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Conférence de presse du Président de la République : Le tournant


Actualité
Lundi 3 Décembre 2012 - 15:00

C’est un Ould Abdel Aziz très décontracté qui sort de la résidence pour se rendre dans les jardins de la présidence où l’attendent les cinq journalistes qui doivent l’interroger pendant une heure et demie, ce sera pendant deux heures, lui se prêtant parfaitement au jeu et refusant de montrer la moindre indisposition.


Conférence de presse du Président de la République : Le tournant
Accompagné du ministre de la communication, Me Hamdi Ould Mahjoub et de son Directeur du Protocole, Demane Ould Hemmar, il arrive, salue les journalistes qui se présentent à lui et prend place sur le fauteuil qui lui a été réservé. Derrière lui, la fontaine de la présidence, entourée de grands palmiers, et en face, les journalistes. Le bruit de l’eau et des palmes qui bougent au gré du vent, font dire au Président en s’adressant aux techniciens de la télévision : «Le bruit ne vous dérange pas ?» Puis, se tournant vers les intervieweurs, «il ne fait pas trop frais ici ?» Et comme pour les avertir : «Nous avons une heure trente pour passer tout ce que nous avons à nous dire. Essayons de respecter cela…» La préparation technique donne l’occasion de se moquer les uns des autres. A propos de Sy Mamoudou, directeur de l’Eveil et président du Regroupement des éditeurs : «est-ce que vous serez dérangé si on appelait Sy président ?» Le Président répond : «Vous savez, dans ce pays, un président de plus ou de moins, ça ne dérange pas…» L’émission est brusquement lancée.

Par une introduction du Président de la République qui exprime ses remerciements à l'ensemble des Mauritaniens pour l'élan de solidarité manifesté à son égard personnel après l'accident dont il avait été victime il y a quelques semaines. «Le meilleur moyen de remercier ce grand peuple, c'est de rester à son service, de travailler à améliorer ses conditions de vie, d'instaurer la justice et de renforcer le pouvoir d'achat». Insistant sur le droit du citoyen à l'information et à jouir de tous ses droits dans un système démocratique qui lui préserve l’ensemble de ses libertés. 

Dans cette introduction, le Président Ould Abdel Aziz a parlé du dialogue, organisé il y a quelques mois entre les partis de la majorité présidentielle et des formations de l'opposition, et de ses résultats. Il a estimé que ce dialogue a permis d’aboutir à la mise en forme d’une plateforme centrée sur l'ancrage de la démocratie par des réformes constitutionnelles fondamentales visant à équilibrer les pouvoirs, à consolider la justice et à renforcer la stabilité du pays. L’étape cruciale de l’application des résultats de ce dialogue a été la mise en place d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), suivie par la révision des lois relatives à l'organisation des élections. Et ce pour donner à cette CENI tous les pouvoirs afin de mener à bien sa mission qui est celle d’assurer l’organisation d’élections transparentes et régulières.

Le temps pour lui aussi de parler des réalisations et des actions de son gouvernement durant la période passée. Il s’agissait de continuer la mise en œuvre des programmes visant à améliorer les conditions de vie des populations telles que les infrastructures, l'eau, l'électricité, la santé et l'éducation, sans parler des efforts déployés dans les domaines de la réduction des prix, de l'augmentation des salaires et de la lutte contre le chômage. Il a également insisté sur la sécurité qui demeure une condition sine qua none du développement du pays et de sa stabilité.

Il a expliqué que le maillage du pays continue par le désenclavement de toutes les régions, de tous les points de concentration. Cela commence par la construction de routes reliant Wilayas entre elles, départements et villes. De telle manière à créer un réseau routier national permettant de se déplacer là où l’on veut. Ce programme qui est réalisé sur financements de l’Etat mauritanien, est en bonne voie.

C’est ce volontarisme, clairement exprimé dans l’action du gouvernement, qui permet aujourd’hui d’ouvrir de belles perspectives devant la Mauritanie, grâce notamment à l’appui et à la confiance de ses partenaires techniques et financiers, mais aussi à la bonne gestion de ses ressources.

A la question de savoir comment prend-il les accusations disant que son régime est un régime militaire autoritariste, qui s’appuie sur l’Armée dans l’exercice de son pouvoir, le Président Ould Abdel Aziz a rappelé que quand il y a eu le coup d’Etat du 6 août 2008, il a circonscrit l’appartenance au Conseil d’Etat aux seuls commandants de la place de Nouakchott. Et dès août 2005, il s’était abstenu de nommer des officiers à la tête d’entreprises publiques, dans des ministères ou à des postes d’ambassadeurs. Une façon pour lui de les exclure de la gestion des affaires publiques et de les cantonner dans leur domaine de prédilection qui est celui de la défense de l’intégrité et de la stabilité du pays.

«Les militaires ne me font pas honte. Ils s’acquittent honorablement de leur mission qu’ils remplissent désormais efficacement». Avant de se poser la question : «Mais est-ce que les militaires ont dirigé réellement le pays depuis 1978 ?» L’occasion de rappeler le rôle des groupuscules politiques et de l’élite civile qui a largement contribué à la déconfiture de l’Etat aujourd’hui dénoncée. Demandant enfin aux politiques de «laisser les militaires faire leur travail et de les aider à le faire en s’abstenant de les impliquer dans des théâtres qui ne sont pas faits pour eux».

Reconnaissant les déficiences en matière de communication, le Président Ould Abdel Aziz a tenu à rappeler les faits qui sont d’une grande banalité, un agencement du Destin difficile à concevoir en soi, à accepter tel quel. «Le ministre de la communication et des relations avec le Parlement a relaté les faits quelques heures après avant que je me prononce moi-même dès que j'ai pu le faire, sur le lit d'hôpital, malgré les réserves de certains de ceux qui m’entouraient», a-t-il rappelé, affirmant que rien n'est caché et que les rumeurs propagées sont totalement infondées.

«Je ne suis certes pas le même qu’avant le 13 octobre, mais je suis en parfaite santé. Dans la mesure où, après les trois opérations subies l’une à Nouakchott et les deux autres en France, je suis en voie de rétablissement complet. J’ai perdu beaucoup de sang, certains de mes organes ont été touchés et la convalescence prend le temps qu’il faut». Assurant qu’il n’y a aucune séquelle à l’accident dont il a été victime. 

«Juste après l'incident, j'ai contacté les chefs d'Etats major et les médecins pour préparer l'intervention. J’avais dit aux chefs d’Etats Major des Armées et de la Gendarmerie que le véhicule banalisé ne devait pas échapper. Dans la même nuit, on m'a informé que l'auteur du tir a été arrêté. Mais quand j’ai compris qu’il s’agissait d’une initiative malheureuse prise par un jeune officier qui ne devait pas être là, j’ai décidé de ne pas donner suite à l’affaire. J’ai donc donné ordre de le faire libérer immédiatement. Chacun est libre de dire ce qu’il veut, mais la vérité est toute simple».

Sur la question de savoir pourquoi il ne publie pas son bulletin de santé, Ould Abdel Aziz répond : «Qu’est-ce qui m’y oblige ? Même si je n’ai rien à cacher sur mon état, je ne suis pas prêt à répondre aux ragots que certains ont du plaisir à entretenir croyant peut-être que cela leur ouvrira les portes du pouvoir».

Sur la hausse des prix, le Président Ould Abdel Aziz a rappelé que la Mauritanie importe tout ce qu’elle consomme, ce qui la rend à la merci des fluctuations des prix dans le monde. Il a ajouté que dans le contexte de crise internationale que traverse toutes les nations, aucun pays au monde ne réduit les prix ni ne procède aux augmentations des salaires, signalant qu'en Europe, par exemple, la tendance est plutôt au licenciement des travailleurs et à la diminution des salaires. Ajoutant qu’«en dépit de cette conjoncture internationale particulièrement difficile, nous avons fait l’effort nécessaire pour augmenter les salaires, subventionner les produits de base au profit des plus démunis à travers l’élargissement et le développement de la composante ‘’Boutiques’’ du projet Emel et promu l’emploi pour réduire le chômage. C’est dans ce cadre qu’une augmentation substantielle a été décidée à partir du 1er janvier 2013 et que l’ITS est appelé à disparaitre». Cette hausse des salaires de 30% pour les salaires faibles et 10% pour les autres, peut paraitre en-deçà des 100% d’augmentation opérés pendant la première transition. «La première augmentation s’est faite sur le point indiciaire des salaires, dans la réalité elle n’a pas signifié une multiplication par deux des salaires, elle a d’ailleurs coûté 5,5 milliards au budget de l’Etat. La présente augmentation permettra une augmentation substantielle des salaires et coûtera au budget 9 milliards, ce qui indique qu’elle est plus importante». Et de rappeler que depuis 2010, les revenus ont été considérablement améliorés, notamment par le versement d’indemnités (logement, transport) qui ne bénéficiaient réellement qu’aux plus nantis des fonctionnaires.

Pour ce qui est du chômage, le Président Ould Abdel Aziz pense que le problème fondamental vient de l’inadéquation entre la formation et la demande du marché de l’emploi. «Nous sommes un pays minier en voie de développement dont la demande essentielle est dans la formation technique et scientifique. Plus de 80% de nos diplômés actuels ont fait les sciences humaines et n’ont aucune qualification technique. Du coup il est difficile de les caser». C’est pourquoi les pouvoirs publics ont choisi d’opter d’abord pour la réforme du système éducatif, et en attendant que cette réforme soit lancée, de multiplier les centres de formation technique dans le pays. «Nous avons besoin de médecins, de techniciens, d’ingénieurs et moins de juristes, d’historiens ou de littéraires».

A propos des élections, le Président Ould Abdel Aziz a dit que son gouvernement s’attèle à accomplir sa mission qui est celle de mettre en place toutes les conditions techniques pouvant mener à l’organisation d’élections régulières et transparentes. «L’enrôlement au niveau de l’Etat civil est très avancé et dans quelques semaines, le gouvernement pourra être prêt à disponibiliser son savoir-faire et ses moyens techniques devant la CENI à qui revient le droit de décider de la date et de l’organisation effective de ces élections». Et que faire des conditions de l’Opposition ? «Lesquelles ? Nous ne sommes pas au courant de demandes particulières concernant les élections de la part de l’Opposition. Elles seront organisées selon les termes de l’accord établi à partir du dialogue qui a eu lieu entre la Majorité et une partie de l’Opposition. Les élections pourraient être organisées dans quelques mois et tout sera fait pour assurer la régularité de ces élections. C’est au peuple mauritanien de dire à qui il donne sa confiance».

Est-ce qu’il n’est pas temps de renforcer le front intérieur, surtout à la lumière des risques qui pèsent sur le pays du fait de la situation dans la région ? «J’estime que tout citoyen doit défendre son pays, s’intéresser à son avenir, refuser qu’on le menace et soutenir son développement. Nous avons aujourd’hui la capacité de nous défendre. Nos forces armées disposent désormais des moyens humains et matériels pour remplir leur mission de défense du territoire. Et pour ce faire nous avons renforcé la présence des forces armées partout où il faut. Aujourd’hui, l’ensemble du territoire national est réellement sous contrôle de la Mauritanie. Nous avons créé une base à Lemreyye, une base où stationnent un millier d’hommes et où se trouve un grand aéroport pouvant recevoir n’importe quel type d’avion. Nous surveillons étroitement les mouvements des ennemis potentiels au Nord du Mali. Nous ne demandons pas à l’Opposition de nous soutenir, mais nous exigeons d’elle un minimum de retenue quand il s’agit d’une menace qui pèse sur l’existence du pays».

C’est cette préparation qui nous permet aujourd’hui de refuser de participer à une guerre dont les objectifs et les moyens ne sont clairement définis. Forte de son expérience, la Mauritanie de Ould Abdel Aziz défend un processus politique à même de permettre la stabilisation définitive du Mali et le recouvrement de son intégrité. Pour ce faire, il faut nécessairement passer la légitimation du pouvoir à Bamako, la réorganisation de l’Armée malienne et sa mise en avant dans la guerre programmée, ce que Ould Abdel Aziz ne dit pas. Se contentant de rappeler que vu l’ancienneté des revendications des gens du Nord malien, il est temps de trouver une solution négociée à ce problème, à épurer ensuite le Nord des groupes terroristes. Pour cela, la guerre seule ne suffit pas.

Est-ce que le fait de voir les terroristes occuper Léré, à moins de 100 km de nos frontières, n’est pas une menace en soi ? «Léré n’est pas en territoire mauritanien. Elle a été effectivement occupée par un élément d’Ançar Eddine. Nous, nous sommes chez nous. Tant qu’ils ne s’approchent pas de nos frontières, nous estimerons qu’il n’y a pas de menace directe. Le jour où ils attaqueront notre pays, nous irons au-delà de la simple riposte. Ils savent parfaitement ce que cela veut dire».

Interrogé sur l'agression dont le Président de Tawaçoul d’une part et le journaliste Ahmedou Ould Wadi’a d’autre part auraient été victimes, le Président Ould Abdel Aziz a rappelé que, tous les jours, il subit, lui-même, des agressions morales. Toutefois, a-t-il dit, les services de sécurité sont là pour protéger les citoyens contre les agressions et si, il arrive qu’un citoyen soit agressé justice devra être scrupuleusement rendue. 

Sur ses relations avec l’Opposition non participante au dialogue, la COD en somme, le Président Ould Abdel Aziz a exprimé son désir de laisser toutes les portes ouvertes au dialogue. Pour lui, c’est l’Opposition qui a refusé l’initiative de Messaoud Ould Boulkheir parce qu’elle lui a préféré l’exigence du départ du Président élu à 52% dans une élection consensuelle et conjointement organisée par toutes les parties sous la supervision d’un comité international de suivi qui a validé cette élection. «Après cette élection, nous nous dirigions vers un équilibre entre une Majorité au pouvoir et une Opposition jouant pleinement son rôle de contre-pouvoir quand des évènements extérieurs sont survenus. Cela a donné des idées à certains qui se sont empressés de s’inscrire dans la logique de la rupture et de la confrontation. Deux ans après, cela n’a rien donné. Ils ont la liberté aujourd’hui de manifester, de dire ce qu’ils veulent, d’ailleurs ils ne font que ça, mais ils doivent attendre les élections pour avoir la confiance du peuple mauritanien. C’est ça qui permet d’accéder au pouvoir, rien d’autre».

Au sujet du prix des hydrocarbures, Il a indiqué que les prix de ces produits sont tributaires des cours mondiaux du pétrole, soulignant que la Mauritanie qui ne dispose pas d’une raffinerie, importe l'ensemble de ses besoins en carburant, même si elle produit entre 10.000 et 12.000 barils de brut. Il a ajouté que «l'Etat subventionne à hauteur de 70 à 80 ouguiya chaque litre d'essence consommé dans le pays et qu'il dépense, chaque année, de 600 à 700 millions de dollars pour les importations de carburant. C'est la loi du marché qui dicte le prix et non un besoin de notre budget», a assuré Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz.

Il a rappelé qu'en 2009, le prix du litre de carburant avait été réduit de 4 ou de 5 ouguiyas parce que la situation le permettait.
Evoquant l'accord de pêche avec l'Union européenne, il a révélé qu'il n'a pas été budgétisé pour cet exercice pour éviter que cela ne soit un moyen de pression entre les mains des négociateurs européens. «Nous n’avions pas besoin de cet apport pour boucler notre budget. Ce qui a permis de conclure un accord largement profitable à la Mauritanie. Au cours de la réunion des Ambassadeurs européens, seuls quatre pays se sont prononcés contre». Il s’agit de l’Espagne, le Portugal, la Lettonie et la Lituanie. Lesquels ne pèsent pas gros en terme de quota au sein des pays de l’UE. Ce qui laisse prévoir le passage de l’accord devant le Conseil des ministres et le Parlement très prochainement. «Ce sera une ressource supplémentaire qui accroitra l’excédent budgétaire de cet année», a souligné Ould Abdel Aziz.

A propos de l’affaire liée à l’approvisionnement en eau de la ville de Magta Lahjar, le Président a expliqué que devant la réticence de la partie espagnole à disponibiliser les 10 millions d’euros promis à cet effet, il s’est vu contraint de confier ce projet au Génie militaire qui l’a réalisé dans les conditions techniques et financières optimales. «Nous ne pouvions pas croiser les bras et attendre indéfiniment. La réalisation de ce projet nous a permis de renforcer l’expérience du Génie militaire en la matière, d’ailleurs nous lui confions l’alimentation de Sélibaby en eau à partir du fleuve. Grâce à la construction d’une usine de production de la tuyauterie à Kiffa et celle des poteaux électriques à Aleg, nous pouvons désormais étendre tous les réseaux d’eau et d’électricité du pays».

Le président de la République a indiqué qu'il continue d'accorder la priorité au secteur de la santé, assurant que tous les équipements de santé requis ont été acquis, faisant remarquer que ce secteur connaît un déficit en ressources humaines. Il a ajouté qu'une procédure est en cours pour permettre le recrutement des médecins étrangers. Il a également précisé avoir ordonné une enquête indépendante pour déterminer les circonstances dans lesquelles deux enfants sont morts au cours de la vaccination. Des mesures fermes seront prises en cas de responsabilité établie.

Sur une question particulière se rapportant à Abdallah Senoussi, l’ancien chef des renseignements libyens livré à son pays il y a quelques mois, le Président a tenu à rappeler que la Mauritanie avait refusé de le livrer à des pays beaucoup plus puissants que la Libye pour la simple raison que l’option initiale a toujours été de ne livrer qu’aux autorités de son pays. «Quand la Libye a organisé ses premières élections et que la situation a semblé se normaliser et se légitimer, nous l’avons livré à son pays. Sans contrepartie». Et d’en profiter pour dire que «les 61 milliards dont parle l’Opposition dans les comptes du Trésor font partie des liquidités qui s’y trouvent. Il y a plus que 80 milliards à présent dans les comptes du Trésor. Pourquoi faut-il s’étonner d’une trésorerie liquide alors qu’on se taisait sur une trésorerie vide ? Cela relève de la mauvaise foi».

Et pour conclure : «Je pars demain vendredi 10:30 mn en France où j’ai un rendez-vous médical samedi. Je pourrai rester une semaine ou dix jours, selon l’avis des médecins». De quoi couper court aux rumeurs qui ont failli déstabiliser le pays ces derniers temps. Comme quoi la leçon a été retenue. Tant mieux.
 
Mohamed Fall Ould Oumeir
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