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Colloque Toogga : Les plantes oléagineuses à l’honneur en Mauritanie


Communiqué
Jeudi 13 Novembre 2014 - 11:34

Argan, Jujube, Toogga, Voondi, Bemboo, noyaux de Dattes, Safou et Olive ont été l’objet de vifs et très instructifs débats scientifiques les 31 octobre et 1 novembre 2014 dans les locaux du Parc National du Banc d’Arguin (PNBA) à Chami (Nord de la Mauritanie). C’est le Projet Toogga, appuyé par les établissements de recherche et d’enseignement supérieur (ENS, ISET, USTM, EMiM et Polytechnique) et sponsorisé par certaines institutions telles le PNBA, Mail et aussi le Centre de Lutte Anti-Acridienne, qui est à l’origine de l’idée d’organiser ce Colloque sur les Plantes Oléagineuses du Sahel et du Maghreb.


Colloque Toogga : Les plantes oléagineuses à l’honneur en Mauritanie
Ouvert par le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable en présence du Directeur de la Recherche et des autorités locales (Hakems, Maire et Commandants des forces de sécurité), le Colloque a vu la présentation de trois conférences plénières et  dix communications couronnée, le 2 novembre, par une excursion dans les îles du PNBA à un moment de grande affluence des volatiles.

Les communications ont porté sur les plantes oléagineuses de notre région (Sahel et Maghreb) et ce aussi bien sur le plan botanique que sur les particularités des précieuses huiles que nous leur envions.

Ce fut le cas de l’Arganier (Argania spinosa (L.) Skeels) dont la valorisation par nos voisins et frères marocains constitue un modèle pour l’équipe du projet Toogga, organisatrice de l’événement. C’est Ber Eddine KARTHA, de la Faculté des Sciences de Rabat de l’Université Mohammed V, qui en parla le premier en présentant les « 35 ans de recherche-action pour faire de l’Arganier un levier du développement durable du milieu rural marocain ». 

La communication a porté sur les efforts consentis par l’Etat marocain, les scientifiques du pays et la société civile pour faire de l’huile d’Argan et de ces sous-produits le constituant obligé de tout produit cosmétique qui se respecte. Cette huile bénéficie aujourd’hui d’une IGP (Indication Géographique Protégée) et l’arbre est classé patrimoine de l’Humanité.

La même huile a fait l’objet de la communication du Dr. Hanae Elmanfavlouti, autre membre, avec Monsieur MARTHA, de l’équipe du Pr Zoubida Charrouf, grande initiatrice du développement de l’huile d’Argan au Maroc. Dr Elmanfalouti a présenté la composition chimique de l’huile d’Argan, ses vertus, notamment dans le domaine de la prévention du diabète de type 2, les problèmes cardiovasculaire et l’inflammation de la prostate. 

L’autre huile à l’honneur dans ce colloque était l’huile de Toogga. Une « comparaison entre la filière marocaine de l’Arganier et la filière mauritanienne du Dattier du désert (Balanites Aegyptiaca ou Teychet) », présentée par Mohamedou Ould Isselmou, membre de l’équipe Toogga, a permis de montrer les très grandes similitudes entre les compositions chimiques (environ 80% d’oméga 6 et 9 pour les deux huiles) et les vertus des deux huiles. Cette communication a aussi permis de souligner l’effort qui reste à consentir par les autorités publiques mauritaniennes et la société civile du pays pour hisser le Dattier du Désert au niveau de l’Arganier marocain.

Le Projet Toogga a fait, lors de l’ouverture de ce séminaire, l’objet d’une présentation de la part du Pr Mohamed Baba. Après avoir rappelé les aspects économiques, sociaux et environnementaux du Projet, Pr Baba a annoncé que ce dernier va entamer une deuxième phase de son développement qui se concrétisera, en début 2015, par l’installation d’un atelier de production d’huile de Toogga en Mauritanie et la valorisation des sous produits de cette activité en se plaçant le plus proche possible de la ressource. 

La troisième huile présentée lors de ce Colloque est celle de l’olive. Elle fut l’objet d’une brillante présentation de la part du Dr Salwa Bornaz de l’Ecole Supérieure des Industries Alimentaires de Tunis, Université de Carthage.  

Après avoir rappelé l’importance et la variabilité des espèces d’oliviers en Tunisie, Dr Bornaz a dévoilé le projet de fabrication d’un analogue de fromage où la matière grasse animale sera remplacée par l’huile d’olive. Il s’agit là d’une idée géniale ouvrant la voie à une très grande variété de valorisation des huiles végétales et s’inscrivant dans le cadre des efforts de prévention des maladies cardiovasculaires liées à la surconsommation des matières grasses d’origine animale.

Quant au Dr Aristide Nakavoua, de l’Ecole Nationale Supérieure et Polytechnique de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville (Congo), il présenta une communication sur le stockage et la conservation des huiles de Safou et de courge. 

Dr Nakavoua montrera que les indices (Iode, Acidté, Saponification…) gagneraient à être corrélés à des observations physicochimiques plus directes telles celles réalisées par Spectroscopie MIR (Infrarouge moyen) et de fluorescence. Il montrera aussi que ce ne sont pas toujours les huiles les plus fragiles (insaturées) qui sont les plus oxydables mais que cela tenait  surtout au taux d’antioxydants présents au sein de l’huile.

Monsieur le Maire de Maaden Elervan (Wilaya d’Ardra), Chakhany Ould Sidina, a présenté une importante communication sur les potentialités (10 mille tonnes de noyaux par ans), en termes de production d’huile, des noyaux des dattes du palmier dattier (phoenix dactilifera L.). Ce sous-produit de la culture du Dattier, actuellement destiné à l’alimentation de bétail, pourrait, rapidement, devenir une source appréciable de revenu pour plusieurs dizaines de coopératives féminines en Mauritanie et notamment dans les régions convoyeuses de dattes. Les noyaux de dattes contiendraient 12% d’huile.

En fin une communication, présentée par Pr Mohamed Baba, a porté sur l’huile des noyaux du jujube (Ziziphus). C’est une huile de type oléique (ressemble à l’huile d’olive) qui représente 20% des deux petites lentilles que renferme le noyau de ce fruit.

Si les huiles ont fait l’objet de la plupart des communications scientifiques, les arbres qui les produisent ont, eux aussi, retenu l’attention de plusieurs conférenciers. Ce fut le cas du Dattier du désert (Balanites). C’est ainsi que le Directeur de la Recherche au sein du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Pr Ali Ould Mohamed Salem Ould Boukhary, a présenté une « Approches pour la valorisation de Balanites aegyptiaca en Mauritanie : analyse de la diversité morphologique, physicochimique et moléculaire de populations naturelles ». 

Le même arbre fut aussi l’objet d’une revue très documentée de la part de Monsieur M’rabih Rabou Ould Bounene, consultant du secteur privé et ancien haut fonctionnaire ayant eu en charge de nombreux projets de développement. Nous apprenons ainsi qu’il y aurait 40 millions de Balanites en Mauritanie dont 40% seraient en âge de produire. Chaque arbre pourrait produire jusqu’à 125 kg par an. Un rapide calcul nous amène à la conclusion que nous disposons, dans nos campagnes, d’un gisement de 2 millions de tonnes de toogga renouvelable tous les ans. 

Avec de telle ressource, il serait possible de produit 100 millions de litres et 100 mille tonnes de tourteau par an. Quant au Dr Marouf Ould Baba Ahmed, il choisit de présenter un autre bel arbre, méconnu par les Mauritaniens en dehors des wilayas des Hods, qui est Demboo (Sclerocarya birea) en en exposant ses métabolites primaire et secondaire. 

C’est de cet arbre qu’on confectionne les mortiers, les pilons, mais aussi les tablettes sur lesquelles on apprenait à lire et à écrire et bien d’autres usages. La composition chimique de l’huile de Demboo est, elle aussi, proche de celle de l’huile d’olive. Elle peut constituer une source appréciable de revenu pour les populations de ces régions.

Mais l’exploitation de ces huiles et la gestion écologiquement raisonnée des plantes oléagineuses nécessitent que les filières soient organisées et que la qualité des produits soit garantie. Ce fut l’objet de l’intervention de Monsieur Ian Mansour de Grange, secrétaire général de l’association PREFIMEDIM (PRoduits d’Excellence d’une Filière de plantes MEDIcinales en Mauritanie). 

L’objet de la PREFIMEDIM est la création d’un label d’excellence pour les plantes médicinales de Mauritanie. Les plantes oléagineuses sont partie intégrante de l’ensemble des plantes médicinales. Leur valorisation passe nécessairement par la garantie de la qualité des huiles et des sous-produits qui les accompagnent.

A la fin du Colloque et avant de rejoindre le bivouac prévu au village côtier d’Iwik puis l’excursion dans les îles du PNBA, les participants on débattu des recommandations que leur ont faites les modérateurs des différentes sessions. La principale recommandation était la nécessité de multiplier ce genre de manifestations en y conviant les décideurs étatiques et internationaux. Le PNBA ainsi que l’ISET ont manifesté leur souhait d’accueillir la prochaine édition du Colloque Toogga sur les plantes oléagineuses.

Nouakchott le 6 novembre 2014     
Service de communication du Projet Toogga

Source: Rmibiladi
Noorinfo


              

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