulier et elles ont réfléchi aux moyens de promouvoir ce rôle davantage» explique Catherine Ashton, haute représentante de l’UE, à l’initiative de cette rencontre.

Aïssata Lam, présidente de la jeune chambre de commerce de Mauritanie (JCCM), y était comme une représentante de la Mauritanie. Comme d’autres, elle souligne l’importance d’une telle initiative.

« «Ce qui est fait pour nous, sans nous, est contre nous» : Une collègue du Niger citait ces mots de Nelson Mandela lors de la réunion du 9 avril. Et effectivement, on a trop souvent agi dans le Sahel notamment en prétextant une lutte pour les intérêts des autochtones. Mais quel intérêt si on ne leur demande pas ce qu’ils veulent ? J’ai eu l’honneur de participer à ces discussions, en tant que jeune mauritanienne et aussi sahélienne, avec de brillantes femmes, combattantes, endurantes, engagées et décidées à prendre leur place au cœur de l’action et non pas seulement des discussions » affirme la présidente de la JCCM.

Au-delà de la question genre qui est au centre des débats et des plans d’action des organisations, des ONG et des gouvernements, cette table ronde a été l’occasion de poser la question de savoir comment les femmes devaient être appuyées pour nourrir la chaine de valeur économique dans les pays de la région, mais aussi et surtout comment enclencher et mettre en marche l’inclusion des femmes du Sahel a tous les niveaux. Le cas malien s’y est posé avec acuité. « Ce n'est plus donc une question d'équité mais de «bon sens» sachant la place que nous occupons dans la région et le continent» précise Aïssata Lam.

Le leadership des femmes

«La faible représentation actuelle des femmes en politique et dans les systèmes de gouvernance, y compris les différentes commissions de négociation et de médiation au plan national, est préoccupante» s’inquiète le rapport de cette conférence sur le thème «femmes, stabilité et développement au Sahel».

«Leur représentativité dans les instances de prise de décision, justement, doivent être renforcée, à travers les quotas, le renforcement de capacité des entreprises et l’appui aux organisations initiées et présidées par les femmes. Ce n’est qu’ainsi qu’elles pourront exercer pleinement leur rôle économique et de mentor a la nouvelle génération» appuie Aïssata Lam qui salue au passage les initiatives, entres autres de la banque africaine pour le développement, qui font en sorte que cette question cruciale ne fasse pas l’objet que d’un débat stérile.

La reconstruction de l’économie et de la paix maliennes

Les 3,25 milliards d’euros recueillis lors de la réunion des donateurs à Bruxelles sont une manne, qui, selon les femmes présentes à cette rencontre, devront «nécessairement intégrer dans leur gestion, le plus de femmes possibles, pour rebâtir une nation prospère et plus forte malgré la crise» résume Aïssata Lam.

Une telle prospérité réclame d’abord une paix solide et pérenne. Et pour cela, «L'impunité des crimes dans la plupart des pays du Sahel, entre autres au Mali, est l'une des causes principales du déclenchement et de la perpétuation des conflits » rappelle le rapport de résumé de cette rencontre féminine.

« La lutte contre l’impunité, y compris pour les violences basées sur le genre engendrées par le conflit et toutes autres violences qui affectent la dignité des femmes, est fondamentale pour le rétablissement de la stabilité et la construction durable de la paix» exhorte le rapport.

Une des solutions tangibles et crédibles pour diminuer ces violences, est «la mise en place et la promotion de systèmes d’éducation inter-religieux, avec des femmes comme éducatrices, qui sont les mieux placées pour évoquer la place de la femme dans la religion et sensibiliser les jeunes filles à ce sujet» opine la jeune mauritanienne.
Mamoudou Kane


              

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