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Cinq raisons qui rendent la Coupe du monde différente


Sport
Mercredi 11 Juin 2014 - 12:40

Le jeu que nous pourrons observer au Brésil sera plus défensif, tactiquement plus simple et plus marqué par la fatigue que celui que nous voyons toute l'année. Et il offrira une prime aux génies, mais aussi aux fondus de statistiques.


Cinq raisons qui rendent la Coupe du monde différente
Le football joué pendant une Coupe du monde est unique. Voici cinq aspects par lesquels celui que l'on pourra observer au Brésil différera de celui pratiqué en club.

1.Il sera plus défensif

Lors des deux dernières Coupes du monde, la moyenne de buts par match s'est élevée à seulement 2,3 en moyenne. C'est environ 0,5 but de moins que la moyenne des quatre plus grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie).En fait, la Coupe du monde provoque habituellement plus de morts qu'on n'y voit de buts. Et ce même si le tournoi accueille invariablement des équipes –comme l'Arabie Saoudite 2002 ou le Togo 2006– qui ne sont pas à leur place et font figure de victimes expiatoires.La Coupe du monde est tout simplement un tournoi très défensif. Les équpes les moins fortes tendent à se masser devant leur but afin d'éviter l'humiliation.

C'est pourquoi il peut s'avérer intelligent de n'allumer sa télévision qu'une fois le premier tour fini.En compétitions de clubs, les équipes ne sont pas aiguillonnées par les mêmes motifs. Depuis que de plus en plus de matchs ont commencé à être télévisés au début des années 90, la plupart des grands clubs tentent de séduire les téléspectateurs par l'offensive. José Mourinho est assez largement considéré comme le coach le plus défensif des grandes armadas européennes, mais même son Real Madrid marquait près de trois buts par match l'an dernier.Même les plus petits clubs tendent à jouer un football relativement ouvert car, dans une saison de 38 matches, une défaite n'est pas la fin du monde. Lors d'une Coupe du monde, si.

2.Un grand joueur pourra décider du sort de la compétition

Il faut un génie pour déverrouiller des défenses si cadenassées. Diego Maradona a gagné la Coupe du monde pour l'Argentine presque à lui tout seul en 1986, de même que Zinédine Zidane a porté la France jusqu'en finale en 2006. À cette altitude, l'impact des superstars est encore plus important que dans les championnats.Lionel Messi pour l'Argentine, Neymar pour le Brésil et Cristiano Ronaldo pour le Portugal auront moins d'automatismes avec leurs coéquipiers lors de la Coupe du monde que dans leurs clubs. Cela rend leur rôle individuel plus important.Le premier défi de ces sélections est donc d'optimiser leur rendement –défi dans lequel Maradona avait échoué en 2010 quand, en tant que sélectionneur de l'Argentine, il avait élaboré un système où Messi se retrouvait en possession de la balle dans le rond central avec neuf adversaires entre lui et le but.

3.Les systèmes seront plus simples

Lors de la Coupe du monde, un sélectionneur a beaucoup moins de temps pour exercer ses joueurs dans un système tactique qu'un entraîneur de club. Cela signifie qu'il ne peut pas rechercher la complexité –sauf si, comme le sélectionneur espagnol Vicente del Bosque, des joueurs d'un même club (dans le cas présent, Barcelone), qui jouent déjà ensemble dans le même système, se taillent la part du lion de sa sélection.La plupart des coachs opteront pour la simplicité. Le sélectionneur des Pays-Bas, Louis Van Gaal, m'a récemment expliqué qu'il n'aurait l'ensemble de ses joueurs à disposition que pendant une semaine avant le départ pour le Brésil et que, pour cette raison, il devrait les faire jouer avec un milieu axial défensif plutôt qu'offensif. «Je n'ai juste pas le temps de les intégrer dans le vieux système Ajax, un 3-4-3 avec un vrai numéro 10», m'a-t-il dit. «On ne peut pas faire ça en une semaine.

Ce style de jeu est juste trop compliqué, l'équilibre entre les différentes positions trop précis.»Dans le passé, certaines sélections ont pu s'entraîner ensemble pendant plusieurs mois avant une Coupe du monde, comme la Corée du Sud en 2002. Plus maintenant. Le sélectionneur de la Belgique, Marc Wilmots, m'a expliqué qu'il essayait d'attribuer à ses joueurs le même rôle qu'ils occupent dans leur club: «Les clubs font tout le travail, et je pars de là. L'équipe nationale ne rend aucun joueur meilleur.»Pour résumer, n'attendez pas d'innovations tactiques de la Coupe du monde. Il n'y a pas le temps pour ça.

4.Les adversaires seront étudiés au microscope

Les sélectionneurs ont peu de temps pour faire travailler un système à leurs joueurs, mais beaucoup pour étudier leurs adversaires.Il suffit d'imaginer la vie quotidienne d'un coach qualifié pour la Coupe du monde. Depuis le tirage au sort de décembre 2013, lui et ses analystes de données (une confrérie en vogue dans le football) ont eu six mois pour identifier les plus microscopiques faiblesses de leurs adversaires du premier tour. Les entraîneurs de clubs peuvent aussi étudier leurs adversaires, mais de manière plus précipitée: dans une saison à 60 matchs, les messages qu'ils peuvent faire passer sur ceux-ci à leurs joueurs sont plus réduits.Cela fait du football de sélections l'équivalent d'une partie d'échecs.

Avant le Pays-Bas-Allemagne de l'Euro 2012, des analystes de données allemands ont mouliné des chiffres sur leurs adversaires et ont noté un point clef: les défenseurs néerlandais étaient souvent trop éloignés les uns des autres.Le manuel secret de la sélection allemande stipule que la distance idéale entre les joueurs dans une défense à quatre est de huit mètres: les Néerlandais laissaient souvent des espaces plus grands. Des espaces que les Allemands ont su localiser sur le pré de Kharkiv, en Ukraine, pour l'emporter 2-1.

5.Les joueurs lutteront contre la fatigue

Les internationaux de l'épuisant championnat anglais, notamment, vont arriver à la Coupe du monde éreintés par leur saison en club (vous vous rappelez comment des piliers de la Premier League comme Wayne Rooney, Robin Van Persie et Fernando Torres ont fait flop en 2010?). Les équipes qui atteindront la finale devront jouer sept matches en à peine plus d'un mois.Cela signifie qu'il est presque impossible, pour n'importe quel participant, de jouer sur le même tempo qu'un club dominateur comme le Bayern Munich, où il est pratiquement obligatoire pour un joueur de sprinter dès qu'il passe le ballon.

Le climat brésilien –spécialement dans les villes du nord et aussi à Manaús, dans l'Amazonie– va aussi user les joueurs. Ce n'est pas un hasard si le football brésilien traditionnel se joue sur un tempo saccadé: si vous tentez de courir à cent à l'heure par ce climat, vous finirez à l'hôpital.Une équipe peut affronter ce défi de l'épuisement de deux façons. Elle peut s'efforcer d'être scientifiquement pionnière en terme de préparation physique, comme l'a fait Jürgen Klinsmann avec l'Allemagne en 2006 (et comme pourrait le faire sa sélection américaine cette année).

Ou elle peut prendre son temps, ralentir le jeu et accélérer quand cela devient nécessaire.Les Italiens excellent dans ce domaine, ce qui leur permet de frapper dans les dernières minutes quand l'autre équipe décline. Les sélections qui tenteront de jouer à fond dès le coup d'envoi, comme l'Angleterre le fait traditionnellement, risquent elles de connaître une panne de batterie.

Source:Slate
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