Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Cette nuit, toute notre cruauté culturelle en une scène…


A.O.S.A
Samedi 9 Novembre 2013 - 02:25


Cette nuit, toute notre cruauté culturelle en une scène…
Tout à l’heure un ami passe me chercher pour me montrer 3 maisons que Ould Khattri aurait fait construire par la Procapec pour la fondation Khattou du temps d’avant la fronde, la débâcle et la prison. 
 
A la station Fawz, il s’arrête car 4 charmantes jeunes mauresques dans une petite toyata  semblent tombées en panne. Il ne les connaît pas mais comme c’est l’usage quand on est bien né et qu’on rencontre de charmantes diablesses, notre ami se proposa d’aider la compagnie. Il me fit passer pour un non mauritanien pour m’éviter des discussions avec mon hassanya de pacotille et me laisser tout loisir d’étudier la compagnie.
 
On croyait au début qu’il s’agissait d’une panne de gasoil arrivée à un tel stade qu’il fallait purger. Après dix minutes d’exercice, notre ami, plus serviable que jamais au fur et à mesure qu’il échangeait des mots avec la charmante compagnie, finit par se dire que peut-être qu’il fallait plus de gasoil mais la station fawz n’en ayant plus à cette heure, il proposa d’aller en prendre à la station du stade. Alors deux innocentes diablesses décidèrent, pour tuer le temps, d’accompagner notre serviable ami et son silencieux étranger qui ne semblait parler que klam nçaras.
 
Dès qu’elles furent dans la voiture, mon ami, vieux fennec de ces sortes d’échanges, brisa la glace avec un humour qui gravit vite divers degrés de complicité au fur et à mesure que la charmante compagnie tuait le temps. Si mon hassanya est digne de l’arabe et du français d’Aziz, reste que je suis un maure et donc pas si étranger à cette psychologie même si je n’ai pas souvent l’occasion de me distraire avec pareille compagnie somme toute banale car tout se passa avec un ton bien taïb car la charmante compagnie était de jeunes filles comme il faut et non de la quincaillerie en circulation.
 
Mon ami pour animer mon étude se fit provocateur mais tout en finesse de sorte que les flèches arrivent toujours à destination quel que soit l’attirail de réception. Au début, on a vite compris qu’elles étaient prêtes à faire connaissance comme s’il se doit avec de présumés charmants messieurs qu’elles ne reverraient certainement plus si la discussion prenait une allure pas digne des perspectives que mon ami animait l’air de rien en répondant à ses deux téléphones avec un ton confidentiel d’homme responsable qui craint qu’un rire féminin ne le compromette même s’il dispose toujours, pour ce cas-là, d'une issue de secours.
 
Elles ont bien tenté de me déniaiser vu mon silence et mes répliques qui tuaient l’ambiance car elles ne permettaient en rien aux demoiselles de participer sinon d’une façon diabolique qu’elles ont de reprendre en français les mots avec un ton et un rire à faire changer de vitesse mon ami le pilote.
 
Après dix minutes avec la compagnie, à entendre les commentaires, les allusions, les flèches, les torpilles, les leurres, les attrape-nigauds, les masques à demi tombés sans jamais que la comédie ne fasse tomber le rideau, j’ai alors compris que si ces charmantes mauresques relativement communes peuvent tenir de tels assortiments d’appâts quasiment infaillibles, que doivent être celles que la nature a gâtées en naissance, en beauté, en intelligence, en aisance et en caprices ?
 
Pauvres mauritaniens ! J’ai dit à mon ami de leur dire que je viens de comprendre pourquoi ce pays est perdu car avec de telles diablesses :  pour un rire et demi, on se ruine, pour deux rires et un commentaire chaïtanesque, on dépouille la fonction publique, pour trois, on vide la banque centrale et pour six on fait un coup d’état car diable ! pour résister à cette ambiance, il faut être soit ailleurs soit, comme moi, pris par l’étude.
 
Au retour de l’autre station, les rires et les commentaires de la compagnie devinrent plus naturels que jamais devant le plus déplacé spectacle qui puisse surprendre à cette heure. Mon ami cynique comme tout sahelo-saharien qui a hérité du milieu hostile un humour de survie pas toujours à propos, se mit à rire sans méchanceté juste avec le parfait détachement de ceux qui sont habitués à voir autour d'eux des malheureux, et ce faisant, avec l’acquiescement de l'experte compagnie qui a dû voir ou entendre pareille tragédie et qui en rit pour libérer l'idée qu'elle puisse un jour en faire les frais, notre ami nous donna, d'un ton certain, une explication à la scène qu’on avait sous les yeux dans la voiture d’en face. 
chezvlane


              

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires