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Centrafrique: à Bangui, "une dynamique infernale de représailles" s'est installée


International
Jeudi 12 Décembre 2013 - 12:10

Depuis l'arrivée des militaires français en Centrafrique, la capitale Bangui connaît des phases d'apaisement et des regains de tension. "L'ensemble du pays est terrorisé" témoigne un religieux.


Après l'opération de désarmement, notamment à Bangui, les représailles contre la communauté musulmane terrorisent la population. AFP/FRED DUFOUR
Après l'opération de désarmement, notamment à Bangui, les représailles contre la communauté musulmane terrorisent la population. AFP/FRED DUFOUR
"La population n'est plus menacée." Lundi, 24 heures après le début de la mission de désarmement, l'armée française annonçait que les groupes armés qui tenaient les rues de Bangui, capitale de la Centrafrique, depuis plusieurs semaines avaient quitté leurs positions. 
 
Pourtant, dès le lendemain, la situation était à nouveau tendue. A l'hôtel Ledger de Bangui, le seul palace, logent les journalistes et les rares étrangers. C'est le seul épargné par les guérilleros, explique Le Nouvel Obs, puisque leurs chefs y avaient établi leurs quartiers. Gérard Maure, consultant de 53 ans, y a été déplacé mardi matin: "Tout le monde cherche à partir" explique-t-il à TF1 avant de détailler les jours qui ont suivi l'annonce de l'intervention française. "Le lendemain, tous les magasins ont fermé dans la ville, personne n'avait fait de stocks, les problèmes d'approvisionnement ont commencé. Le personnel de mon hôtel, où il restait quelques étrangers, a fini par trouver un poulet pour nous nourrir." 

La peur ne quitte pas la population
 
Lajoie et l'espoir suscités à l'arrivée des militaires français ce week-end ont cédé la place à la peur et la panique. A nouveau. En octobre, l'envoyé spécial de L'Express en République centrafricaine, décrivait la terreur palpable dans la moiteur des campagnes, aux alentours de Bossangoa, au nord-ouest: "On peut parcourir une heure durant une piste cahoteuse sans croiser âme qui vive. Seuls caprins et cochons errants peuplent encore des villages aux maisons incendiées où règne un silence de cimetière. Une silhouette se dessine à l'horizon? Elle disparaît dans les hauts et denses fourrés dès que le bruit du moteur lui parvient." Des mois durant, la population chrétienne a vécu sous le joug des ex-Séléka, nébuleuse rebelle liée au président musulman Djotola, commettant pillages, exactions, viols... 
 
Malgré la mort en opération des deux premiers militaires, la mission de désarmement se déroule bien, répète le ministère français de la Défense. Mais les soldats français ont désormais aussi pour tâche d'éviter une généralisation des représailles. Mardi, une mosquée a été incendiée et détruite par des jeunes assoifés de régler leurs comptes, rapporte Le Monde. "Nous sommes dans une dynamique infernale de représailles", avec le spectre d'un "match retour" des milices d'auto-défense villageoises (chrétiennes) et de nouvelles tueries de la Séléka dans leur retraite vers leurs bastions du nord, s'alarme une source humanitaire. 
 
Peu de nouvelles parviennent des autres provinces du pays. "L'ensemble du pays est terrorisé. Des dizaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans les églises, à Bangui et dans tout le pays. Plus de 5000 personnes se trouvent dans les édifices paroissiaux. Une femme m'a raconté avoir vu son frère touché par un tir de fusil. Tous les hommes qui sortent dans la rue sont pris pour cible" racontait le Père Anicet Assingambi de la Paroisse Saint Charles de Lwanga, dans le nord de Bangui, à l'agence de presse du Vatican Fides. 

Source : L'express  
Mamoudou Kane


              

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