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Cheikh Diop, manager à Airbus : L’ailé de la ville rose


Société
Lundi 8 Juillet 2013 - 12:58

Peu de mauritaniens peuvent s’enorgueillir d’avoir franchi aussi vite les paliers du management d’une entreprise européenne aussi ultra-tech et internationalement reconnue qu’Airbus. Portrait d’un vrai talent discret.


Cheikh Diop, manager à Airbus : L’ailé de la ville rose
Ingénieur de formation, Cheikh Diop vit à Toulouse avec sa femme et ses 3 enfants. Une famille dont il fait le socle de sa réussite professionnelle. "Je n'en serais certainement pas là sans ce noyau dur, qui m'a permis de m'épanouir totalement dans tous les secteurs de ma vie" assure d'emblée Cheikh Diop.
 
Un sens des responsabilités que les mauritaniens de Toulouse avaient perçu, et en avaient fait le président de leur association dans la ville rose. 
 
Cheikh Diop est né à Paris, il a grandi en Mauritanie jusqu'à l'âge de 18 ans. "Ma famille n'avait pas de gros moyens, j'étais boursier pendant mes études. Je connais bien le monde de ceux qui n'ont pas d'argent. J'ai certainement eu de la chance, mais je veux dire aux jeunes comme moi qu'on peut y arriver" expliquait-il déjà il y a quelques années au quotidien local toulousain, "La dépêche ". À l'époque, son nom apparaissait dans une liste politique indépendante à l'occasion des municipales françaises : "Toulouse pour tous".
 
"C'était une vraie opportunité d'être actif au niveau local, d'être proche des élus pour être un relais. J'avais, et j'ai toujours eu envie de m'investir pour aider les jeunes à s'orienter. Trop de jeunes ont des problèmes d'orientation, ils choisissent certaines voies par défaut. Moi-même je ne savais pas forcément ce que je voulais faire" souligne-t-il.
 
L'excellence comme bouclier
 
«Seuls les hypocrites sont appréciés de tout le monde». Cette sentence lapidaire du bouddhisme ne vaudrait pas pour Cheikh Diop, quand on entend les réactions de ceux qui ont eu à le côtoyer de dans ses vies professionnelle et amicale.
 
«Je n’ai pas mémoire d’un Cheikh sans sourire, sans le bon mot pour détendre l’atmosphère d’un groupe. Quand il arrivait à Nouadhibou, la pièce s’illuminait» se rappelle une amie d’enfance, de l’époque où Cheikh Diop était élève à Nouadhibou au début des années 80.
 
Dès le début des premiers bancs, le caractère «génial» est constaté de tous. Il n’est pas seulement très bon, il est tout simplement le meilleur dans tout ce qu’il entreprend.
 
«Cheikh a toujours été excellent depuis le primaire jusqu'à la fin de ses études. Et pas seulement excellent, mais le meilleur. C'était le meilleur en langues, en maths, en histoire-géographie, en sciences, même en sport! Il était doué au basketball et au tennis» témoigne un ami d'enfance, cadre aux Nations-Unies.
 
"Book smart" et "street smart"
 
Mais ce qui chez les anglophones, notamment de l'autre côté de l'Atlantique est appelé "book smart" (un Nerd, un intello- ndlr) est couplé à une intelligence propice à tirer parti des surprenantes configurations que la vie peut présenter subitement à notre expérience ("street smart").
 
«Beaucoup de "smart book" justement échouent quand ils sont lancés sur la scène de la vie, sans la cellule familiale derrière eux. Ils ont ce qu’il faut intellectuellement pour réussir, mais aucun sens de la débrouillardise. Et souvent les "street smart" n'ont pas cette aisance dans le monde des idées. Cheikh évolue à l'aise dans ces deux mondes» évoque le jeune cadre.
 
«Cheikh est fidèle dans ses amitiés. Vous pouvez rester de longues années sans vous parler, et vous recevez toujours de sa part, un mot, un appel au moment ou on s'y attend le moins» continue son ami d'enfance.
 
Cette "intelligence sociale" naturellement figée sur ses traits joufflus d'éternel enfant, ressort dans tous les témoignages de proches, comme de moins proches: «Il a toujours eu un sens précoce de l'empathie et de la bonne humeur. Il apportait toujours cela par ses rires, ses farces perpétuelles» assure un autre ami de lycée.
 
La carrière à Airbus
 
Certainement un atout pour cette casquette de manager portée tôt à Airbus.
 
«Quand il a eu son bac, il savait ce qu’il voulait faire ; il était déjà passionné d’aéronautique, mais ne voulait pas être pilote. Il a réalisé son rêve d’enfant. Cela, peu de personnes peuvent s’en targuer ; et c’est principalement ce que je retiens de lui» raconte songeur un ancien camarade de classe.
 
Ce rêve s’est aussi traduit en dehors de sa profession, par son appartenance à l’association «Mémoire d’Aéropostale», pour laquelle il gère les relations avec l’Afrique de l’ouest. "Mon entrée dans le club de l'aéropostale s’est faite par l’intermédiaire de la présidente qui est une amie et qui a insisté pour que je prenne en charges les relations avec les villes mauritaniennes (Nouadhibou et Nouakchott) et Sénégalaises (St-Louis et Dakar)" explique le français d'origine mauritanienne.
 
Après deux années de classes préparatoires, il intègre l’ENSEEIHT (Ecole Nationale Supérieure d'Electrotechnique, d'Electronique, d'Informatique, d'Hydraulique et des Télécommunications) de Toulouse. Il en sort diplômé en 1998 en tant qu’ingénieur en électronique, spécialisé en «signal processing».
 
Depuis il travaille à Airbus, au sein de son siège à Toulouse.
 
Rapidement ses talents se font remarquer, et c’est en tant que leader d’une équipe d’une demi-douzaine d’individus, Cheikh Diop a activement participé à l’érection  des systèmes électroniques de l’Airbus A380.
 
En 2003, il décide d’aller à Filton en famille, dans le sud de l’Angleterre, à la tête d’une équipe de 25 personnes, qui travaillera autant sur le A380, le A400M ou le A350. Il y est responsable de l’équipe en charge d’intégrer et livrer les calculateurs avioniques modulaire (Integrated Modular Avionics – IMA) qui hébergent les fonctions relatives à la gestion du Fuel et des trains d’atterrissage.
 
La ville a une longue tradition de construction aéronautique remontant à 1910. Le Concorde y fait son premier vol en 1971. L’ancien stéphanois y demeurera quatre ans avant de revenir à Toulouse, pour travailler sur le programme A350 dans le but d’assurer que cet avion est optimisé pour les besoins des compagnies aériennes. Il devient «Senior Manager (Cadre Supérieur)».
 
Aujourd’hui, il  pilote un département des Achats, et est en charge d’assurer l’approvisionnement en consommables de tous les sites de production du groupe EADS.
 
Mamoudou Lamine Kane 
Mamoudou Kane


              

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