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Comprendre la galaxie terroriste dans le Sahel


International
Vendredi 18 Juillet 2014 - 00:30


Comprendre la galaxie terroriste dans le Sahel
François Hollande démarre sa tournée africaine ce jeudi 17 juillet par une visite en Côte d’Ivoire, avant le Niger et le Tchad. Dans ces deux derniers pays, comme dans le reste du Sahel, des dizaines de groupes armés occupent le terrain. Indépendantistes touaregs, islamistes, trafiquants… les motivations de ces groupes ne sont pas homogènes.
 
Ils profitent de la faiblesse des États du Sahel pour prospérer. Le Sahel est une galaxie, une véritable auberge espagnole du terrorisme. Des dizaines de groupes, de sous-groupes, de sous-sous-groupes composent cette mosaïque qui s’étend du littoral atlantique à la Libye. Des groupes aux objectifs, à l’agenda et aux dirigeants protéiformes. Comment y voir un peu clair ? Distinguons les groupes armés politiques des islamistes.
 
MNLA, Touaregs contre gouvernement
 
Pour les premiers, la guerre est un autre moyen de faire de la politique. C’est l’ambition du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la rébellion touarègue qui a chassé l’armée malienne du nord du Mali et proclamé, en mai 2012, l’indépendance de la région conquise.
 
Son foyer se trouve aujourd’hui à Kidal. Et il dispose de bases arrière en Mauritanie. Il s’oppose à l’installation de l’autorité malienne à Kidal, se heurte violemment à son armée (en premier lieu au bataillon commandé par le général El Hadj Gamou, un Touareg d’une ethnie ennemie de celle du MNLA), à la branche pro-gouvernementale du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA, un groupe armé qui défend les Arabes du nord du Mali) et au groupe islamiste du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
 
Installer un ordre religieux rigoureux
 
Du côté des islamistes, il s’agit d’instaurer un ordre religieux rigoureux (de type salafiste), de lutter contre l’Occident et ses alliés africains, confondus avec les autorités politiques régionales. Ces groupes sont souvent liés aux trafiquants du Sahel : ceux qui s’occupent de la traite humaine, de la drogue et des cigarettes.
 
Le plus ancien et le plus puissant groupe terroriste du Sahel est Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). D’origine algérienne, il est issu du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).
 
Aqmi s’installe dans le Sahel après avoir été chassé du Maghreb, au milieu des années 2000. Depuis mars 2013, Aqmi est commandé par Djamel Okacha (son nom de guerre Yahia Abou El Houmâm). Il porte le grade d’émir.
 
Aqmi et ses katiba
 
Cette organisation est divisée en plusieurs groupes armés (les katiba, quatre ou cinq, selon les sources). On y trouve la katiba Al Fourghan, commandée initialement par Djamel Okacha, aujourd’hui par le Mauritano-Libyen Aderrahmane (dit Talha) : une katiba à dominante arabe où l’on trouve aussi des Peuls et des Songhaïs.
 
La katiba Tarik Ibn Ziyad, commandée par l’Algérien Said, dit « Abou Moughatil ».
 
Et la katiba Al Ansar, composée de Touaregs, commandée par Hamada Ag Hama (dit Abdelkrim Taleb). L’otage français Serge Lazarevic – enlevé avec Philippe Verdon (mort en 2012) en novembre 2011 au Mali – serait entre ses mains. Cette katiba a également revendiqué l’enlèvement et l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes de RFI tués le 2 novembre 2013.
 
Le Mujao et Ansar Dine
 
Séparés d’Aqmi en 2012, Les Signataires par le sang sont créés par Mokhtar Belmokhtar, l’un des plus célèbres chefs d’Aqmi. Ce groupe s’allie avec le Mujao en le 22 août 2013 et forme un nouveau mouvement : Al-Mourabitoune (les Almoravides). Le Mujao est né lui-même d’une scission avec Aqmi : il opère surtout dans la région de Gao au Mali.
 
Ansar Dine regroupe des Touaregs islamistes séparés du MNLA et commandés par Iyad Ag Ghali, et opère dans le nord du Mali.
 
Des recrues parmi les laissés-pour-compte
 
Tous ces groupes ne sont pas directement liés aux islamistes nigérians de Boko Haram, aux chebabs somaliens ou bien encore aux djihadistes de l’État islamique. Ils ne sont pas unis dans une même structure.
 
Ces groupes ne sont pas près de disparaître du Sahel, analyse Roddy Barclay, le responsable Afrique de l’Ouest de Control Risks, une entreprise de conseil en sécurité : « Tant que les États de la région seront caractérisés par la faiblesse de leurs institutions et de leurs armées, par la corruption, par la privatisation du pouvoir et des richesses, les groupes armés n’auront aucun mal à prospérer et à attirer des nouvelles recrues parmi les laissés-pour-compte. »
 
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Le Sahel, une exception démographique
 
Le Sahel désigne la bande de territoires qui bordent le Sahara. D’une superficie de 3 millions de km², il recouvre entièrement ou pour partie un grand nombre de pays : le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, l’Algérie, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Soudan et le Cap Vert.
 
Le taux de fécondité y est le plus élevé au monde, avec 6 à 7 enfants par femme sur l’ensemble de la région.
 
La progression démographique y est exceptionnelle : la population a été multipliée par 5 entre 1950 et 2010, passant de 17 à 81 millions. Les projections estiment que cette population va plus que doubler dans les quarante années à venir, pour atteindre 200 millions en 2050.
 
Avec 11 habitants au km², le Sahel reste l’une des régions les moins peuplées du monde ; pourtant, on y répertorie pas moins de 100 ethnies différentes.
 
Il n’existe aucune langue ni religion majoritaire au Sahel, où le nomadisme reste encore le mode de vie le plus répandu.
 
Source : La Croix
 
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