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Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM): «Une grève symbolique pour les droits des travailleurs»


Actualité
Mercredi 27 Juillet 2011 - 13:34

Trois semaines après le préavis de grève générale communiqué à la primature, la CGTM a mis sa menace à exécution ce mardi 26 juillet. Une grève suivie selon la confédération à plus de 60%, qui réclame du gouvernement plus d'ouverture dans les discussions, et moins de tyrannie.


Des militants de la CGTM au siège de leur syndicat à Nouakchott
Des militants de la CGTM au siège de leur syndicat à Nouakchott
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«Les travailleurs du pays vivent une situation particulièrement alarmante suite à la flambée des prix. Il n'y a aucune justice sociale, de redistribution équitable des richesses, n'en parlons même pas» dénonce Ahmed Salem, membre de la CGTM. «La Mauritanie est confrontée à un pillage systématique de nos ressources naturelles avec la complicité des multinationales. D'où entre autres, la crise sociale majeure qui sévit, un taux de chômage de plus de 33%, et un pouvoir d'achat insignifiant» acquiesce Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah, secrétaire général de la CGTM. C'est fort de ce constat que la plateforme de préavis de grève envoyée au Premier ministre le 4 juillet dernier, assortie d'un préavis de grève de 24 heures, invitait le gouvernement et le patronat à augmenter les salaires, à renforcer la sécurité sociale et sanitaire, ainsi qu'un certain nombre de points relatifs à la formation et la protection du travailleur mauritanien.

Ceci, «pour montrer que notre objectif n’est pas de mettre le pays à genoux économiquement, mais d’envoyer un message clair au gouvernement que les travailleurs sont déterminés à faire respecter leurs droits et la loi dans ce pays» explique Nahah. «D'autant que ces négociations se passent avec des syndicats fantoches en pleine déconfiture tels que l'UTM, et dont les membres se réduisent comme peau de chagrin» continue-t-il. Le gouvernement face à cette situation et à l’insistance de la part des travailleurs d’ouvrir des négociations refuserait de respecter cette disposition. «Le gouvernement a défini unilatéralement le format des discussions. Ce qui nous donnait perdant à l'avance, avec un exécutif qui se définit comme seul maitre à bord; on lui a donné un préavis après ce constat, auquel il n'a pas réagi, ce qui nous a mené à cette grève. Grève suivie sur tout le territoire dans tous les secteurs d'activité (industries de transformation, BTP, télécommunication, mines, port de Nouakchott bloqué etc), à plus de 60% en moyenne» revendique Baydi Sall, membre de la CGTM, et travaillant au port de Nouakchott. Voilà quel serait selon la CGTM le point de divergence essentielle entre eux et le gouvernement.

Grève légale ou illégale?

Le SG de la CGTM se félicite de ce chiffre de 60%. «un camouflet» selon lui, pour une direction du travail qui ne misait pas sur cette grève. «Cette grève est illicite et sera certainement vouée à l'échec. D'autant que les travailleurs doivent comprendre (…) que tout arrêt de travail qui ne respecte pas les dispositions législatives en vigueur, notamment l'article 363 du code du travail, peut entrainer le licenciement du travailleur pour faute lourde sans indemnité de préavis» menace Elbekkaye Abdelkader, directeur du travail et de la prévoyance sociale dans un mail adressé à l'union nationale du patronat mauritanien. «Je vous demande de vulgariser auprès de vos membres du caractère illicite de cette grève» se réjouit le secrétaire général de l'union national pour le patronat mauritanien (UNPM), Seyid Ould Abdallahi, s'adressant à ses pairs syndicaux en réponse à ce mail.

Le secrétaire général de la CGTM estime que si «le ministère du travail dit cette grève illégale, à aucun moment il ne précise en quoi la procédure est violée»; or une grève ne peut être dite juridiquement illégale que si un quelconque viol de procédure est constaté. «Ce n'est pas le cas ici, et au ministère du travail de prouver le contraire» défie Nahah.
Interrogé sur cet grève le patronat botte en touche. «En ce qui concerne le patronat, on s'en tient aux négociations collectives de travail lancées dans les formes et conditions requises avec les partenaires sociaux. Et les négociations avancent bien» explique, laconique, le SG de l'UNPM. «C'est faux! Les négociations ont été engagées en violation des dispositions législatives, notamment celles des articles 90 et 265 de la loi N017-2004 portant code du travail, et relatives à la représentativité des syndicats de travailleurs» s'insurge Nahah.
Un succès que cette grève donc, et une «démonstration de force et de détermination» qui devrait selon ses organisateurs pousser le gouvernement à moins de tyrannie et plus de concertations dans de réelles négociations avec les syndicats représentatifs.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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