Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Centrafrique : l’intervention militaire française met mal à l’aise


International
Dimanche 15 Décembre 2013 - 12:05

La France a été félicitée par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, pour ses interventions militaires en Afrique. Au même moment, elle est critiquée par le Président malien pour sa gestion de Kidal. Mais aussi pour avoir décidé de faire seule une vaste opération de ratissage anti-islamiste au nord de Tombouctou, en se passant des services de l’armée malienne.


Oumar Abacar, 26 ans, éleveur Peul et musulman, tué une heure après que cette photo ait été prise le 5 décembre à Bossangoa, au nord de la RCA. (Marcus Bleasdale/VII for Human Rights Watch)
Oumar Abacar, 26 ans, éleveur Peul et musulman, tué une heure après que cette photo ait été prise le 5 décembre à Bossangoa, au nord de la RCA. (Marcus Bleasdale/VII for Human Rights Watch)
Son déploiement en Centrafrique repose sur un paradoxe. D’un côté, la France vole à la rescousse de peuples livrés à leurs soldatesques, groupes rebelles, milices et armée régulière. Des sociétés civiles appellent à l’aide, comme au Mali et en Centrafrique, et souhaitent une intervention militaire extérieure. Sur le terrain, l’armée française est donc applaudie.
 
Oumar Abacar, 26 ans, éleveur Peul et musulman, tué une heure après que cette photo ait été prise le 5 décembre à Bossangoa, au nord de la RCA. (Marcus Bleasdale/VII for Human Rights Watch)
D’un autre côté, la France continue de jouer ce rôle de « gendarme de l’Afrique » qu’elle n’a pas vraiment envie de tenir. Elle se fait critiquer à Paris, notamment par les tenants de l’anti-impérialisme qui voient dans l’engagement français une attitude post-coloniale.
 
La France pourra-t-elle intervenir partout, si nécessaire ?
 
L’armée française, en acceptant de faire le travail de forces sous-régionales africaines souvent dépassées, met mal à l’aise les ex-colonies britanniques et portugaises, dont les anciennes métropoles n’interviennent pas ou alors très rarement sur le plan militaire. Le fait est resté exceptionnel : la Grande-Bretagne a envoyé en 2000 des troupes en Sierra Leone pour mettre un point final à la guerre civile.

Les troupes de la Fomac confisquent leurs machettes aux civils réfugiés dans son camp à Bossangoa. (Marcus Bleasdale/VII for Human Rights Watch)
Les troupes de la Fomac confisquent leurs machettes aux civils réfugiés dans son camp à Bossangoa. (Marcus Bleasdale/VII for Human Rights Watch)
Avec les crises à venir, il va falloir réfléchir à cette stratégie militaire de la France en Afrique. Elle se décide pour l’instant au « coup par coup », en fonction des intérêts du moment et de son sentiment de culpabilité. On parle de situation de « pré-génocide » en Centrafrique, un mot qui rappelle la position très contestée de la France au Rwanda en 1994.
 
Des élections sont attendues en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso en 2015, qui se présentent plus ou moins bien. La France pourra-t-elle intervenir partout, si nécessaire ? Sinon, il faudra bien qu’elle ait une réponse crédible à cette simple question : pourquoi pas ?

Sabine Cessou
Blogs Rue89
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire