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Noorinfo

Bloc-Notes de Hamma


Tribunes
Mardi 12 Juillet 2016 - 15:35


Quel que soit le regard qu'on pose sur le Mali aujourd’hui, il vous renvoie l'image d'un pays malade, fortement atteint:
- Frustré de son glorieux passé,
- Frustré de son immense territoire incontrôlé,
- Malade de son économie en friches,
- Malade de ses Institutions en ruines,
- Malade de son corps social déboussole'.

Alors même qu'une propagande longtemps entretenue avait voulu couvrir cette triste réalité, le pays s'est effondré brutalement. Face a' ce dramatique constat, on se demande encore, comment en est-on arrivé là ? Et que faut-il faire pour sortir de l'impasse?
La réponse au questionnement se trouve dans l'histoire du Mali, dans la période coloniale et ses traumatismes, dans la naissance du nouvel État et ses vagissements douloureux.

 

Il suffit de passer en revue tout cela pour comprendre que la crise actuelle était déjà inscrite dans l'ADN du Mali.
 

Les maliens doivent se convaincre que le pays est bel et bien tombé dans les pièges de la décolonisation :
-l'indépendance demeure un grand quiproquo pour nos populations;
-les Institutions actuelles, héritage de l'ancienne puissance coloniale, demeurent une camisole de force;
-l'usage de la langue française a marginalisé la quasi majorité  des maliens et plombé l'essor du pays;
-le Mali doit s'inspirer des empires et royaumes qui l'ont précédé ;
-des réformes ,aussi radicales qu'intelligentes, sont indispensables pour remettre le pays tout entier sur la bonne voie, celle de l'harmonie, de la croissance et du développement.

 

Dans les années soixante -dix, jeune préfet en poste à la frontière Mali/Côte d'Ivoire, j'avais demandé à un vénérable homme, quel regard porte-t-il sur notre pays, lui qui a vécu la période coloniale.
La réponse est tombée comme une sentence sans appel : ‘’ Des toubabs blancs sont partis, des toubabs noirs les ont remplacés ".
Cette phrase aussi laconique, résume à elle seule toutes les ambiguïtés de notre pays.


Ceux qui ont vécu les années cinquante/soixante se souviennent de l'immense ferveur en faveur de l'indépendance du Mali. L'enthousiasme était si grande, qu'à telle enseigne que les populations avaient spontanément financé la Radio Mali, la Maison du Peuple, l'Emprunt National, et exécuté partout des travaux d'intérêt général, les "Investissements  humains. 


Les maliens étaient disposés à bien plus de sacrifices. Malheureusement, très vite, il est apparu que les dirigeants n'ont pu ou voulu aller au bout de la logique d'indépendance, et l'enthousiasme est retombé. Si bien que les coups d'état survenus entre 1968 et 2012, n'ont rencontré aucune résistance en vue de la défense des Institutions en place, preuve du divorce entre le peuple et la classe politique. Au contraire, des manifestations de soutien aux nouveaux maîtres du pays ont fuse' de partout. C'était pourtant, à la fois une sanction et des appels répétés au changement. Le peuple malien attend toujours un retour à ses racines. Mais les dirigeants restent toujours sourds. 



Hamma Ag Mahmoud

Hamma Ag Mahmoud, ancien haut fonctionnaire de l’administration de son pays et  ancien ministre, vit en exil en Mauritanie depuis 2012. Comme tous les anciens, il a beaucoup de choses à dire… de son pays et de toute la région. Dans son bloc-notes qu’il animera tous les mardis sur notre site, il partagera avec vous sa riche expérience.

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