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Célébration officielle du 8 mars : Un discours conventionnel et des prix de la honte


Société
Mardi 12 Mars 2013 - 10:15

La ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), Moulaty Mint Mokhtar a supervisé vendredi 8 mars 2013 au Palais des Congrès de Nouakchott l’ouverture officielle des manifestations marquant la célébration de la fête de la femme. La cérémonie a été marquée par une ségrégation évidente à la remise des prix.


Moulaty Mint Mokhtar, (2ème en partant de la gauche). photo : AMI
Moulaty Mint Mokhtar, (2ème en partant de la gauche). photo : AMI
Fidèle à ses convictions politiques, Moulaty Mint Mokhtar a prononcé, à l’occasion du lancement des cérémonies marquant le 8 mars, fête internationale de la femme, un discours programme élogieux où les chiffres ont cependant souffert par leur rareté. Elle a salué la promotion accordée aux femmes dans le domaine de la gestion à tous les niveaux de l’Etat, les efforts entrepris pour éradiquer la pauvreté en milieu féminin, à travers la distribution de parcelles de terrains à Nouakchott et à l’intérieur du pays.

Elle a également cité parmi les réalisations de son département, l’égalité des pensions entre les hommes et les femmes, l’accès de plus en plus important de la gent féminine à la Fonction publique et la consolidation de l’accès des femmes aux postes électifs, notamment la liste exclusive de 20 sièges réservés aux femmes. Elle a également mis en exergue la multiplication des campagnes de sensibilisation en milieu urbain mais aussi rural contre les pratiques néfastes, telles les MGF et les problèmes liés à la santé reproductive, la violence contre les femmes et l’égalité genre. Selon elle, le MASEF a traité au cours de l’année 2012, 982 cas de conflits conjugaux dont la majorité réglé à l’amiable, développé la microentreprise avec une expérience réussie dans les régions du Nord.

Sur le plan de la formation, elle a mentionné la formation en cours de 80 filles au Centre de promotion féminine dans divers domaines, et celle de 120 élèves monitrices, sans compter la prise en charge de 477 enfants en situation difficile à travers le Centre de réinsertion et de protection sociale pour l’enfance, avec ouverture de centres secondaires en Assaba et à Nouadhibou. Dans le domaine de la scolarisation des filles, Moulaty Mint Mokhtar s’est félicité des 6% de bourses désormais réservées aux filles, qui selon elles se distinguent de plus en plus dans les différentes filières de l’enseignement, citant les prix accordés à 112 d’entre elles l’année dernière.

A son tour, Jean Pierre Baptiste, représentant de l’OMS et du Système des Nations Unies en Mauritanie, a prononcé une allocution dans laquelle, il a déclaré la disposition des institutions spécialisées de l’instance internationale qu’il représente à appuyer et à accompagner la Mauritanie dans ses politiques de promotion féminine, mettant l’accent sur la nécessité d’éradiquer à tout jamais toutes les formes de violence contre les femmes.

Les Harratines et les Négro-africaines moins intelligentes

A la fin de la cérémonie officielle, une trentaine de prix ont été distribués à des filles lauréates. L’occasion pour certains observateurs de constater l’absence de la Mauritanie noire dans ce concours de l’intelligence, où seuls deux prix d’excellence ont été accordés à des négro-africaines, tandis que la couche harratine ne se s’est distinguée que par des prix pour handicap mental ou physique. Nulle connotation raciste dans ses commentaires, mais une simple relation des faits, dans un pays où les particularismes sectaires ont malheureusement refait surface, et constituent à notre corps défendant une variable à prendre désormais en compte.

Les femmes syndicalistes à l’honneur

Les femmes syndicalistes mauritaniennes ont marqué de leur dynamisme la célébration du 8 mars, fête internationale de la femme. C’est dans ce cadre que les quatre plus grandes fédérations de travailleurs, la CGTM, la CLTM, l’UTM et la CNTM, ont animé à la veille, une conférence à l’ancienne la Maison des jeunes ainsi que des expositions au Village de la Biodiversité et au Centre de la condition féminine à Nouakchott. Parmi les thèmes majeurs mis en exergue durant ces festivités, l’élimination de toute forme de violence contre les femmes et les filles, l’accès des femmes à l’emploi et aux centres de prises de décision, la lutte contre la marginalisation des femmes syndicalistes dans les programmes du Ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF). La doyenne des femmes syndicalistes en Mauritanie, Mahjouba Mint Saleck, cadre de haut niveau de la CGTM et de plusieurs organisations régionales et internationales du mouvement syndical féminin avait ouvert la conférence qui a eu lieu à l’ancienne Maison des jeunes, en présence de plusieurs centaines de femmes. Plusieurs autres communications ont été présentées durant la rencontre, notamment une communication sur l’hygiène et la sécurité des femmes au travail.

Ainsi, sur les 27 prix décernés aux Lauréates de l’enseignement conventionnel, 9 pour l’Enseignement Supérieur, 12 pour le Baccalauréat, 4 pour le concours d’entrée au Collège, 2 pour le Brevet d’enseignement secondaire, il n’y a eu que deux Négro-africaines qui ont été primées et aucune Hartaniya. Ces dernières rafleront cependant les 3 prix en jeu pour les handicapés mentaux et physiques. Pour les prix de l’Enseignement professionnel, une négro-africaine sortira du lot sur les 4 prix décernés en l’absence de toute Hartaniya. Les faits ont été si flagrants qu’ils ont attiré l’attention du public présent au Palais des Congrès de Nouakchott. S’y ajoute la composition de la chorale juvénile, et où la discrimination raciale fut l’un des traits dominants. La caméra et le satellite ont malheureusement dénaturé la vision unitariste d’une certaine Mauritanie à jamais débarrassée de ses connotations socio ethniques, mais les chauvins qi influencent la direction de ce pays ne veulent montrer au monde arabe qui suit les chaînes de télévision locales que des images édulcorées d’une Mauritanie absolument blanche. Ainsi, si le 8 mars 2013 a été marqué par des cris de douleur de la gent féminine contre toutes les formes de violence, celle portant sur le racisme et la discrimination reste toutefois les plus vivaces.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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