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Communication : «Crédit envoyé, envoyé crédit»


Economie
Lundi 9 Avril 2012 - 18:09

Depuis quelques années que le téléphone portable s’est popularisé en Mauritanie, la folie du crédit a gagné du terrain. Les ménages, même les plus en difficultés financières, lui accordent une part de leur budget non négligeable. Au plus grand bonheur des opérateurs téléphoniques.


Communication : «Crédit envoyé, envoyé crédit»
«Crédit envoyé, envoyé crédit» déblatère en boucle, du matin au soir un haut-parleur dans une des grandes rues d’El Mina. Enfoncé dans la baraque fraichement repeinte qui lui sert de point de vente, à proximité de l’hôtel Coumbi Saleh à Basra, Mokhtar, «Makhou» pour les habitués, précise-t-il, tapote nerveusement les derniers chiffres, puis valide un transfert de crédit, de 1000 ouguiyas à une cliente, accoudé à son comptoir. La dame bénéficie automatiquement d’un «bonus» de 800 ouguiyas pour cet échange. A peine partie, elle est remplacée par un jeune, qui en sollicite 1000 de plus.

Cette scène anodine, il y en a des milliers par jour à Nouakchott, dans tout le pays. Et des points de vente comme celui-ci, surtout dans les quartiers périphériques, se multiplient comme des petits pains. «Pour ceux qui ont du mal à trouver du travail, c’est une façon comme une autre de se faire de l’argent, et sans apport important au départ» souligne Makhou, entre deux passages de clients.

C’est surtout une offre diversifiée qui s’organise, face à une demande de plus en plus importante du bien «communication». «J’ai des clients réguliers dans le quartier. Et il dépensent pas mal d’argent chaque mois pour le crédit» assure Makhou.

Consultant en communication, Isselmou Ould Mohamed explique cet engouement par un déficit infrastructurel, notamment entre les villes et villages, rendant difficiles les déplacements ; difficulté compensée par le téléphone. «Le téléphone portable, en Afrique en général et particulièrement en Mauritanie, a effacé les distances, et dans nos sociétés où les liens sociaux et particulièrement familiaux sont très larges et étroits, le téléphone permet de réduire les manques de nouvelles» explique-t-il. Une boulimie du crédit qui a aidé à la croissance quasi exponentielle des opérateurs téléphoniques.

Les opérateurs téléphoniques en croissance exponentielle

Avec un taux de pénétration du portable, pour 100 habitants, de 75%, la Mauritanie figure en bonne position en Afrique. Bien moins faible qu’il n’y paraît à première vue, ce taux de pénétration présente des challenges et des opportunités pour les opérateurs mobiles. En termes d’opportunités, ceux-ci sont plus ou moins certains de pouvoir compter sur un flux régulier et important de nouveaux jeunes clients qui, dès qu’ils disposeront d’un petit peu d’argent s’empresseront d’acheter un mobile et des crédits d’appels.

Un état de fait pas démenti en Mauritanie, où on dénombrait en 2004, 524.OOO abonnés. Chiffre qui a vite explosé et qui se situe aujourd’hui à plus de 2,5 millions d’abonné.
La croissance des télécommunications “a été soutenue par des économies africaines marquées par le boom des matières premières et la libéralisation accrue des marches” selon un haut cadre d'une des compagnies téléphoniques. Pour maintenir cette croissance, le secteur doit fait face à de nombreux défis, notamment la disponibilité des "ressources humaines de qualité" et les problèmes liés aux coûts de production. "Aujourd'hui, les opérateurs vont dans des zones où il n'y a pas d'électricité, il faut des groupes électrogènes et cela coûte cher. Il y a aussi des problèmes de sécurité donc il faut embaucher des gardiens, installer des systèmes d'alarme" continue le haut cadre.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

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