Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Collectif «Touches pas à ma nationalité»: Une première mobilisation mitigée contre «un recensement scélérat».


Société
Jeudi 30 Juin 2011 - 15:16

Face au danger d'instabilité sociale suscité par un recensement critiqué de tous côtés, un collectif issu des réseaux sociaux de l'internet a organisé un sit-in ce jeudi 30 juin, aux abords du centre de recensement de Sebkha.


Collectif "touches pas à ma nationalité" à Sebkha jeudi 30 juin
Collectif "touches pas à ma nationalité" à Sebkha jeudi 30 juin
Une petite foule d'une centaine de personnes, pour la plupart «facebookeurs», mais aussi des enseignants, des militants de partis politiques, et des anonymes, s'est tenue face au centre de recensement de la commune de Sebkha.
«Egalité! Houriya!» scande-t-elle en face de ce centre qui a cristallisé toutes les colères, où les plus flagrantes humiliations ont été constatées et rapportées.
«Ce mouvement commence et ne s'arrêtera pas tant que les autorités racistes de ce pays n'auront pas compris que ce pays appartient aux haratines, aux halpulaars, aux maures, aux wolofs, aux soninkés!» clame dans un haut-parleur Alassane Dia, enseignant à l'université de Nouakchott, et un des organisateurs de ce sit-in, et fondateur du collectif.
Baïdi Konté, coordonateur du forum de la jeunesse, qui a organisé divers ateliers de sensibilisation à Rosso réagit à ce recensement. «C'est un simulacre de recensement! C'est pour cela qu'on essaie de sensibiliser les populations sur leurs droits, et ce qu'on ne peut pas leur demander, dans tout le Trarza. Les gens doivent prendre conscience de la gravité de ce qui se passe.» témoigne-t-il.

N'Diaye Seydou Amadou, enseignant de la langue pulaar, écrivain et poète ne cache pas sa colère et sa détermination: «Cette voie empruntée par les autorités est une source de grande et dangereuse instabilité sociale pour le pays. Il ne doit plus, il ne peut plus y avoir de discriminations raciales dans ce pays, sur la base d'un racisme d'état qui se voile à peine la face. Et si ces actes humiliants dans les locaux de recensement sont le fait d'initiatives personnelles comme on le dit de plus en plus l'état doit y mettre un terme le plus fermement possible.» expose-t-il longuement.

Une organisation à revoir

La faible mobilisation pour ce sit-in ne décourage pas ses organisateurs. Alassane Dia estime que «cette première manifestation est un premier jet en direction des autorités. Les avertir, car on a confiance dans l'expansion de ce mouvement et la prise de conscience des citoyens. Les gens ne se laisseront plus faire.»
Certains reconnaissent tout de même que le «clic-à-clic» sur internet ne suffit pas du tout, surtout dans un pays comme le nôtre où à peine, 10% de la population a accès à internet. «Pour les prochaines manifestations nous avons d'ores et déjà prévu d'autres formes de communication, comme le porte-à-porte et les tracts distribués massivement.»

Hussein Ould Ahmed est un étudiant en droit à la faculté de Nouakchott, le nombre est important mais pas déterminant. Pour lui si l'information de l'existence de ce genre d'initiatives se relaie, une partie de la tâche est accomplie; à savoir faire prendre conscience et avertir les autorités. «Toutes les communautés doivent se mobiliser et mettre la pression sur les autorités pour qu'elles stoppent ce recensement bidon et injuste. La paix dans ce pays ne doit pas être mise en danger par quelques racistes complexés.» explique ce jeune de Zouérate.

MLK

Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter