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Ce que doit faire Israël


International
Mardi 12 Août 2014 - 11:48

Il reste une solution pour sortir de l’impasse à Gaza.


Ce que doit faire Israël
Sous bien des aspects, le conflit actuel à Gaza était inévitable. Si Israéliens et Palestiniens s’étaient engagés dans un processus de paix, par le truchement du secrétaire d’Etat américain John Kerry ou par le biais de l’une des innombrables autres occasions manquées, peut-être ce déchaînement de violence aurait-il été évité. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et se mettre à en débattre aujourd’hui, tout comme tenter d’imputer à l’un ou à l’autre la responsabilité du récent cycle de violences, ne reviendrait une nouvelle fois qu’à se demander vainement qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier. Aujourd’hui il semble que personne ne sache comment vraiment arrêter la guerre. J’ai demandé à de hauts responsables palestiniens comment, à leur sens, cette guerre devait finir.

Leur réponse: «Israël doit cesser son occupation.» D’accord—c’est une évidence, mais comment arrêter cette guerre tout de suite, ce soir même, alors que toute initiative d’Israël et de l’autorité palestinienne ne fera que renforcer le Hamas dans sa position triomphante de parti qui aura arraché le butin de guerre? La stratégie égyptienne est d’avoir le Hamas à l’usure et de le pousser à agréer un compromis qui serait également acceptable pour Israël. Mais je n’imagine pas le Hamas faire de vrais compromis susceptibles, même imperceptiblement, de mener à sa disparition à Gaza—or ce sont les seuls auxquels Israël doit consentir.

Affaiblir le Hamas

Cela signifie qu’Israël ne doit pas négocier avec le Hamas. Il faut que lui et ses partenaires régionaux se concentrent exclusivement sur la manière d’affaiblir la mainmise du Hamas plutôt que de la consolider. Le Hamas proclamera de toute façon la victoire, et ce quelle que soit l’issue de la guerre. Il fera l’inventaire de ses faits héroïques contre la puissante armée israélienne et se présentera comme l’unique force au monde à défendre les droits palestiniens. Il a déjà remporté la guerre des mots chez les Palestiniens et les Arabes en affichant des exigences qu’aucun Palestinien ni quiconque les soutient ne peut taxer d’illégitime. Il veut que les frontières de Gaza soient ouvertes aux transits de biens et de personnes; il demande un aéroport, un port maritime, des matériaux pour reconstruire Gaza, il veut être reconnecté à l’économie de la Cisjordanie et du monde.

Il ne s’agit là que de demandes raisonnables qui pourraient même être acceptables pour Israël si elles étaient mises sur la table, entre deux camps négociant une paix globale, la fin du conflit et celle des revendications. Mais le Hamas ne propose qu’un simple cessez-le-feu en échange de ces exigences dont la satisfaction lui permettrait de se réarmer et de préparer la prochaine guerre.

Initiative de paix arabe de 2002

Dans le cadre d’une solution à long terme, il ressort de ce conflit que le moment est venu pour Israël et ses voisins d’adopter l’initiative de paix arabe de 2002, de négocier avec l’autorité palestinienne de Mahmoud Abbas sur cette base et de donner à court terme les manettes de Gaza à une force multinationale dirigée par les Arabes. Certes le Hamas serait catégoriquement contre cette démarche, mais il n’aurait que très peu les moyens de s’opposer à une armée totalement arabe soutenue par la Ligue arabe et peut-être même par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela et la promesse d’Israël de mettre un terme à l’occupation et de permettre aux Palestiniens de réaliser leurs aspirations nationales à un Etat libre qui comprendrait Gaza et la Cisjordanie répondraient à la fois aux demandes palestiniennes et rendraient le Hamas superflu aux yeux des Palestiniens.

Un tel projet récompenserait les modérés aux dépens des extrémistes, et interromprait le cycle exactement inverse qui prévaut depuis de trop nombreuses années. Rien de tout cela n’est impossible, et tout aurait bien plus de chances de se réaliser si l’initiative venait de Riyad. Si le roi Abdallah d’Arabie saoudite invitait Netanyahou, Abbas, le président égyptien Al-Sissi et le roi Abdallah de Jordanie à se rendre immédiatement à Riyad pour mettre Gaza sur la table, l’initiative de paix arabe pourrait être très facilement adoptée. La guerre actuelle est une impasse; il nous faut une initiative audacieuse et un leader arabe (et un israélien) courageux pour dépasser le scénario actuel dans lequel il ne peut y avoir que des perdants.

Une perspective pour Gaza

Israël peut aller plus loin pour faire bouger les choses dans la bonne direction, sans pour autant céder un pouce de terrain au Hamas. Le gouvernement de Netanyahou devrait s’adresser à la population palestinienne de Gaza sur un ton non plus menaçant comme c’est le cas actuellement, mais plein d’espoir et de promesses. Il faut qu’Israël propose aux Gazaouis l’image d’une bande de Gaza paisible dotée d’un aéroport, jouissant d’un développement économique et d’emplois. Les Gazaouis sont avides de propositions concrètes qui leur permettraient de réaliser leur aspiration élémentaire à une vie normale, et c’est aux responsables israéliens que revient le rôle de leur exposer ces possibilités.

En outre, Israël doit encourager le processus amorcé avec la formation du gouvernement de réconciliation palestinien en mai 2014 afin que de nouvelles élections palestiniennes soient organisées le plus tôt possible et que le peuple ait son mot à dire dans l’élection de dirigeants légitimes pour le représenter. Organiser des élections pendant que Gaza panse ses blessures de guerre tandis qu’Israël envoie un message positif sur son avenir et que de vraies négociations sérieuses se tiennent avec pour objectif de mettre un terme à l’occupation israélienne, voilà qui augmenterait grandement les chances de voir élire un gouvernement en Cisjordanie et à Gaza qui continuerait à construire la Palestine au lieu de la détruire.

Reconnaître le gouvernement palestinien

Pour atteindre cet objectif, Israël doit à présent reconnaître le gouvernement de réconciliation nationale palestinien qui, s’il est soutenu par le Hamas, ne compte en son sein aucun de ses membres. La tâche principale de ce gouvernement est de préparer la Palestine à de nouvelles élections —c’est là son mandat. Dans l’intervalle, le Hamas va probablement continuer à tirer des roquettes et des mortiers sur Israël au rythme de 50 à 100 par jour, mais ses réserves diminuent et finiront par se tarir. Israël peut continuer à répondre par des attaques aériennes dirigées contre des cibles militaires, tout en faisant extrêmement attention à éviter les dommages collatéraux et les victimes civiles—oui, plus que ce qu’il a fait jusqu’à présent.

Pendant ce temps, il est indispensable qu’Israël s’engage de façon positive auprès des dirigeants de l’autorité palestinienne, de l’Egypte, de la Jordanie, de l’Arabie saoudite et d’autres dans des projets visant à mettre un terme au conflit israélo-palestinien. C’est ainsi que l’on évitera que le Hamas ne remporte une victoire prouvant une fois de plus que la violence paie. Il est impératif qu’Israël récompense la diplomatie et la modération, faute de quoi cette guerre ne sera qu’un épisode de plus de ce conflit sans fin.

Source: Slate
Noorinfo


              

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