Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Centrafrique : les rebelles foncent sur Bangui


International
Vendredi 22 Mars 2013 - 19:03

Après avoir forcé le barrage tenu par la force militaire des États d'Afrique centrale (Fomac) à 75 km au nord de Bangui, les rebelles de la Séléka veulent prendre possession de la capitale centrafricaine.


Des rebelles de la Séléka patrouillent aux environs de Damara. Crédits photo : SIA KAMBOU/AFP
Des rebelles de la Séléka patrouillent aux environs de Damara. Crédits photo : SIA KAMBOU/AFP
Les rebelles centrafricains de la Séléka ont forcé vendredi à la mi-journée le dernier verrou sur la route de Bangui, annonçant leur intention d'entrer dans la capitale centrafricaine où ils ont appelé les populations «au calme». «Nos troupes viennent de prendre Damara», barrage tenu par les troupes de la force africaine à 75 km au nord de Bangui, a déclaré à l'AFP, Éric Massi, un porte-parole de la Séléka. «Nous appelons tout le monde, civils et militaires, au calme en attendant l'arrivée de nos troupes à Bangui, afin d'éviter des combats inutiles», a-t-il poursuivi.

«Il y a eu des tirs sans faire de blessés, les rebelles ont forcé le barrage de Damara et sont passés» vers midi (heure locale), a expliqué une source au sein de la Force militaire des États d'Afrique centrale (Fomac), dont les hommes étaient positionnés sur ce barrage. «Ils sont sur la route de Bangui. Nous sommes en alerte maximum», selon cette même source.

Des forces centrafricaines mal équipées et peu efficaces

L'annonce de la nouvelle s'est immédiatement répandue dans Bangui. «Tout le monde rentre chez soi. Les élèves ont été libérés des cours, on va attendre. On est inquiets», a témoigné une commerçante. Au port de Bangui, des «centaines de gens» tentaient de traverser le fleuve Oubangui pour rallier la République démocratique du Congo (RDC) voisine, à bord des pirogues qui font régulièrement la navette, selon un piroguier sur place.

La localité de Damara était considérée par la Communauté économique et monétaire des États d'Afrique centrale (Cemac) qui fournit les troupes de la Fomac, comme ceux de «la ligne rouge» à ne pas franchir pour les rebelles de la Séléka. Ce barrage était tenu par des soldats tchadiens et gabonais, selon cette source au sein de la force africaine, qui n'a pas précisé leur nombre.

Plusieurs barrages de l'armée (Faca) et de la gendarmerie centrafricaine sont installés sur la route menant de Damara à Bangui. Mais ces forces centrafricaines sont notoirement mal équipées et peu efficaces, et avaient été balayées lors de la précédente offensive de la Séléka en janvier plus au nord du pays.
250 soldats français

Des troupes sud-africaines, appelées par le président François Bozizé dans le cadre d'un accord de défense, sont positionnées au nord de la capitale, près du «PK 12» (point kilométrique 12) qui est la véritable porte d'entrée de la ville. Il reste à savoir quelle sera l'attitude de ces troupes bien équipées face aux rebelles.

Quelque 250 soldats français se trouvent actuellement à Bangui, dans la zone de l'aéroport, situé au nord de la ville. Mais lors de la précédente offensive rebelle en janvier dernier, le président français, François Hollande, avait précisé qu'ils n'étaient là que pour défendre les «ressortissants et intérêts français».

La Fomac, constituée de Tchadiens, Gabonais, Camerounais et Congolais, compte environ 500 soldats.

En janvier, le général Jean-Félix Akaga, le commandant gabonais de cette force, s'était montré ferme devant le franchissement de Damara, dernier verrou avant Bangui. «Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les dix États d'Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu'ils en arriveront là», déclarait alors ce haut gradé.

Maître de la ville en 15 minutes

Dimanche, la rébellion de la Séléka avait donné 72 heures au pouvoir pour respecter les accords de Libreville, signés le 11 janvier dernier et d'autres revendications restées lettre morte, selon elle. Parmi les points d'achoppement figurent la libération de prisonniers politiques, la présence des troupes sud-africaines et ougandaises dans le pays et l'intégration des combattants de la Séléka dans l'armée.

Mercredi soir, le président Bozizé a signé deux décrets portant sur ces revendications, et a notamment fait libérer «tous les prisonniers politiques et de guerre mentionnés dans les accords de Libreville». Le colonel Djouma Narkoyo, importante figure de la rébellion, avait estimé insuffisant le geste du chef de l'État.

Parallèlement à l'offensive sur Bangui, la rébellion a mené vendredi une offensive sur Bossangoa, importante ville de 40.000 habitants dans le nord-ouest du pays. Une source militaire a fait état de combats. La Séléka affirme s'être rendue maître de la ville en 15 minutes.

Le Figaro, avec agences
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire