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Chasse aux ressortissants africains : Tous les corps constitués s’y mettent


Actu Mauritanie
Jeudi 16 Juin 2016 - 04:06

Gendarmes, policiers et agents de la Sécurité Routière ont été lâchés dans une chasse effrénée contre les ressortissants africains à Nouakchott. Un contrôle sur pièces et sur faciès pour vérifier la conformité de ces personnes aux dispositions légales en vigueur en Mauritanie qui obligent tout étranger à se soumettre à l’enrôlement biométrique et l’obtention du titre de séjour.


Ces contrôles inopinés n’épargnent ni les domiciles ni les lieux de travail des ressortissants étrangers qui sont traqués jusqu’à leur denier retranchement. Tout étranger pris sans son titre de séjour est directement acheminé vers le commissariat de Bagdad, où après les formalités d’usage, il est refoulé vers son pays d’origine.

Les plaintes sont ainsi pléthoriques dans ce cadre, plusieurs étrangers pris dans les nasses de ces contrôles se plaignent d’abus. Des ressortissants mauritaniens d’origine négro-africaine, sont souvent pris également comme cibles. Ils sont obligés d’exhiber leur pièce d’identité nationale ou se le faire apporter au lieu de détention pour étrangers. Ce qui conduit souvent à des frustrations et à des altercations qui viennent s’ajouter, selon certains d’entre eux, aux nombreux abus qui accompagnent les rafles intempestives.

Beaucoup d’observateurs se plaignent ainsi de la politique de deux poids deux mesures dans l’application de la loi. Au moment où les ressortissants africains originaires des pays au Sud du Sahara sont traqués sans ménagement, ils trouvent que cette même campagne épargne les ressortissants arabes du Maghreb et de l’Orient. Ajoutés à cela, les observateurs soulignent que la traque des étrangers ouest africains aboutit souvent à des drames comme celui du jeune Mody Coulibaly qui, lors d’un contrôle dans un chantier de construction, avait trouvé la mort en sautant du haut d’un bâtiment en construction.

La situation des étrangers semble même s’être empirée. Récemment, plusieurs d’entre eux se sont plaints auprès de la Direction de l’Etat-civil qui les oblige dorénavant, en plus des redevances exorbitantes (30.000 UM) qu’elle leur exige, l’obligation d’un titre de travail auprès de l’Inspection. Et entre les deux, les étrangers se voient ballotés à longueur de temps, ce qui leur fait perdre du temps et de l’argent, l’Inspection du Travail se disant incompétente et renvoyant les demandeurs à la Direction du Travail. Si ce sont surtout les étrangers employés dans le privé qui en souffrent, les étrangers installés à leur propre compte (restaurateurs, autres métiers) n’y sont pas encore soumis.

Cheikh Aïdara
aidara.mondoblog.org
Noorinfo


              

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