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Chine : Une “fille du ciel” en orbite


International
Dimanche 17 Juin 2012 - 11:43

Une Chinoise a embarqué hier samedi 16 juin, à bord de la capsule spatiale chinoise. Profil requis : pilote de chasse, mère, dentition et peau impeccables. En outre, l'heureuse élue ne devra pas exhaler une odeur incommodante. Des critères de sélection qui ne s'appliquent pas aux taïkonautes masculins…


Chine : Une “fille du ciel” en orbite
La République populaire de Chine va [le 16 juin] devenir le huitième pays à envoyer une de ses ressortissantes dans l'espace et le troisième pays à le faire avec sa propre technologie. Le nom de la première taïkonaute [appellation des astronautes chinois] demeure toutefois un secret bien gardé avant le lancement du vaisseau spatial Shenzhou IX [Vaisseau divin]. Et la femme qui se transformera en héroïne nationale dès qu'elle sera en orbite semble avoir été choisie en fonction de critères qui n'ont pas été appliqués à ses deux équipiers masculins. [Ce vendredi 15 juin, c'est finalement le major Liu Yang qui a été choisie pour remplir cette mission.]

D'après plusieurs experts chinois de l’espace, les candidates à cette mission devaient être mariées et avoir donné naissance par les voies naturelles. Xu Xianrong, Pr à l'hôpital général des forces aériennes de l'Armée populaire de libération a déclaré récemment que les intéressées devaient également présenter une "maturité de corps et d'esprit suffisante". Toutes les candidates viennent des rangs des pilotes de chasse de l'armée de l'air.

Ces critères auraient exclu Roberta Bondar, qui fut la première Canadienne à aller dans l'espace quand les Etats-Unis ont mis la navette Discovery en orbite en 1992. Mme Bondar, 66 ans, n'est toujours pas mariée. La première femme à aller dans l'espace, la Soviétique Valentina Tereshkova, ne s'était mariée à un cosmonaute que six mois après avoir participé à la mission Vostok VI en juin 1963. "Rien ne prouve que la vie dans l'espace ait un impact physiologique sur les femmes, mais, après tout, c'est la première fois que la Chine envoie une femme dans l'espace. Nous devons nous montrer plus prudents", a déclaré le Pr Xu, dont les propos ont été retransmis à la radio nationale.

Le major Liu Yang et le capitaine Wang Yaping, les deux femmes sélectionnées sur un groupe de sept qui a commencé à s'entraîner en 2009, ont 34 ans, sont mariées et mères. "Elles ont été retenues pour faire partie de la première sélection d'astronautes féminins en Chine en raison de leurs compétences de pilote et de leurs qualités psychologiques", rapporte l'agence de presse officielle Xinhua. Le major Liu et le capitaine Wang semblent en outre avoir été soumises à un examen complémentaire qui n'a pas grand-chose à voir avec leurs capacités.

Selon un numéro récent du magazine Space International, publié par l'Académie chinoise de technologie spatiale – et donc à ce titre considéré comme représentant l'opinion du gouvernement –, une femme retenue pour une mission spatiale ne doit pas dégager de mauvaise odeur et doit présenter une peau irréprochable. Les taïkonautes femmes "doivent même avoir des dents en parfait état car tout défaut, aussi minime soit-il, risque de causer de gros problèmes – voire une catastrophe – dans l'espace", a déclaré Pang Zhihao, le directeur du magazine, au quotidien officiel China Daily. Une cicatrice risque de s'ouvrir et de saigner, explique-t-il, et la vie dans un espace confiné pourrait "intensifier les odeurs corporelles". Les hommes aux exhalaisons malodorantes ne constituent manifestement pas un problème pour M. Pang.

Si le major Liu et le capitaine Wang sont moins entraînées que leurs homologues masculins – trois ans au lieu de quatorze pour les hommes – M. Pang remarque que les femmes sont en général "enthousiastes, sensibles et plus aptes à communiquer que leurs collègues masculins". Le [quotidien de Hong Kong] South China Morning Post a récemment rapporté que le major Liu, qui vient de la province de Jilin, dans le nord-est du pays, a la réputation d'être "une dure". Quand elle a fait son premier saut en chute libre, elle n'a pas appelé sa famille tout de suite pour leur dire que tout s'était bien passé." Pour sa part, le capitaine Wang, de la province côtière du Shandong, "a obtenu les meilleures notes à l’examen en théorie aéronautique pendant deux années consécutives".

Le vaisseau Shenzhou IX est en place sur le pas de tir situé dans le désert de Gobi [dans la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine], au sommet de la fusée Longue Marche 2-F qui l'emportera dans l'espace. Cette mission, qui devrait durer dix jours, constitue un pas en avant significatif pour le programme spatial chinois. Si tout se passe bien, l'équipage s'amarrera avec le module Tiangong I, un laboratoire qui a été mis en orbite à l'automne dernier et dont Pékin espère faire la base de sa station spatiale.

Cet arrimage spatial habité serait une première pour la Chine. Si Les Etats-Unis et la Russie, pionniers de l'espace, ont réduit leurs ambitions spatiales depuis quelques années, la Chine a rapidement développé son programme depuis 2003, année où elle a pour la première fois envoyé un homme dans l'espace. Pékin projette d'organiser une expédition habitée sur la Lune – qui serait la première, tous Etats confondus, depuis 1969 – entre 2025 et 2030.

Mark MacKinnon pour The Globe and Mail
Lu sur courrierinternational.com
Mamoudou Kane


              

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