Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Bouamatou, toute la presse l’a défendu, so what ?


A.O.S.A
Dimanche 27 Janvier 2013 - 10:20


Bouamatou, toute la presse l’a défendu, so what ?
Comme d’habitude, après les indignations, les cris et les han ! de porteurs d’eau, vint le temps du bilan médiatique : le temps du silence. Le directeur des impôts a-t-il été désavoué comme un autre avant lui qui a voulu s’attaquer aux gros bonnets ? Pas du tout ! Il est encore là et bien là pendant qu’en face ses détracteurs restent bien las de ne voir rien arriver après tant de cris et d’encre versée.
 
Ce silence qui suit toujours les accès de fièvre de la presse, dont chacun de nous a sa part, rappelle combien la situation des faiseurs d’opinion est devenue pathétique. Jamais chacun n’a pu autant dire haut et fort ce qu’il pense et même ce qu’il ne pense pas, jamais toutes les plumes ne se sont aussi liguées pour défendre un homme depuis Sidioca ; pour Bouamatou, la presse fut unanime, so what ?
 
Bientôt on aura droit encore à quelques tartines comme les derniers soubresauts avant le silence absolu, entre-temps, BSA devra payer c’est tout ou en payer le prix. Ce coup du pouvoir a eu d’excellents échos chez le peuple qui pense que le pouvoir est juste car personne n’échappe à sa rigueur alors que souvent il ne s’agit que d’un kleenex après l’autre jeté à l’opinion publique en bouc émissaire après s’en être généralement servi car même si les barons ont toujours eu des arrangements avec les impôts reste que nul ne peut estimer que la façon dont Bouamatou fut traité n’est pas parfaitement ingrate dans le pure tradition du poignard dans le dos qui permit à notre héros national de gravir ainsi une à une les marches sanglantes vers le trône impérial de la traîtrise pour devenir l’homme fort du pays.
 
Si on devait enseigner aux enfants ou dans l’armée, les valeurs qui ont permis à l’ingrat national de devenir le roi qui aura pour surnom dans les manuels d’histoire «  Aziz leum h’ali », alors il n’y aurait plus d’enfants ni d’armée mais on a toujours le maître qu’on mérite. A ce titre Aziz est la face visible de la face cachée en chacun de nous, en chacun de nos politiques, en chacun de nos journalistes, partout dans l’élite active à de rares et impuissantes exceptions près ; Aziz est l’incarnation du refoulé. En Aziz résonne toute la mécanique inconsciente d’une société féodale, patriarcale, dont les alliances comme autant de fidélités ressemblent à nos dunes qui changent de direction avec le vent ; à telle enseigne que Coppolani dira à propos de la pénétration «  pas besoin d’armes, de l’argent suffit ». De là que la politique du général civilisé donne de tels incroyables résultats en termes de paix sociale et d’absence d’opposition consistante.
 
De même, que deviendra Merzoug qui n’a plus que la presse pour sauver son poste dont le mandat a expiré depuis 2 ans ? Merzoug n’est pas Bouamatou, les enjeux ne sont pas les mêmes mais il s’agit toujours de deux hommes qui lâchent la presse dans le but d’agiter quelque chose or rien ne se passe. Des mots, des cris puis le silence honteux de l’impuissance assourdissante.
 
Plus que jamais face à ce pouvoir, il n’y a aucun contre-pouvoir. Rien ! Quand la liberté d’expression finit par dévoiler l’impuissance de l’action, la liberté d’expression devient une arme du pouvoir. L’avenir nous dira si Aziz en montrant la vacuité du discours politique de ses adversaires et en dépossédant les faiseurs d’opinion de toute force de frappe pouvant atteindre ses décisions, l’avenir nous dira si ce fut un choix judicieux car ce qui a été désormais prouvé c’est que personne, pas un parti d’opposition ni une coordination d’opposition , ni une ong pour l’émancipation des h'ratines, rien de rien n’a pu déplacer de façon significative les foules pendant que le pouvoir peut organiser des sorties monstres alors même que la totale liberté d’expression est offerte aux adversaires du pouvoir.
 
C’est peut-être l’heure du bilan même si certains continuent à vouloir faire semblant que la démocratie est en marche alors qu’il ne s’agit que d’un recul vu que toutes les  articulations de la démocratie, institutions, presse, opinion publique, ont été réduites à du zrigue jusqu’à prouver que dans ce pays n’avance finalement que la force du complot par excellence silencieux pendant que tout ce qui est dit haut et fort s’affaiblit vu que les mots n’ont aucun rapport avec l’action car de la même manière que dans la cellule familiale les femmes et les enfants n’ont pas voix au chapitre autrement que par le bruit jusqu’à ce que le père fasse respecter sa loi, de la même manière en politique dans le régime militaire civilisé, le peuple et les politiques n’ont que le droit aux «  paroles de femmes ». De là à chaque événement national, tant de cris et de tartines avec aucun effet car en face le pouvoir continue à ne parler qu’avec les gens qui comptent à savoir la presse étrangère.

lire la suite...
chezvlane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires