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Chômage, militantisme politique et délinquance : Une bombe à retardement


Actualité
Mardi 9 Octobre 2012 - 13:52

Combien de pères et de mères ont quitté ce bas monde en voyant leurs progénitures plier sous le poids de la pauvreté et du chômage ? Combien de jeunes ont éclaté de colère et d’amertume en passant le plus clair de leur temps à ne rien faire en brousse ou dans des quartiers précaires dans les grandes villes ? Voyant les années passées sans qu’ils ne parviennent à réaliser le plus simple de leur rêve : vivre en toute dignité, en parvenant à assurer, à lui et aux siens, le pain quotidien, pas plus ni moins. Quant aux villas, voitures et fonctions, cela relève de l’utopie pour l’écrasante majorité des jeunes mauritaniens.


Chômage, militantisme politique et délinquance : Une bombe à retardement
Des situations et des sorts peu enviables dont soufflent beaucoup de jeunes mauritaniens. Les faiblesses congénitales du système éducatif et le manque de fermeté ont eu pour effet la baisse des niveaux, de la culture nationale et celle de l’Epoque ainsi que la perdition scolaire résultat inévitable des situations de précarité dans lesquelles se trouvent de nombreux ménages mauritaniens. La pauvreté des familles a souvent poussé les jeunes à entrer, très tôt, dans une situation de vie conflictuelle, difficile et instable. Qui lui fait parcourir des étapes importantes vers le chemin de la dépravation et de la descente aux enfers.

Tout cela, pour souligner, en fait, l’échec patent des gouvernement à mettre en place des politiques efficientes en matière de jeunesse pour protéger celle-ci contre les aléas du temps, contre cet inconnu qui barre ses horizons et ne lui offre pas beaucoup de choix.

Des facteurs qui ont contribué à préciser les contours d’un avenir pour la jeunesse mauritanienne fait de désespoir et de tentations. Tentations de plonger dans cette vie de dépravation des mœurs qui, très souvent, conduit à la prison ou à la mort.

Les jeunes, ou la plupart d’entre eux, pour ne pas verser dans l’exagération, ont hérité un mode de vie qui n’inspire pas confiance. Ils marchent sur les traces de ceux qui ont cultivé en eux des idées d’orgueil et de manque de lucidité qui font que certains d’entre eux se refusent à pratiquer des métiers laissés entre les mains des étrangers et qui pourtant rapportent gros.

Personne n’accepte aujourd’hui de mettre au placard un diplôme de droit, d’économie ou de lettres, qui n’ouvre pas la voie à la vie active, pour tenter sa chance dans un atelier (garage, menuiserie, BTP, couture, etc) parce qu’il se prend pour ce qu’il n’est pas : un intellectuel. Des idées reçues qui font du tort pour lui et pour son pays obligé, pour se développer, à faire appel aux bras des autres, et qui voit d’importantes ressources financières, transformées en devises, le quitter vers d’autres destinations.

Des corps chétifs, des esprits qui ne sont préoccupés que par les futilités de la vie, des jeunes qui passent des heures et des heures accrochés à leurs téléphones, voilà le spectacle de tous les jours, celui qui donne la parfaite illustration de la faillite de la jeunesse mauritanienne.

Le système D comme ultime recours

A " Noghta Sakhina (point chaud), le spectacle est encore plus désolant. Des centaines de jeunes mauritaniens se donnent l’illusion de brasser des affaires, vendant et achetant des téléphones ou leurs accessoires dans des opérations qui ne manquent pas de piquant mais aussi de problèmes. Aucune condition pour entrer dans ce " marché " ouvert, ni du point de vue de l’âge, ni du diplôme ou du capital minimum. Il suffit seulement de savoir gesticuler, convaincre, même en mentant. Obligé de mentir pour survivre dans un monde impitoyable où les faibles n’ont pas de places.

Cette tentation du " tout commerce " (en fait le tristement célèbre " thieb-theb) a gagné tous les marchés de la capitale Nouakchott. Les jeunes sont vendeurs d’habits, de parfums, de chaussures, de cartes de recharge (Mattel, Mauritel, Chinguittel), pour lesquelles on entend à longueur de journée, les cris stridents des haut-parleurs. Ils sont vendeurs, aussi, d’illusions, à ceux qui, venant, après eux, dans cette longue chaîne du désespoir, qu’il y a un moyen de s’en tirer parce que l’Etat-Providence a cessé d’exister depuis longtemps. Ils savent pourtant, aussi, qu’ils pratiquent des métiers qui sont comme un mirage : il y a des jours pour toi et des jours sans (jouwmou leka wejowmoun aleyka). Ils sont là, vivant cette précarité avec sagesse, sachant que c’est la seule qui s’offre à eux, guettant d’un œil prudent l’arrivée à l’improviste des " gens de la mairie ", accompagnés de policiers et de gardes, qui ont décidé ces jours-ci de mettre un peu d’ordre dans les marchés de Nouakchott !

Ils sont aussi présents, de plus en plus, dans les salons de coiffures, les taxis et d’autres métiers du secteur informel dans lesquels les anecdotes racontant les souffrances de la jeunesse mauritanienne sont légion.

De nombreux métiers et beaucoup de paradoxes, dont le point commun est le manque de ressources et l’opacité qui empêche de voir clair dans ces activités que les jeunes ont pris comme refuge. Avec l’absence cependant de toute présence de l’Etat comme appui à ces multitudes d’activités informelles, du point de vue du financement ou de l’encadrement. A l’exception de timides tentatives de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANAPEJ), à un moment de son existence, et avant qu’elle ne plonge dans un sommeil profond. A sa décharge tout de même, cette mentalité fortement ancrée chez certains jeunes qui ne veulent entendre que de postes dans la haute administration, de voyages et de business.

Une situation désespérée qui continuera, il ne faut pas en douter, à prendre de l’ampleur dans les rangs des jeunes tant que les autorités n’auront pas pris sur eux de traiter les véritables causes de ce " mal du siècle " de la jeunesse mauritanienne, à savoir tout mettre en œuvre pour rehausser le niveau de l’enseignement, primaire notamment, à redynamiser les secteurs étatiques censés s’occuper de la jeunesse pour aider celle-ci à prendre le chemin des activités productrices de richesses, plutôt que de continuer à rêver de lendemains meilleurs en restant accrochés à des " modèles " qui n’ont rien à voir avec les réalités mauritaniennes. Les orientations du pouvoir actuel vers l’enseignement technique et professionnel peuvent être porteuses d’espoir, s’il ne s’agit pas, comme dans le passé, de slogans creux comme ceux de la lutte contre l’analphabétisme et de la lutte contre la pauvreté.

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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