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Cinéma : Fatimata Sow vs Feïza, révélation du cinéma mauritanien?


Culture
Samedi 10 Novembre 2012 - 09:00

Le festival du film Nouakshort Films vient de se clôturer il y a quelques jours, et a vu le court-métrage du réalisateur Yero Djigo, «la vengeance de Feïza» récompensé du prix national du film. L’occasion de découvrir la jeune actrice Fatimata Sow, dite Feïza, dans son premier rôle cinématographique. Portrait.


A la voir pourfendre les cœurs qui l’ont humilié, dans le scénario du film d’horreur de Yero Djigo, on a du mal à imaginer la belle Feïza comme une jeune femme introvertie, à la limite de la timidité.

Pourtant c’est une post-adolescente de 18 ans à peine qu’on découvre, les yeux en amande quasi-perpétuellement baissés, la voix à peine audible durant une conversation, et ses doigts qu’elle triture nerveusement.

«Elle est tout de même sortie du lot de filles qu’on a reçu, car elle dégage malgré tout justement, une fraîcheur et une innocence, qui tranche nettement avec la moyenne» affirme Yero Djigo, réalisateur du film. «Elle a fait l’unanimité auprès de toute l’équipe du film» opine à côté Béchir Malum, maquilleur et photographe sur le tournage du court-métrage.

Fatimata Sow est la sœur de Ami Sow, l’artiste peintre, et de la styliste Bana Corel. «Avec cette vocation qu’elle se découvre, la boucle est boucle est bouclée dans cette famille d’artistes» s’amuse Ly Hamet Oumar, fondateur du studio de cinéma, Holpac et qui l’a présélectionnée dans le cadre du casting pour «la vengeance de Feïza».

«J’ai commencé pas longtemps avant le casting pour le film, des cours d’actrice avec le studio Holpac justement» avance Fatimata. «L’absence de dialogues m’a intrigué au départ, et m’a mis une certaine pression, car je devais très rapidement m’imprégner d’une gestuelle très particulière issue des codes de films d’épouvante» continue la jeune femme, qui passe cette année un bac D à Nouakchott.

Danseuse et «passionnée de gestuelle»

Feïza au centre, avec Yero Djigo (g) et Béchir Malum, sur le tournage du film.
Feïza au centre, avec Yero Djigo (g) et Béchir Malum, sur le tournage du film.
Ça n’a pas été particulièrement difficile en réalité pour cette danseuse, amatrice de r’n’b et de hip-hop et ragga, qui a un temps fait partie d’un crew (équipe-ndlr) de danseuses.

«J’ai donné des cours à l’institut français, et je formais une équipe avec deux autres filles. On a même participé au festival de rap Assalamalekoum de Monza dans l’édition 2010,

«C’est une très bonne danseuse, et surtout elle se donne à fond et passionnément dans ce qu’elle entreprend, donc je ne me soucie pas de savoir si cette aventure cinématographique se passera bien. J’en suis sûr» assure Dou, breaker, et issu des Desert’s Crew Devils.

«Son implication était totale dans le film, et elle a essayé d’apprendre au maximum avec l’équipe qui l’a soutenue pendant les deux jours de tournage» raconte Ami Sow, sa sœur qui figure au générique aussi, et qui joue la sorcière qui donne les moyens maléfiques à Feïza, de se venger de ses agresseurs.

En tout cas, Fatimata s’imagine bien «percer» dans le monde du cinéma. «Si j’arrive à trouver une bourse d’études après le bac, je tacherai d’entrer dans une école de comédie quelque part en Europe» espère Feïza.

En attendant, assure-t-elle, elle jure ne plus voir les films d’horreur comme avant, et se découvre une déformation «professionnelle» en regardant les films dorénavant. «je décortique les faits et gestes des acteurs» s’exclaffe-t-elle, dévoilant un sourire timide.

Mamoudou Lamine Kane

La vengeance de Feïza, premier prix de la compétition nationale de Nouakshort films

Yero Djigo (d) et bechir Malum de dos
Yero Djigo (d) et bechir Malum de dos
«Face à la recrudescence des viols en Mauritanie, et à Nouakchott en particulier, j’avais envie de faire un film sur le sujet. Mais pas sous la forme d’un documentaire. Sous une forme plus novatrice et originale dans le paysage audiovisuelle mauritanien, en empruntant à un genre cinématographique populaire» explique Yéro Djigo, réalisateur du film.

Le choix de l’épouvante s’est imposé naturellement. «Il n’y a encore jamais eu réellement de fiction en Mauritanie, tourné localement, et surtout en horreur. Je me suis dit somme toute, qu’une réelle sensibilisation sur le sujet du viol pouvait être faite à travers cet outil» s’amuse le jeune réalisateur.

Et ça n’a pas manqué. A sa présentation à la semaine nationale du film, déclinée sous le nom de Nouakshort films désormais, l’ovation publique a été instantanée à la fin des six minutes que dure le film.

«Une confirmation sur le fait qu’il faut plus oser encore dans le cinéma mauritanien. Avec beaucoup d’engagement et un peu de moyens, on peut déjà bien faire. Et il ne faut pas avoir peur de mettre la barre haut» s’enthousiasme le fondateur de Sahel Productions.

Petit bémol tout de même de la part du réalisateur : "Nous manquons cruellement d'acteurs en Mauritanie. Il n'y en a quasiment pas au niveau. Et les formations devraient être axées sur celle des futurs acteurs" conclut Yero.

MLK
Mamoudou Kane


              

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