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Brahim Sow Deyna : "Maurifoot n’a jamais été financé, de près ou de loin, par qui que ce soit"


Sport
Jeudi 28 Novembre 2013 - 17:44

Après l'annonce de l'arrêt définitif du premier site entièrement dédié au football mauritanien, Maurifoot, ce dernier revient au premier plan, avec une nouvelle motivation, et surtout l'envie de mettre au clair certains points d'interrogation liés à l'interruption de quelques semaines du média sportif. Entretien avec Brahim Sow Deyna, un de ses fondateurs.


Brahim Sow Deyna : "Maurifoot n’a jamais été financé, de près ou de loin, par qui que ce soit"
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Quelles raisons étaient derrière l'arrêt brusque des activités du site de Maurifoot ? Des rumeurs contradictoires ont couru...
 
En effet, beaucoup de rumeurs ont circulé après la cessation des activités de Maurifoot. Et je tiens à y mettre un terme une bonne fois pour toute. Bien avant l’arrêt du site, j’avais déjà pris la décision, en concertation avec mon équipe, de faire un break de quelques mois. Le temps ne me permettait plus vraiment de gérer le site. Je rappelle juste que je suis dans ma dernière année d’étude, et que je suis deux formations en parallèle. Du coup, ça devenait difficile car Maurifoot grandissait au fur et à mesure et demandait forcément de plus en plus d’implication. Cependant, un autre incident imprévu avait également motivé mon choix.
 
Lors du stage de l’équipe nationale en Espagne en septembre, nous avions subi, mon collègue (Jemal Sevir) et moi, des invectives de la part de certaines personnes, après avoir rendu publique des informations « jugées » confidentielles, sur les conditions de la sélection. Cela nous avait beaucoup affecté, car les mots proférés à notre encontre étaient très violents et avait douché toute la motivation qui nous permettait encore de nous accrocher à cette passion. On estimait être dans notre droit. Avec le recul aujourd’hui, je me dis qu’on avait peut-être mal géré la situation, et que l’on ne devait pas forcément arrêter sur le coup. Mais j’ai pour habitude de voir le verre à moitié plein. C’est aussi ce genre d’expérience qui forge le caractère.
 
Revenez-vous avec une ambition et des perspectives différentes de celles qui avaient concouru à la création d'un site entièrement dédié au football mauritanien?
 
Peu de gens le savent, mais en 2010 déjà, on avait fait un long break de plus d’un an, peu après le forfait des Mourabitounes pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2012. À l’époque on n’avait pas encore de site web, et peu de lecteurs. Mais nous sommes revenus en 2011 plus forts et plus déterminés que jamais. En toute humilité, je dirais que les résultats étaient perceptibles et ont été bien accueillis. Aujourd’hui, on revient encore plus motivé. Pour ma part, je ne supportais plus de rester éloigné du football national, que j’ai dans le sang. Malgré mes études, qui restent bien sûr prioritaires, j’ai décidé de revenir et concilier les deux bouts. Ce break m’a fait énormément de bien (même s’il pourrait être vu comme un manque de professionnalisme), et m’a surtout permis de comprendre beaucoup de choses dans ce milieu gangrené par l’hypocrisie et la mauvaise foi.
 
Mais il fallait que je revienne, car je me sens redevable envers tous ces gens qui nous suivent. À titre d’exemple, durant le mois de septembre, le site a reçu plus de 26 400 visites et plus de 11 000 visiteurs uniques, c’est plus que le stade olympique de Nouakchott. Donc, je ne pouvais pas laisser tomber tout ce monde là. Par rapport à nos perspectives, j’espère continuer à faire vivre à nos lecteurs, toute l’actualité du football national. Et je tiens aussi à faire aboutir plusieurs projets, selon les moyens que j’aurais à ma disposition.
 
L'arrêt de Maurifoot avait-il un rapport avec la FFRIM ?
 
Sans équivoque je dirais non. Pour la simple raison que Maurifoot n’est pas lié à la FFRIM. D’ailleurs, beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, comme par exemple que nous étions financés par la FFRIM, et que c’est elle qui nous avait ordonné de mettre fin à nos activités. L’imagination de mes concitoyens est débordante d’ingéniosité quand il s’agit de faire courir des bruits de couloir. Surtout, si c’est pour faire du mal. 
 
Mais je tiens à dire que Maurifoot n’a jamais été financé, de près ou de loin, par qui que ce soit. Je suis loin d’être un ingrat, et je l’aurais clamé haut et fort si j’avais reçu un quelconque soutien financier. Pas mal de gens se demandent qui nous finance. Je leur réponds, personne. C’est peut-être difficile à croire, mais même les publicités sur notre site sont gratuites, du moins, pour l’instant. Nous dépensons de nos propres poches, depuis le début. Car nous n’attendons absolument rien de personne, et c’est ce qui fait notre crédibilité. 
 
Concernant nos relations avec la FFRIM, elles ont toujours été difficiles, mais purement professionnelles. Elle nous a longtemps considéré comme des opposants, jusqu’au jour où nous avons réussi à arracher des remerciements pour contribution au succès de notre football, de la bouche du président Ahmed Yahya. Ce qui relève quand même du miracle. Et je suis certains que malgré toutes les tensions qui subsistent, ils reconnaissent implicitement que nous sommes des bosseurs. Sur ce plan là, je pense que nous n’avons plus rien à prouver, en mettant sur pied un site entièrement dédié au football mauritanien, et parti d’une initiative personnelle.
 
Quel commentaire faites-vous sur le fait que Patrice neveu reste à la tête des Mourabitounes, après avoir été tenté par la sélection congolaise?
 
J’éprouve beaucoup de joie tout simplement. Je me doute bien que tout le peuple en est ravi, et ce n’est que normal. Les travailleurs se distinguent facilement, et le public le sait, il n’est pas dupe. Mr Neveu était dans les derniers mois du contrat qui le liait à la Mauritanie, et n’était pas certain de rester. Comme tout entraîneur professionnel, il se devait de penser à sa carrière et donc, se trouver un point de chute. Grâce à ses résultats avec les Mourabitounes, il était convoité par bon nombre de nations, dont le Congo-Brazzaville.
 
Fort heureusement pour nous, les pourparlers avec les Congolais n’ont pas abouti, la FFRIM et l’État Mauritanien ont bondi sur l’aubaine pour le prolonger. Nous ne pouvons que nous en féliciter. À présent, il va lui falloir prouver que la Mauritanie ne s’est pas trompée en lui faisant de nouveau confiance, ce dont je ne doute pas une seule seconde. Le CHAN en Afrique du Sud se profile à l’horizon, et les Mourabitounes enchaîneront avec les qualifications pour la prochaine CAN. Je souhaite le meilleur à nos vaillants représentants. Il y a encore des bonnes choses à faire vivre au peuple.
 
Un mot particulier?
 
Tout simplement remercier Noorinfo, qui je le rappelle, est notre tout premier partenaire, sans oublier les autres aussi. Je demande juste au public d’être compréhensif à notre égard, et de continuer à nous soutenir comme il l’a fait jusque là, car ce n'est vraiment pas facile. Je remercie aussi toute mon équipe, qui bosse dur en amont, pour vous faire vivre toute l’actualité du football Mauritanien. Jemal Sevir, Ali Zaidan et notre Webmaster Kébir Ba, qui fait un travail formidable. Enfin, je souhaite le meilleur à notre très chère patrie, la Mauritanie.

Propos recueillis par MLK
Mamoudou Kane


              

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