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Chen Guangbiao, le milliardaire qui veut mettre la Chine au régime


Lu sur le web
Mardi 5 Mars 2013 - 10:20

Habitué aux actions choc, l'excentrique écolo a proposé une cure d'amaigrissement nationale : prendre deux repas au lieu de trois par jour.


La mesure proposée par Chen Guangbiao est loin de séduire tous les Chinois. © JH Photo / Image China
La mesure proposée par Chen Guangbiao est loin de séduire tous les Chinois. © JH Photo / Image China
Nouveau coup de com pour Chen Guangbiao. Après avoir distribué gratuitement dans la rue, en janvier, des cannettes d'air pur aux Pékinois pour attirer l'attention des médias sur la pollution record qui s'était abattue sur la capitale, ce self-made man de 44 ans a désormais un autre objectif : mettre la Chine au régime. Chen Guangbiao, milliardaire qui a fait fortune dans le recyclage, a provoqué une pluie de commentaires sur Sina Weibo, le Twitter chinois, après avoir invité ses compatriotes... à ne prendre que deux repas par jour, au lieu de trois, comme il le fait lui-même depuis Noël.

Grâce à cette cure, cet écolo hors norme dit avoir perdu près de 7 kilos, selon le blog China Real Time du Wall Street Journal, et souhaiterait désormais que tout le monde en fasse autant. Contacté par Le Point.fr, Chen Guangbiao n'a pas souhaité répondre à une demande d'interview. "Je me sens bien mieux depuis, j'ai beaucoup plus d'énergie", a-t-il confié devant des journalistes lors de l'ouverture, dimanche dernier à Pékin, de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). Un rendez-vous qui donne chaque année le coup d'envoi en mars de la rentrée politique chinoise. Héritage de Mao Zedong, cette institution désuète rassemble sous la direction du Parti communiste chinois, seul habilité à exercer le pouvoir, les huit partis "démocratiques" officiellement reconnus par la Chine, ainsi que des célébrités représentant la société civile, comme le cinéaste Zhang Yimou, le basketteur Yao Ming... et Chen Guangbiao.

Selon une tradition bien établie, la Conférence consultative politique du peuple chinois précède toujours l'ouverture de l'Assemblée nationale populaire, le "parlement" monocaméral chinois qui doit, cette année, porter Xi Jinping à la tête de la présidence de l'État, en remplacement du Hu Jintao, au pouvoir depuis 2002. Mardi matin à Pékin, 3 000 délégués se sont ainsi retrouvés pour écouter avec attention le dernier discours de Wen Jiabao, le Premier ministre sortant qui passera le relais d'ici quelques jours à Li Keqiang, désigné numéro deux du Parti en novembre 2012 lors du 18e congrès du PCC.
Moqueries et insultes

Mais pour Chen Guangbiao, la période des lianghui - le nom donné à ces deux évènements politiques très médiatisés qui prendront fin le 17 mars - est surtout l'occasion de briller grâce à ces coups d'éclat dont lui seul a le secret. C'est ainsi à vélo que cet excentrique est arrivé, dimanche, sur la grande place Tiananmen, au centre du Pékin, pour participer aux premières réunions de la CCPPC. Arborant un costume vert pomme - sa couleur fétiche - il n'en a pas fallu davantage pour qu'il attire immédiatement l'attention dans un pays où les responsables politiques sont moqués par les nouvelles générations pour leurs vestons gris, leurs cheveux teints de noir et leur discours ternes souvent lus mot à mot.

Connu partout dans le pays et suivi par quatre millions d'abonnés sur Sina Weibo, Chen Guangbiao n'en est pourtant pas à sa première action coup de poing. Chen Guangbiao a multiplié ces dernières années les campagnes de sensibilisation choc pour attirer l'attention du public sur l'environnement. En 2011, il n'avait ainsi pas hésité à pilonner sa Mercedes à l'aide d'un marteau-piqueur pour inciter les riches Chinois à troquer leurs berlines de luxe pour des bicyclettes, plus écologiques. Si à l'époque, en s'attaquant aux classes aisées, Chen Guangbiao avait été salué par les internautes, cette fois-ci, la cure d'amaigrissement imposée à tous a été, peut être, la goutte de trop.

Depuis son annonce fracassante, les moqueries et les insultes pleuvent sur les réseaux de micro-blogging chinois. "Est ce que M. Chen a déjà essayé de nourrir un enfant de trois ans avec seulement deux repas par jour ?" s'énerve une maman sur Internet. "Regardez comme il est gros ! À lui de perdre des kilos !" rouspète un autre internaute. Car si la Chine a effacé de ses manuels d'histoire les souvenirs de la grande famine (1958-1961), le pays compte encore près de 100 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté...

Raphaël Balenieri
Lu sur lepoint.fr
Mamoudou Kane


              

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