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Ces générations qui ignorent Ould Taya


Actu Mauritanie
Vendredi 7 Août 2015 - 11:11

Cela fait dix ans, jour pour jour, que le président Ould Taya a perdu le pouvoir. L’homme que d’aucuns qualifiaient « d’omniprésent », voire « d’omnipotent » du fait de son énorme influence sur la vie du pays et de sa longévité au pouvoir, n’est pourtant plus qu’un vague souvenir. C’est dire combien l’être humain est éphémère, et combien est passagère la vie sur terre.


Ces générations qui ignorent Ould Taya
En effet, la majeure partie des Mauritaniens ignorent Ould Taya. Quand on tient compte des résultats du dernier recensement des popoulatons du pays qui a consacré plus de 71% de la population nationale à la jeunesse avec 59% âgés entre 10 et 17 ans, on comprend aisément pourquoi que plus de la moitié de la population mauritanien ne connaît pas réellement qui était cet homme.

Il s’agit de ceux-là qui venaient de naître en 2005 et qui ont aujourd’hui 10 ans. Il s’agit aussi de ceux-là qui avaient six ans ou moins à cette date, et de tous ceux-là qui approchent aujourd’hui la vingtaine. Tous ceux-là n’ont pas connu l’ancien chef de l’Etat. Et à juste titre, l’évoquent très rarement.

Et parce que les Mauritaniens n’ont pas de mémoire, parce qu’ils accordent très peu de place à l’histoire, parce que les régimes nés des différents pouvoirs nés après la départ de Ould Taya ont fait de celui-ci un « pestiféré » la jeunesse du pays connaît très peu de choses de celui-ci.

Pour mémoire, il faut rappeler en tout état de cause, que le président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya est arrivé au pouvoir le 12 juillet 1984 après un coup d’Etat contre le Mohamed Khuna Ould Haïdalla. 
L’homme doit être rappelé à la mémoire du peuple, du fait de nombre de faits : ses 21 années passées au pouvoir, l’entame de l’ère de la démocratie dans le pays avec la tenue des premières élections pluralistes jamais organisées chez nous, les événements de 89 entre la Mauritanie et le Sénégal, avec toutes leurs conséquences, dont l’épisode des premiers déportés mauritaniens…

C’est le 3 août 2005, qu’il est renversé à la suite d’un coup d’Etat mené par leConseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), dirrigé par Ely Ould Mohamed Vall qui a initié et organisé par la suite une transition de 2 ans, qui a conduit à restaurer la normalité constitutionnelle. 

Par la suite, des élections présidentielles ont été organisées remportées par le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi au terme d’un second tour qui l’a opposé à Ahmed Ould Daddah. Le 6 août 2008, Sidioca était déposé par un groupe de généraux dirigé par Mohamed Ould Abdel Aziz. 

Ce dernier devait sortir vainqueur au premier tour d’un première présidentielle organisée une année plus tard. Au terme d’un premier mandat de cinq ans, le voilà qui se représentait arrachant la victoire une fois de plus au premier tour. 

Le 6 août 2014, il organisait sa cérémonie d’investiture. Alors même qu’il n’a pas fini sa première année, voilà que une question hante les esprits : le président va-t-il se représenter pour un troisième mandat, alors que la constitution limite les mandats présidentiels à deux ? Pour d’aucuns, la question mérite bien d’être posée au regard des faits et gestes du premier concerné, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Très jeune par rapport à ses adversaires, l’homme qui dit à qui veut l’entendre que « le pouvoir est sien, puisque c’est lui qui la arraché à Ould Taya, au péril de sa vie » n’aurait que 58 ans en 2019, au terme de son actuel mandat. 

Celui-là que l’on dit désormais « assis sur une fortune colossale » et « garant de la stabilité des énormes richesses de ses proches » n’aurait pas « le droit »d’abandonner le pouvoir, selon ses proches qui précisent : « Il le ferait, et le pays basculerait dans l’incertitude ».

En tout état de cause, le président sera bien amener à sa déterminer sur son futur et sur celui de son pays. Pour l’heure, il a le temps de réfléchir et surtout de voir les choses venir.

Il a surtout le loisir de voir ce qui se passe dans des pays d’Afrique où les chefs d’Etat vivraient des situations analogues à la sienne. Est-ce à dire que de la situation actuelle du Burundi, de celle qui va prévaloir dans les deux Congo et éventuellement au Ruanda, dépend l’avenir de la Mauritanie ? Il n’y a pas de doute.

MOMS 
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