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Noorinfo

C’est l’heure des lunettes : Il va falloir s’y faire…


A.O.S.A
Lundi 1 Décembre 2014 - 23:24


C’est l’heure des lunettes : Il va falloir s’y faire…

Retour à Nouakchott très sympathique. Il fait super beau. La ville est tranquille. On lit la presse et apparemment la scène politique est pacifiée. Je n’arrive toujours pas à me connecter. Il me faudra quelques jours pour atterrir. Ce voyage a bouleversé tellement de choses qu’il me faudra plusieurs articles sur les USA pour digérer la chose.


Je ne le dirai pas assez, le voyage à Bordeaux 15 ans plus tard a secoué beaucoup de choses et les a remises à leur place. La mémoire est éternelle. Rien ne se perd jamais. Oublier signifie juste ne pas avoir accès au disque dur de la mémoire or ce disque dur-là n’efface rien. Aussi, lors d’un départ précipité dans « le fracas que fait un poète qu’on tue » comme dit l’autre,  l’esprit anesthésie la mémoire pour encaisser une véritable déchirure. C’était il y a longtemps mais tous ceux qui sont partis du jour au lendemain,  laissant tout derrière eux, savent ce que signifie cela.


J’ai déjà connu cela en 1989 quand les sénégalais et les mauritaniens se sont entre-tués avec la rage de la barbarie absolue, se faisant rôtir les uns les autres, éventrant des femmes enceintes etc. C’est ainsi que du jour au lendemain, il a fallu rentrer chez soi en laissant tout derrière  à savoir tous les amis d’enfance et tout le premier univers d’une vie.


15 ans sans remettre les pieds à Bordeaux et en ayant coupé tous les ponts avec ceux que j’ai laissés là-bas notamment ce qu’on appelle avec pudeur un souvenir de jeunesse. Là dès mon premier jour à Bordeaux, je cherche le nom sur Google, je trouve celui de la mère. J’appelle en disant «  bonjour c’est tel, je suis de retour à Bordeaux 15 ans après, j’appelle quelques personnes que je n’ai jamais oubliées et j’aimerais savoir ce qu’est devenue telle, je repars à Paris dans deux jours, merci de transmettre mes salutations ».


Pendant deux jours, j’espérai bien recevoir un coup de fil mais je n’ai rien reçu. Alors je me suis dit qu’on m’avait tout simplement effacé avec les armes de destructions massives dont le temps est l’unique maître dans les arènes de la mémoire. Je me suis donc promené à Bordeaux comme ont fait mille gens avant moi de retour longtemps après dans un lieu important. 15 ans ce n’est pas 30 ans d’absence. Aussi je ne risquais pas, comme d’autres, d’apprendre que tel et tel sont morts ni de voir que tel paradis est devenu une boulangerie et finir le séjour groggy comme le dernier survivant au milieu d’un cimetière.


Rien n’avait changé ou si peu mais la mémoire qui s’éveille tout d’un coup remet tout  à l’heure d’avant. Aussi au détour d’une rue, devant un porte, on croit qu’on verra sortir un tel et un tel et devant tel café ou telle boîte, on se dit qu’en entrant tout sera pareil. C’est un sentiment très curieux que seuls connaissent ceux qui ont fait pareil pèlerinage. 


Il arrive qu’on fasse sans le vouloir des rencontres incroyables comme ce qui m’est arrivé dans un resto chinois à deux pas de Sainte Catherine. Je voulais manger quelques chinoiseries, des vapeurs et autres. Je ne trouve qu’un resto chinois dans une rue respectable car en la matière il faut se méfier. J’entre, une charmante serveuse arrive à moi et m’indique un endroit pour un homme seul. Je ne fais pas attention, je m’installe et je rêvasse en attendant les petites choses.


Elle me sert très poliment, je ne regarde pas mais cette voix me dit quelque chose mais je ne capte pas sur le coup. Je termine et au lieu d’attendre que quelqu’un se manifeste pour que je réclame l’addition, je me lève et je vais demander qu’on me l’apporte car je suis pressé. Et là, entre deux tables, je regarde la serveuse, elle me regarde et quelque chose se passe comme une connexion et là on réalise qu’on se connaît peut-être et finalement on comprend qu’on se retrouve tout à fait. C’est une expérience incroyable ce retour à la mémoire en quelques secondes.


Toujours jeune créature avec 15 ans de plus est restée serveuse et parfaitement épanouie, elle avait toujours dans les yeux cet éclat de diablesse des nuits bordelaises. Diablesse au noble sens du terme à savoir le sens hassanien : chaïtanesque. Mais on ne s’est pas présentés, on s’est juste regardés et comme dans un film muet tout est passé sans un mot juste les yeux qui s’ouvrent et les sourires qui renversent.


De retour à Paris la veille de rater mon avion, le matin à 7H, je reçois un sms d’un numéro inconnu qui me dit juste «  voix inoubliable, je vais au travail (pas bien) etc.  ».

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chezvlane


              

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